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Les savants
Joseph Manu ; Turle Bernard
POINTS
7,90 €
Épuisé
EAN :9782757831007
Cheveux noirs épais ramenés sur le côté, Ayyan Mani se faisait une raie à la va-comme-je-te-pousse, en dents de scie telles les frontières tracées jadis par les Britanniques entre deux voisins hostiles. Il avait le regard acéré de l'homme à qui on n'en conte pas. Sa moustache drue abritait un perpétuel sourire. Sombre de peau, propre sur lui, il n'en avait pas moins l'air pauvre.Il observait les promeneurs du crépuscule. Des centaines sur la longue promenade face à la mer d'Oman. Des jeunes femmes solitaires bien chaussées marchaient à vive allure comme si elles fuyaient un sort funeste qui les aurait fait ressembler à leurs mères. Leurs fières poitrines rebondissaient, la chair de leurs cuisses tremblotait à chacun de leurs pas. Déformé par des grimaces de sportives, le visage de ces femmes des hautes castes, à la peau claire et à l'expression blasée, luisait de sueur. Ayyan les imagina succombant toutes à ses charmes. Manifestement, certaines n'avaient jamais fait de sport de leur vie. Elles venaient là parce que leur famille les avait depuis peu fiancées à un prétendant acceptable. Elles marchaient à grandes enjambées comme si elles avaient voulu mesurer le rivage, parce qu'elles devaient vite brûler des calories avant la nuit de noces, qui les verrait normalement abandonner leur vertu à un inconnu sur les pollens d'une couche nuptiale jonchée de fleurs. De vieux messieurs tranquilles et myopes marchaient en compagnie d'autres vieux messieurs, discutant de l'état de la nation. Ils avaient en main toutes les solutions. Raison pour laquelle leurs épouses, plus de cinq cents mètres devant, formant leur propre petit groupe, parlaient d'arthrite ou d'autres épouses absentes ce soir-là. Des couples d'amoureux furtifs commençaient à arriver. Ils s'asseyaient sur le parapet face à la mer, mains baladeuses ou yeux emplis de larmes suivant l'étape à laquelle se trouvait leur relation. Leurs jeans neufs avaient une taille basse au point de laisser dépasser deux virgules de leurs rachitiques fesses indiennes.Ayyan scrutait tout cela sans complexe, incapable de feindre une indifférence policée. Souvent, il disait à Oja: «Si on dévisage assez longtemps ces bourgeois qui se prennent tellement au sérieux, au bout d'un moment ils finissent tous par avoir l'air comique.» C'est pourquoi il aimait les observer longuement. Il fut dépassé par une fille à la queue de cheval tressautante, un iPod accroché aux oreilles. Il distingua son dos juvénile à travers son tee-shirt mouillé. Pressant le pas, il la rattrapa et la dépassa. Il tenta de distinguer son visage, espérant qu'elle n'était pas jolie. Les belles femmes le déprimaient. Au même titre que les Mercedes, les BlackBerry et les grands appartements avec vue sur mer.
Heroes are heroes are heroes est le premier livre de Manuel Joseph. Il essaie de faire entrer dans le texte et dans la poésie ce qui leur est en principe le plus étranger : l'image, le son, leurs dérèglements, le bruit, la fureur et la violence contemporaines : l'holocauste et la guerre du Golfe, toutes les guerres et tous les massacres, la publicité, le mensonge politique, l'oppression sous toutes ses formes : soft et hard. Ce livre étonnant, qui porte en lui, très certainement, les ferments de l'un des renouvellements possibles de la littérature, procède par montages, collages et court-circuits.
L'auteur, Manuel Joseph, a quarante-quatre ans. Depuis 2003, il s'est intéressé, avec Hocine Titouni, aux guerres menées aux Proche et Moyen-Orient. Spécialiste de Ernst Jünger, Manuel Joseph vit et enseigne à Saint-Denis. Je n'ai jamais eu l'intention d'écrire un roman dense et étincelant, une fresque flamboyante. Je me suis contenté de décrire, de rapporter les faits et de faire supporter au lecteur le poids de la réalité du conflit israélo-palestinien. Ce n'est pourtant pas une étude mais une réflexion, une dissection et une interrogation. En temps de guerre, ces dernières sont malmenées, malléables et vaporeuses. Cela nous ramène à notre propre société : qui sommes-nous pour juger, plutôt "où" et d' "où" sommes-nous pour prendre parti ? Dans cet orage s'abritent les insectes et les soldats. Dès que la lumière verte et saumâtre les inondera, ils sortiront des arbres, traversant la plaine, foulant de leurs bottes les sillons laissés par le passage des chars, vers le village de Qibya, et avec, martelant leurs têtes, les images des matelas de la famille Kanias souillés de sang, les chaussures de la fillette Soshana éventrée, placées au bas de son lit, ainsi que le lui a appris sa maîtresse au jardin d'enfants.
Résumé : Amilka aime Pessoa. Il s'agit bien ici d'un récit qui s'évertue à ne pas s'agiter. 1. Idolâtrie de l'hétéronymie : peu de choses à en dire à l'heure où Brandt équivaut à Siemens qui équivaut à Hoechst qui possède Roussel-Uclaf (Fance/RU-486). 2. Banalité de la dépendance : nulle gloire à ti(t)rer de quelque "conduite addictive" que ce soit. Patauge en Weston ou Pataugas dans ton vomi, tu dépends. De ceux qui vendent (cf. supra). 3. Prosopopée de la psychiatrie : psittacisme suffira. Et / ou ataxie. Les psys, des tétraplégiques de la conscience. 4. Farewell, ma lovely : le roman est noir, par essence ; quand le sens est unique. 5. Arrêtons de noyer le poisson. Ce texte a été écrit sous la pulsion de l'ennui provoqué par un sevrage brutal quand (encore) les membres suivent : il est ici (encore) entendu la main droite. 6. Immunité de l'identité. La victime, Sophie, a coupé ses cils et, la coupable, a aéré la poiscaille. L'information ne se dilue pas, elle délite.
Joseph Ratzinger, le futur pape Benoît XVI, livre ici la meilleure introduction à la foi chrétienne, un spectaculaire commentaire du Credo, s'adressant à ceux qui ne croient qu'à moitié, et ne s'interdisant dès lors aucune question. Pouvons-nous encore croire aujourd'hui ? Comment ? Et en quoi ? A la Trinité, à la Vierge Marie, à la résurrection des morts ? Publié pour la première fois en 1968, cet essai tout à la fois magistral et personnel est considéré comme l'une des oeuvres majeures de la théologie du XXe siècle.
L'Égypte ancienne n'est pas seulement la terre des pharaons, des pyramides et de fabuleuses richesses. C'est aussi le pays d'un peuple dont ce livre a le mérite de nous montrer, par le texte et par l'image son existence et ses préoccupations de tous les jours : travaux des champs, lutte contre la pauvreté et la disette, croyance dans un au-delà pareil à l'en-deçà, dont les dieux, semblables aux humains, sont souvent incapables de trancher contre le mal en faveur du bien. Au total, ce livre aux images évocatrices, constitue un panorama de la vie quotidienne dans ce qui fut l'un des plus grands empires du monde antique.
Résumé : Les légendes et récits traditionnels de l'Iran antique racontent les combats entre le Bien et le Mal, les victoires des dieux, tel Mithra, le dieu du soleil, les exploits des héros et des créatures surnaturelles, comme le Simourgh, l'oiseau magique, les méfaits des démons. Une grande partie de ce que nous savons du passé préislamique de l'Iran vient du livre saint de la religion Zoroastre et aux récits évoquant Ahura Mazda, le Seigneur Sage, l'Avesta intègre aussi des mythes païens, le Livre des rois, splendide épopée en vers achevée vers 1010 après J.C. par le poète Firdousi qui chante en particulier le héros Rustam. L'auteur s'appuie sur toutes ses sources pour réécrire à l'intention du lecteur moderne ces légendes captivantes de l'Iran antique, qui ont inspiré pendant des siècles l'art de la miniature sur manuscrit.
Résumé : Les trois essais qui composent ce livre constituent la synthèse des recherches poursuivies par Lorenz dans le domaine de la biologie du comportement, et pour lesquelles le prix Nobel de médecine et physiologie lui a été décerné en 1973. S'appuyant sur des observations précises, Lorenz donne à l'éthologie son premier contenu scientifique positif. Il souligne la continuité des sociétés animales et humaines et montre les prolongements philosophiques de son étude de l'instinct.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Le sentiment que m'inspirait la jeune veuve dont la demeure avoisinait la mienne, était un sentiment de vénération. C'est du moins ce que j'affirmais à mes camarades et ce que je me répétais. Nabin lui-même, mon ami le plus intime, ignorait mon véritable état d'âme. Et j'éprouvais une sorte de fierté à pouvoir conserver à ma passion toute sa pureté en la reléguant dans les recoins les plus profonds de mon coeur. Ma voisine ressemblait à une fleur de Sephali mouillée par la rosée et tombée prématurément. Trop pure et trop resplendissante pour la couche fleurie de l'hymen, elle s'était consacrée au ciel. Mais semblable à un torrent qui descend de la montagne, une passion ne se laisse pas enfermer au lieu de sa naissance; elle cherche à se frayer une issue. C'est pourquoi je m'efforçais de traduire mes émotions en poèmes. Mais ma plume rétive refusait de profaner l'objet de mon adoration."
Au Bengale, l'amour suit des chemins sinueux avant de triompher : quand le sérieux Apurbo tombe amoureux de Mrinmayi, une jeune villageoise vive et espiègle, et décide de l'épouser, sa mère se met alors en tête de transformer Mrinmayi en parfaite femme au foyer. Mais la jeune femme se révèle rétive et seul l'amour d'Apurbo pourra lui redonner sa joie de vivre. Giribala n'est encore qu'une petite fille lorsqu'elle vient demander à Sashi de lui apprendre à lire. Le temps passe, Giribala grandit, mais Sashi, absorbé par ses préoccupations d'adulte, ne comprend pas qu'elle attend de lui d'autres leçons... Deux nouvelles de Rabindranath Tagore, l'un des plus grands poètes indiens, qui font rimer émotion et passion.
Résumé : Les Contes du Vampire, après avoir couru l'Inde de bouche à oreille, se divulguèrent, à partir d'une version sanskrite, sous forme de traductions et d'adaptations, dans la plupart des vernaculaires. L'illustre indianiste Louis Renou, qui traduisit déjà les Hymnes spéculatifs du Véda, a choisi la version de Somadeva, brâhmane cachemirien qui vivait au XIe siècle. Nous sommes dans l'Inde des six ou sept premiers siècles de notre ère, période qui eut son apogée avec la dynastie des Guptas ; la religion est constamment à l'arrière-plan : il s'agit d'une forme de tantrisme, qui repose sur un yoga réduit à des formes magiques élémentaires. L'histoire est celle d'un roi qui accroîtra sa dignité quand il aura surmonté les épreuves que lui impose le vampire, et qu'il aura enfin mis à mort l'ennemi qui se jouait de lui, en l'espèce un moine mendiant. Mais qu'on ne s'attende pas à des récits trop édifiants : l'Inde n'est pas toujours conforme a l'image erronée que nous en voulons prendre. Imprégnée de la " spiritualité " indienne, cette prose narrative est pourtant réaliste, voire cynique, et nous propose de vifs tableaux de m?urs. Chacune des situations invite le vampire à poser au roi une sorte d'énigme, et ce n'est pas l'un des moindres charmes de ces récits que d'inviter le lecteur français à y répondre pour soi-même, avant de savoir quelle sera la solution proposée par le roi indien.
On aurait dit que leurs mères avaient soigné toutes ces jeunes filles comme des fleurs en pot jusqu'au moment où leurs joues seraient assez pleines, leurs lèvres assez brillantes; petits rires et chuchotements aboutissaient à cette grande décision: le mariage."Mais il s'agit presque toujours d'une union arrangée où l'amour ne joue aucun rôle. Possessive, autoritaire, étouffante, la famille indienne se révèle être ici un univers de violence, de cruauté et d'angoisse. Ravissante et intelligente, Anamika doit accepter le mari qu'on lui impose et qui sera son bourreau. Uma, laide, sotte et donc impossible à marier, est condamnée à devenir la vieille fille au service de tous. Quant à Arun, le fils, le préféré, celui à qui tout est dû, il se heurtera, aux ÉtatsUnis où il croyait pouvoir respirer un air de liberté, à d'autres contraintes...Dur, lourd de sensualité inexprimée, Le jeûne et le festin est peut-être le plus beau livre d'Anita Desai.