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In vivo
Joncour Serge
FLAMMARION
18,30 €
Épuisé
EAN :9782080682314
L?amour en vrai c?est de laisser l?autre courir le monde?«Ben dans ces conditions ils nous aiment tous... »? Repose ce chien je te dis, ça se fait pas de voler un chien?? Mais je le vole pas je l?emmène.Évidemment c?était cruel de casser net son enthousiasme, de contrer l?obstination avec laquelle il ceinturait la petite bête. Le pire c?est qu?il ne réalisait même pas le tort qu?il leur ferait en leur empruntant l?animal, ne serait-ce que pour quelques jours. Il aura vraiment fallu le convaincre, le chien aussi d?ailleurs, plutôt ravi à l?idée de changer d?air. C?est cette manie qu?a le frangin de s?attacher à tout, une sorte de tempérament qu?ont souvent les animaux eux-mêmes, prêts à suivre n?importe qui, même les plus nouveaux.Ses maîtres, on va les appeler les petits vieux, ils avaient l?air de bien nous aimer les petits vieux, enchantés de nous rencontrer, mais peut-être pas au point de nous céder leur chiot. Après tout ils ne nous connaissaient pas, jusque-là ils n?avaient même jamais entendu parler de nous. C?était juste à cause du nom de famille qu?on s?était retrouvés chez eux, qu?on avait fait tout ce trajet pour les voir. À chaque fois que le père nous trouvait un homonyme dans l?annuaire, il voulait qu?on se déplace pour voir, tenter l?insolite en remontant les coïncidences, quitte à être déçu. L?avantage c?est que ça nous faisait un week-end, un week-end d?un jour au moins, un dimanche dont on pouvait dire qu?il s?était passé en famille.Le moindre trajet nous glace. À cause du tabac on roule les vitres ouvertes. Même les plus beaux littoraux nous renverraient ça, on y baigne dans cette saveur-là, on y vit depuis toujours. Au retour, le père se retient au maximum de fumer, mais dès qu?on ferme l??il l?odeur diffuse en douce, de là l?idée de tousser. Pourtant il faut y aller mollo avec le monoparental, ne jamais tenter la crise, sans quoi il n?y aurait pas le moindre camp adverse où se réfugier, pas de parent de repli. L?astuce c?est de ne jamais dépasser la dose limite, au mieux s?en tenir à cette forme d?indifférence qui fait qu?on regarde chacun à sa vitre, qu?on dose ce qu?il faut de respect pour être tranquille. Quand vraiment l?envie se fait trop forte, il s?arrête en prétextant un coup de fatigue, et va dehors s?en griller une. Il se pose juste là, jamais plus loin que le bout du capot, et pourtant il enlève chaque fois la clef.Au retour de ces faux dimanches il est encore plus amer que jamais, défoncé de chagrin. Il est tellement convaincu que nos ancêtres viennent de ce coin-là, qu?il doit nous en rester dans les parages, il ressent comme un devoir d?aller y traîner de temps en temps. Mais des aïeux, on avait beau s?en chercher le long des plages, y passer tout le dimanche, on avait beau demander à droite à gauche comme on demanderait son chemin, jusque-là on avait toujours rien trouvé. Son rêve à Dieu-le-père ç?aurait été de nous lever un aïeul au fond d?un bled, avec la maison en toit de chaume et la mer à bout de bras, des transats et des boissons fraîches. En regardant bien dans les cimetières, c?est vrai qu?on se trouvait toujours un ou deux morts homonymes, des gens dont les dates auraient pu coller, mais qu?étaient plus là. Flanche pas va, nous aussi on frôlera la mer avec l?idée d?une genèse, nous aussi on se trouvera des ancêtres pour passer les week-ends, des gens tout ce qu?il y a d?aimable et accueillant, des retraités dociles avec le parasol blanc, mais tant qu?à faire au bord de la mer.Quand on sortait de ces séances, il faisait peine à voir le monoparental, dans la foulée il nous démoralisait à cause de la soupe en sachet et du plateau de fromage, des résidus de dimanche soir, une vision de ses manquements qui le démoralisait. Après tout c?était valable de le voir comme ça, le coup de l?ancêtre manqué, ajouté au pathétique du plateau de fromage, ça faisait mouche à chaque fois, au point qu?il en devenait prenable, globalement diminué. Il devait sûrement se sentir coupable, pour prendre l?ascendant il aurait suffi d?appuyer. Mais ce père-là on le garde, pour l?instant on le garde, on ne voit pas trop comment faire autrement. De toute façon, de l?imaginer porter un geste de tendresse sur la nuque d?une femme, de sentir entre eux de la réciprocité, ça nous flanquerait le cafard, ça donnerait le sentiment du fini, de l?humain teinté d?émotion douce, ça s?enrhumerait de partout? Pour le reste, pas la peine de viser une représentation parfaite, pas la peine d?essayer de ressembler à nos idoles. D?autant que des idoles on en a pas. Un ou deux sportifs à la rigueur. Mais du sport on en fait pas.# 1Dans un décor peu propice à l?universel, un homme est seul face à sa piscine, à parfaire son projet. L?intention serait d?en arriver à ce bleu-là, ce bleu qui vu d?avion fait les piscines turquoise, le bleu glacé des magazines, translucide et pensé, une masse de cristal compact, offrant tous les scintillements du diamant dès lors qu?on se décale un peu. De son point de vue, une pure villa ça part de ça, des façades blanches conjuguées à l?élément liquide, un franc gazon qui ruisselle depuis le perron jusqu?aux massifs en bas, un soleil décisif pour transcender le motif, un dispositif lumineux pour pallier l?inconvénient de la nuit. En la circonstance, à cause d?une négligence partiellement préméditée, il n?y a là qu?un précipité opaque, sans plus la moindre fluidité, un jus serré où toute une génération de processus s?organise, le contre-exemple parfait à la teinte bleue californienne.La piscine idéale et pure, jusque-là il l?a chaque fois atteinte, il aura même vécu tous ses étés dans la lumière de cette vérité, autant d?automnes à les regretter, mais pour la première fois le mirage ne prend pas, dans cette harmonie qu?il conçoit de son cadre, une des teintes ne vient pas.À la sortie de l?hiver, faute d?avoir surchloré à coups de pastilles dosées, l?eau aura vécu de longs mois à refléter les nuages, se souillant mine de rien d?influences, un miroir qui piégeait quantité de parasites, où toute une faune puisait. Il vient de là son problème, de cette disposition de l?unicellulaire à dégénérer sous forme de vies, toutes sortes de processus qui disséminent anarchiquement, posant du monde les insondables briques. Des algues aux bactéries, des moisissures aux animalcules, une vie avide et déstructurée s?est mise à proliférer là sans principe, abjecte et dégradante, une myriade de corpuscules ondulants et graciles qui font l?eau opaque et dupliquent à l?infini leurs générations d?inconséquences. Cette prolifération ébauche sa soupe prébiotique sous forme de faune et de flore, un précipité dont les plus vaines tentatives stagnent entre deux eaux, alors que d?autres parties de la paroi, trouvent le moyen de s?enraciner, de prendre prise, comme si elles s?en prenaient à lui; parfaitement révoltantes. Au total, un amas dans les tons verts, un vert opaque, un jus d?entités qui semblent s?être jurées de tout recouvrir, de tout habiter, des saloperies pompant l?eau de ses bains d?hier, suçant de millilitres en millilitres la sphère même de leur mitochondrie. Peut-être même une touche d?urine dans le bleu piscine, une suggestion d?ammoniaque, résidu d?un animal de passage, un sanglier ou un chien fauve, favorise-t-elle l?éclosion d?une algue à part, rouge cette fois, qui donne à la composition sa touche intemporelle.[...]
Serge Joncour est l'auteur de huit livres, parmi lesquels UV (Prix France Télévision 2003), L'Idole (2005), Combien de fois je t'aime (2008) et L'Homme qui ne savait pas dire non (2009). Ses romans sont traduits en quinze langues.
Le drame, tout de même, pour la maison Combi, serait bien que sous couvert d'authenticité cette bonne vieille plume aille jusqu'à tout consigner, qu'il restitue tout dans l'aspect du réel." Poissonniers de père en fils, les Combi portent en eux l'histoire de leurs origines et l'amour du grand large. Un jour, l'un des fils a une idée de génie: réaliser une brochure, pour se faire connaître à plus grande échelle et pouvoir vendre plus, toujours plus. Il faudra la rencontre improbable avec un prix Nobel de littérature et tout son talent pour transposer l'entreprise commerciale en un plus vaste projet. Mais attention! Tout cela pourrait bien finir en queue de poisson!
Une villa, sur une île, au plus fort de l'été. Un jour, un inconnu surgit, il se prénomme Boris. Il vient rendre visite à Philip, son vieil ami de lycée. Seulement Philip n'est pas là. Il n'arrivera que demain, après-demain au pire, on ne sait pas. Courtois, homme avisé et sûr de lui, Boris s'installe. Rapidement. Très rapidement. Il se fond même tellement au décor qu'il s'avère vite le convive parfait, l'élément distrayant. Ravis, charmés, et même manipulés à leur insu, tous se laissent happer par son terrible pouvoir de séduction. Seul André-Pierre a décidé de se méfier. Il n'aime pas ce genre de type, balnéaire et bronzé. Et puis, pourquoi Philip n'arrive-t-il pas ? Pour lui tout alimente l'inquiétude, jusqu'à cette canicule qui entête, qui échauffe les corps avant les esprits. Jamais il n'a fait aussi chaud, jamais la mer n'est apparue aussi désirable et haute, juste là, en bas des marches, par où Philip arrivera. Patiemment, Joncour assemble ses pièces, maîtrise le volume des cris et les sautes de calmes. Highsmith rôde non loin. Chabrol rit dans le jardin d'en face.
Se réveiller un matin, descendre dans la rue et réaliser que tout le monde vous reconnaît. C'est l'expérience étrange que vit Georges Frangin. Chômeur docile, inconnu au bataillon, il découvre qu'il est une star, sans raison. Il essaie de comprendre, interroge les passants, passe pour un snob qui nie sa célébrité. Va-t-il devenir fou ? Lorsqu'on l'annonce dans une émission de télévision il appelle la chaîne. Ne vous inquiétez pas, lui dit-on, tout va bien se passer. On présente un livre de lui ? Inutile de s'en faire, on veillera plus tard à l'écrire, si nécessaire. La gloire augmente et la pression avec. Malentendus et quiproquos se succèdent, démontage hilarant et subtil d'un système qui a besoin de stars au point d'en fabriquer arbitrairement. Aujourd'hui Frangin est une vedette, demain ce sera peut-être vous. La célébrité se répand désormais comme par contagion. Entre Woody Allen et Kafka, ce roman est aussi un hommage à La Métamorphose. La notoriété transformerait-elle les humains en cafards grotesques ?
L'ABCdaire de Matisse nous transporte dans l'univers d'un des peintres majeurs du XXe siècle. Il nous plonge dans l?oeuvre d'un artiste, pour qui la peinture est avant tout un plaisir visuel et mental. A travers trois grandes thématiques, on découvre sa famille (Émile, Amélie, Anna Matisse) et ses amis (Pierre Bonnard, Picasso, Moreau) on explore le contexte socio-culturel qui permit son épanouissement (fauvisme, impressionnisme, les salons, ses voyages); enfin, on ouvre les portes du langage plastique et des grandes thématiques qui parcourent son oeuvre Enfin, on nous apprend à regarder la beauté des couleurs de ses oeuvres, la pureté du trait et l'élégance de la ligne à travers les techniques et les thèmes récurrents du peintre (la musique, l'atelier rouge, la danse). Inventeur d?un langage pictural, Matisse se sert des couleurs pour traduire, non la matière des choses, mais l'émotion qu'elles suscitent C'est pourquoi ses oeuvres nous parlent et restent toujours aussi vivantes.
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
Résumé : Après avoir donné naissance à une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez Borélia. La compagnie d'assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetée par un groupe qui promet de la moderniser. Cora aurait aimé devenir photographe. Faute d'avoir percé, elle occupe désormais un poste en marketing qui lui semble un bon compromis pour construire une famille et se projeter dans l'avenir. C'est sans compter qu'en 2010, la crise dont les médias s'inquiètent depuis deux ans rattrape brutalement l'entreprise. Quand les couloirs se mettent à bruire des mots de restructuration et d'optimisation, tout pour elle commence à se détraquer, dans son travail comme dans le couple qu'elle forme avec Pierre. Prise dans la pénombre du métro, pressant le pas dans les gares, dérivant avec les nuages qui filent devant les fenêtres de son bureau à La Défense, Cora se demande quel répit le quotidien lui laisse pour ne pas perdre le contact avec ses rêves. A travers le portrait d'une femme prête à multiplier les risques pour se sentir vivante, Vincent Message scrute les métamorphoses du capitalisme contemporain, dans un roman tour à tour réaliste et poétique, qui affirme aussi toute la force de notre désir de liberté.
Biographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.