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Madame Cléo
Joiret Michel
MEO
17,00 €
Épuisé
EAN :9782930333410
Ce 21 juillet 2002, la musique militaire ébranle ma sérénité.Un journaliste atone commente le défilé. Place Royale. Les chars n'en finissent plus de zézayer. Assis dans notre cour fleurie, sur les coquilles blanches des chaises de jardin, nous contemplons les impatiens et le jeune camélia. A ma droite, la glycine aux doigts noueux fait craquer ses phalanges gorgées de sève. Tu es la première à sortir de la torpeur:- Je crois qu'on doit réfléchir.- À quoi?- A nous.- A nous?- Oui, à nous.À ma gauche, les tulipes pointent leurs chiffonnades jaunes. A l'angle des briques épluchées par le nord, un lilas ploie sous un vent du sud-est, léger, enveloppant. Sur les murs crème, les clématites se montent le col le long d'un arceau en bois. Je viens d'arroser l'hortensia et, dans la véranda aux épaules vertes, il flotte comme un air de vacances.Exaspérée:- Tu n'as pas l'air de comprendre.- Je... Enfin, qu'est-ce que tu veux me dire?Mots détachés, secs, tirés à bout portant comme des balles: Touché! Pas de quartier!- A propos des vacances...- Oui.- Il vaudrait mieux qu'on parte chacun de son côté.- Pourquoi?Plus qu'exaspérée:- Mais je viens de te le dire!- Pour réfléchir?- Oui, c'est ça.Alors, cette longue phrase profilée qui me troue le coeur, cet arrêt inopportun, en pleine campagne, juste à la belle saison, l'image arrêtée de tout, du tout, le type qui lève son verre à la santé de..., la mère qui allaite le bébé sur un banc du square, tout, les fleurs si belles, ouvertes au doigt du vent et qui ne faneront jamais. C'est triste un bouquet qui ne fane jamais! C'est idiot. Je pense à Pompéi, le ciel figé cuit dans le bouillon de ses anges déchus, en pleine fornication au quotidien... Toujours mon besoin d'images, fussent-elles intransmissibles.Incompréhensibles.Je me répète les paroles:- Pour réfléchir?- Oui, c'est ça.En un instant, notre coquette maison de ville se trouve réduite à un bureau d'état-major. Réunion de crise. Urgence.
Se laisser porter par le murmure d'un fleuve, En faire son ami jusqu'à lui donner presque vie, Voir plus loin que la simple évidence, Découvrir sans chercher, Les histoires, petites ou grandes, qui naissent ou finissent autour de lui, Partir en voyage imaginaire, Découvrir d'autres régions, d'autres histoires, En faire quelques clichés, Rire ou s'attrister, Vibrer d'amour ou de chagrin, Puis revenir à lui. " Halage et détours, parfois lointains " n'est que cela et est tout cela.
Deux mille ans d'écart entre le destin de Luna et celui de Maman Lune, entre le voyage de Lucius et celui de Luc Rodin, professeur de latin à l'Athenée des Coteaux... Est-ce le temps qui bégaie ou la seule magie des poudres blanches ? Fou d'antiquité romaine, l'enseignant est aussi à la recherche de son identité. Au coeur de son rêve, il débarque à Pompéi, la cité des dieux où s'élève la somptueuse villa de l'oncle Flavius. Le bonheur serait-il là, sur une terrasse où l'on savoure galettes au miel et vins de Campanie servis par une esclave à la démarche de reine ?
Un circuit sur la moquette : rails, motrice, quatre wagons, la gare, le sifflet? Une enfance comme un voyage perpétuellement fantasmé. Jusqu'à ce que la famille se dédouble, deux chambres en alternance, plus de place pour le circuit et presque plus d'enfance? La retraite venue, Valentin Duvalois restaure son rêve : un appartement proche de la gare du Midi, les songeries sur un quai d'où il ne partira jamais, le précieux album des coupons mauves d'autrefois? Les départs et les arrivées des autres accélèrent le passage des jours. Roulements des boggies, sourire de la jeune Africaine qui officie au snack, trilles du canari Aristote un présent de son ami Karim, l'épicier de la rue. Puis cette grève des cheminots, pétards le jour, silence la nuit? Et ce wagon éclairé sur une voie latérale. Immobile, improbable. Après "Madame Cléo" (Prix du Parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles et Prix Hubert Krains) et "Le carré d'Or" (actuellement sélectionné pour le Prix Mons'Livre), "Chemin de Fer" est le troisième roman de Michel Joiret publié par les éditions M E O.
Jacinthe. Joli prénom que je déteste car j'ai des yeux brun fleur fanée. Par contre, j'adore ma tignasse. C'est elle qui m'entraîne dans des dessins de plus en plus fous. Alors j'oublie ma mère qui m'est presque étrangère, que j'appelle meman. Ou mèman. Et ce père, merveilleux à 75%. J'oublie aussi ce nuage infernal au-dessus de ma tête : le secret que me cachent mes parents." Nous plongeons dans sa vie, de ses huit ans à ses vingt-cinq ans. Avec son tempérament de feu, ses défis, crises, délires, révoltes, prises de risques. Mais aussi son humour ! On l'accompagne dans sa quête de la vérité. Et la construction de sa vie d'artiste.
Hanté par le fantôme de Mal Waldron, pianiste de jazz américain mort à Bruxelles en 2002, ce roman prend pour point de départ un fait marquant dans la vie du musicien : un grave accident cérébral occasionné par une surdose d'héroïne. Il se réveillera de son coma avec une mémoire totalement blanche. Même son nom lui échappe, sans compter son jeu pianistique dont il a tout oublié. L'auteur de ce livre ne voulait en rien écrire une biographie du jazzman. Le musicien s'est imposé comme un personnage de roman, rien d'autre. Comme dans ses livres précédents, Carino Bucciarelli, ici au départ d'un accident de vie, se livre aux errances, digressions et jeux de miroirs qui caractérisent ses écrits. Ses thèmes récurrents - le double, la dépersonnalisation - imprègnent totalement cette histoire, qui nourrit en outre une réflexion sur l'écriture et le rôle volontaire ou non de l'écrivain dans son propre texte.