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L'Analphabète. Récit
Johansen Hanna
GALLIMARD
9,90 €
Épuisé
EAN :9782070701964
Si la petite fille ignore encore l'alphabet, elle a pourtant appris déjà à s'abstenir de poser aux grands les questions qui lui brûlent la langue : de toute manière, la plupart du temps, les grands ne "savent" pas. Ils ne savent pas, par exemple, pourquoi il y a la guerre ni quand elle s'achèvera, ni pourquoi il faut aller au bunker en pleine nuit, sur le porte-bagages du vélo de maman, ni si on se souvient de quelque chose quand on est mort. Mieux vaut interroger les nuages dans le ciel, les gouttes de pluie sur la vitre, les pierres dans la cour, la grenouille sculptée sur la margelle du puits comblé de terre. La petite fille ne s'en prive pas, et si les grands se bornent à hocher la tête ou à serrer les poings, les nuages, eux, ont des choses à dire, et les cailloux aussi, les champs, les bosquets, la route militaire, et le petit tramway qui s'arrête devant la porte et déverse sur le trottoir ceux qui viennent enterrer leurs morts au cimetière d'en face... Pour eux - pour les morts et pour ceux qui vont mourir -, le jardinier polonais, inlassablement, lie les gerbes et tresse les couronnes, tandis que tante Marthe vend aux survivants plantes et fleurs en pots. Il y a maman qui ne dit rien. Il y a tante Marthe qui attend le retour de son aîné dont on est sans nouvelles. Il y a Robert-qui-vole, le plus jeune, qui va partir à son tour à la guerre. Tout le monde pense qu'il vaudrait mieux qu'il n'y aille pas et qu'il va pourtant bien falloir qu'il y aille. Mais pourquoi ? La réponse est dans le vent, dans les visages somnolents ou terrorisés au fond du bunker, dans les hochements de tête du jardinier polonais qui pique avec application les fleurs fraîches dans les couronnes. Elle est dans les silences de maman, dans le rire éclatant de Robert-qui-vole, dans le tricot toujours recommencé de tante Marthe et dans le travail des taupes dont le remue-ménage nocturne préfigure le cataclysme proche.
Résumé : L'horloge s'est arrêtée. Du train où elle est installée, la voyageuse l'aperçoit dressée en plein champ. Où va le train ? La voyageuse ne le sait pas, pas plus qu'elle ne connaît le terme du voyage. Personne ne peut la renseigner. Le train avance-t-il, recule-t-il, ou tourne-t-il en rond dans des paysages toujours pareils, souvent hivernaux, en passant devant des gares qui se ressemblent toutes ? Le compartiment où elle paraît condamnée à rester est tantôt vide, tantôt peuplé de personnages curieux, irréels. La femme s'interroge sur cet étrange voyage, prise d'une inquiétude qui va jusqu'à l'angoisse. En proie à un intense sentiment de culpabilité, elle tourne et retourne sans cesse dans sa tête des arguments pour se disculper d'on ne sait quelles négligences, de fautes plus ou moins imaginaires dont elle s'accuse et s'excuse tour à tour. La souffrance touche à l'insupportable et l'horreur atteint un paroxysme où la pensée logique s'arrête, où l'esprit se désagrège et le corps se dérègle. Le train s'immobilise dans un tunnel dont les parois humides et sombres évoquent un caveau. Est-ce un arrêt de mort ? Dans cette situation sans issue, un très léger bruit se fait tout à coup entendre qui trahit un frémissement de vie. L'ouvrage, en dépit de son atmosphère inquiétante, ne se termine donc pas sans une lueur d'espoir.
Johansen Hanna ; Bhend Käthi ; Neis Lilo ; Salem-M
Je vais apprendre à chanter ! Dit la petite poule à ses compagnes incrédules. Je vais apprendre à voler ! Et à nager ! Et quand je serai grande, je pondrai des oeufs en or !
Quatrième de couverture Après avoir passé les premiers mois de leur vie enfermés dans une grotte, deux oursons partent à la découverte du monde. Leur mère, attentive, les laisse gambader, jouer et se chamailler. Dehors, tout les émerveille : leur premier brin d'herbe, leur premier escargot, leur premier ruisseau... Suivez leurs traces et partagez leurs secrets.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.