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Bavures policières ? La force publique et ses usages
Jobard Fabien
LA DECOUVERTE
27,00 €
Épuisé
EAN :9782707135025
Bavures " : le terme ne semble avoir de place que dans la rubrique des faits divers. Il offre prise à des dénonciations de la police qui perdent souvent de vue les véritables enjeux de l'usage de la force publique. Car ce sont bien les modes contemporains de gouvernement qui sont en jeu lorsqu'il est question de l'emploi de la force par la police : que devient l'Etat moderne, lorsque la force physique est employée par ses agents ? Fabien Jobard prend la question à bras le corps et étudie dans le détail les violences policières qualifiées d'" illégitimes ", survenues dans la France contemporaine. Son analyse se porte à la racine du phénomène, en interrogeant d'abord la fiabilité des récits de ceux qui se disent victimes de violence : l'auteur examine ce qui fait la crédibilité de " faits " qui, parfois, deviennent des " affaires ", mais plus souvent ne laissent pas plus de traces que celles du souvenir individuel, voire d'une imagination trompeuse. L'auteur nous met ainsi en mesure de comprendre les logiques des violences policières elles-mêmes. Sans traquer les responsabilités individuelles de policiers déviants ni, au contraire, lire dans chaque fait violent l'aveu d'une nature systématiquement répressive de l'Etat, l'auteur éclaire les raisons de ces violences. A égale distance du soupçon et du déni, il restitue tout ce qui les rend possibles et contribue ainsi à l'élaboration d'une théorie de la force publique.
Résumé : La police au sens large - nationale, municipale, privée, gendarmerie - constitue un véritable acteur du jeu politique et un enjeu d'une centralité croissante dans le débat public. Mais elle est aussi un instrument de production de sens et de représentations politiques en ce qu'elle contribue à l'émergence de catégories descriptives qui participent de l'imaginaire collectif : crime crapuleux, outrage, racaille, violence collective, manifestation, ordre public... en sont des exemples connus. La police est devenue un élément incontournable des sociétés contemporaines. Pourquoi et comment la police s'est-elle constituée ? Quelle est la nature de l'organisation policière et quels rapports entretient-elle avec les autorités politiques ? Qui sont les agents de police (leur origine, leur profil) ? En quoi consistent leurs activités et quelles en sont les déviances ? Quelles transformations et réformes sont aujourd'hui possibles ? Pour répondre à l'ensemble de ces questions, ce manuel sans équivalent propose à la fois une sociologie et une science politique de la police. Riche en exemples dépassant le seul cadre français, appuyé sur de nombreux travaux de terrain et une dense littérature, il vient éclairer de manière originale les rapports entre la police et le politique, et interroger le fonctionnement de nos démocraties.
Témoin d'actes répréhensibles, qui ne s'est jamais interrogé? Dois-je rapporter ces faits à la police? Dénoncer mon voisin, mon collègue, mon patron? Dois-je le faire systématiquement par principe, ou plutôt au cas par cas, quand la situation est dangereuse? A partir de quel moment, deviens-je un traître, un lâche? Ou à l'inverse un citoyen actif qui participe au respect de la sécurité civile? Le "fayot', le rapporteur, le délateur ont mauvaise presse. On en trouve de bien sinistres exemples dans notre histoire récente, et pas seulement dans les pays de l'Est! Mais les forces de la loi et de l'ordre ont subi des mutations. La conception d'une démocratie transparente, des scandales comme celui d'Enron, la menace terroriste, les nouvelles technologies ont changé la donne. La loi Perben II sur les indics, l'incitation des salariés à dénoncer les fraudes dans l'entreprise, les citoyens relais... on prône une surveillance devenue démocratique et citoyenne, les whistle blowers et l'alerte éthique ont le vent en poupe. Spécialistes de l'information policière et sociologues de la police, magistrats, historiens et politiques débattent ici des enjeux d'une" surveillance citoyenne'.
Résumé : La comparaison en matière de déviances et de contrôle social, lorsqu'elle est employée en sciences sociales, est principalement convoquée à l'aune de la comparaison entre la France, ou l'Europe continentale, et les Etats-Unis, ou la Grande-Bretagne; facilité de la langue oblige. On est alors souvent contraint à comparer l'incomparable: des doctrines juridiques ainsi que des formes et des niveaux de criminalité complètement hétérogènes. Sont présentés ici, au contraire, les travaux menés sous l'égide du Laboratoire européen associé (CNRS/MPG) consacré à la comparaison franco-allemande dans le domaine de la déviance et du contrôle. La France et l'Allemagne, en effet, ont toutes deux hérité du droit pénal napoléonien, leurs structures sociales restent semblables, ainsi que les problèmes posés par les différentes formes de déviance. Du coup, c'est une nouvelle compréhension de ces phénomènes que révèle la comparaison entre deux pays si proches: leur mobilisation au service de la connaissance des déviances et du contrôle satisfait l'ambition même de la sociologie, que posait Emile Durlcheim, il y a plus d'un siècle, en ces termes: "on n'explique qu'en comparant".
Résumé : De l'invention du "bobby" anglais au modèle chinois, Globale Police nous emmène dans ce que la police était et ce qu'elle pourrait devenir. La police est une institution neuve, fille du capitalisme urbain, où s'articulent les questions du contrôle, de la surveillance et de la violence. Fabien Jobard est l'un des premiers chercheurs à s'être intéressé à la fonction policière.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
Le Grand Remplacement est à nos portes ! ", "La civilisation européenne est menacée ! ", "Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! ", "Les valeurs de la nation sont bafouées ! "... Ce bref florilège serait risible par son absurdité s'il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du "roman national". C'est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s'emploie Elise Thiébaut. Elle s'interroge d'abord sur sa propre "identité" : qu'est-ce que l'histoire de cette Française dite "de souche" a-t-elle à nous dire de l'histoire de France ? En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ? Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l'autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.