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Entrevoir et vouloir : Vladimir Jankélévitch
Jerphagnon Lucien ; Félix François
ENCRE MARINE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782350880983
Je travaille pour le XXI e siècle. " Bonne raison pour y rendre de nouveau présente cette courte initiation qu'on m'avait demandée au siècle dernier. On était alors dans ces années de l'après-guerre, où par-delà les désastres et crimes imprescriptibles, chacun se refaisait tant bien que mal une santé et un moral, et tentait de redonner un sens à l'humain. Comme tout un chacun, je cherchais des réponses, des solutions, bref, un absolu, et qui - excusez du peu - se serait traduit en mots. Des mots, on en trouvait. La mode était à l'existentialisme, au marxisme, au personnalisme et autres mots en isme. Des mots, des mots, mais d'absolu, point. Tel, du moins, que je m'en faisais l'idée - ou l'image. Jusqu'au jour où me tomba entre les mains un livre de Jankélévitch. Nous étions en 1949 : c'était la première édition du Traité des vertus. Et si je ne craignais de pousser un peu loin le pastiche, je dirais que m'advint ce qui était arrivé à saint Augustin à qui l'on avait prêté des textes de Plotin et de Porphyre : ma façon de voir s'en trouvait changée du tout au tout. Je n'aurais de cesse, à mesure que passeraient les années, que je n'aie lu l'oeuvre en son entier. Mais sur le moment, comment aurais-je imaginé que onze de ces volumes me seraient offerts au cours des ans par leur auteur, avec un mot de sa main ? Lucien JERPHAGNON.
La sottise: on en respire la présence partout et toujours dans l'air du temps. Une présence atmosphérique, en quelque sorte. Aristote la suppose contemporaine de la préhistoire, tandis que saint Augustin y voit une conséquence du péché d'Adam. Ce florilège présente les fruits d'une cueillette au long de vingt-huit siècles, chez les auteurs les plus divers, des Hébreux des âges bibliques aux journalistes de nos Républiques. A chacun de s'en faire une idée..." Lucien Jerphagnon
Présente et compare des mythes antiques bibliques, gréco-romains et paléo-chrétiens, dans lesquels se mêlent religion, histoire, philosophie et légende. Montre comment à l'inverse, la période médiévale et le monothéisme ont conduit à l'opposition de la science et de la religion. Souligne l'abondance des mythes dans l'Antiquité et leur quasi-absence du monde contemporain.
Résumé : En l'an 258, dans une province de l'Afrique romaine, le légat Caïus doit rendre son jugement. Libèrera-t-il les deux chrétiens emprisonnés qui résistent encore et refusent, malgré la torture, de renier leur foi ? Pourquoi cette question le hante-t-il à ce point ? Un ami recueille ses confidences sur la soif d'absolu qui l'habite. Il parle aussi de ces histoires de chrétiens avec Rufus, le militaire : représentent-ils vraiment le danger que l'on dit ? Tiraillé entre le sens du devoir et sa liberté de penser, la mélancolie accable Caïus. La rencontre avec une jeune chrétienne le bouleversera. Dans ce roman historique à l'érudition généreuse, le philosophe Lucien Jerphagnon nous convie au coeur de ces heures où le monde bascule du paganisme au christianisme.
C'est dans l'Afrique romaine du ive siècle, entre Thagaste et Carthage, que se déroule l'essentiel de la vie d'Augustin. Un garçon intelligent et qui le sait, avide de tout lire, de tout goûter, amoureux de l'amour. Et voilà que le jeune ambitieux, à peine arrivé, renonce à tout: Dieu l'a choisi pour en faire un homme de terrain, un pasteur à la tête d'un peuple bigarré et malaisé à conduire. Et cela, au pire moment, tandis que l'empire de Rome, envahi de partout, vit sans trop le savoir ses ultimes années. Ébloui d'avoir tant reçu de Dieu, Augustin éveillera désormais les autres, les savants et les plus simples, à la présence mystérieuse de la grâce agissant dans le coeur de tout homme comme dans le cours de l'histoire. Il devient pour les siècles le maître de l'Occident, au gré des exégèses et des passions. Aujourd'hui encore, il intrigue, il retient, par sa capacité à renouveler tout ce qu'il touche, ce génie de voir et de dire les choses autrement. Lucien Jerphagnon nous aide à approcher l'oeuvre colossale de saint Augustin - Les Confessions, La Cité de Dieu, La Trinité, Le Maître... -, aussi importante pour celui qui cherche Dieu que pour celui qui le fuit. Sites archéologiques d'Hippone et de Carthage, entre Algérie et Tunisie d'aujourd'hui, mosaïques, peintures murales, statues, témoignages d'une Afrique romaine et chrétienne. Manuscrits médiévaux et cycles de fresques de la Renaissance: un parcours dans l'iconographie de saint Augustin, en plus de 100 illustrations.
Pour les philosophies théologisées, mixtes de religion et de philosophie, que sont les philosophies modernes, telles celles de Descartes, de Kant, de Hegel, et à l'exception de celle de Montaigne, l'aléatoire ne saurait être au coeur de la réalité puisque, pour l'être transcendant et omniconnaissant, Dieu, tout ce qui arrive et arrivera est de toute éternité, comme déjà arrivé. Si, au contraire, l'on revient à la philosophie libérée de la religion, c'est-à-dire à la manière grecque de philosopher, on est amené à ne pas limiter le champ de l'aléatoire à la zone humaine: on le voit au coeur de la réalité, c'est-à-dire au coeur des mondes innombrables qui s'inscrivent au sein de la Nature infinie elle-même, omnigénératrice et qui, comme le poète improvisant à mesure, avance dans l'incertain.
Quand point l'année nouvelle, chacun se soumet au cérémonial des voeux, interminables et impersonnels (la sacro-sainte triade santé-bonheur-réussite !), auquel se greffe la tragi-comédie des grandes résolutions dans une cascade déprimante de ne plus dont rien ou presque ne subsiste quelques jours après. S'y ajoutent les rituels et les folklores qui, sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures humaines, leur font écho. Chacun s'y prête à chaque fois (cette répétition donne le vertige) avec un enthousiasme qui décroît en général au fil des ans. Et si, à l'heure d'entrebâiller la porte de Janvier, qui restera close un an encore, il devenait urgent et même vital de lever les yeux du compte à rebours universel pour passer du trompe-l'oeil de la carte de voeux et de la vraie-fausse résolution au rendez-vous enfin pris avec soi-même ? Et si dire oui, faire oui à la manière nietzschéenne, c'était simple comme le Nouvel An ? Telle est l'invitation philosophique que ce livre, écrit dans une langue volontairement accessible au plus grand nombre sans rien céder sur le fond de la pensée, adresse à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent ne pas laisser filer indéfiniment, année après année, l'occasion de devenir ce qu'ils sont.
L'auteur se propose de dire les contenus du bonheur, en tant que celui-ci est l'activité toujours possible et toujours pensable d'un sujet libre, et une réalité à la fois extrême et accessible. Il s'agit aussi d'établir les conditions d'accès à ce bonheur et de déployer en même temps les actes qui le constituent. Car le bonheur d'être est plus qu'un "état" de conscience ou une condition "sociale; il est l'unité synthétique de quelques formes actives de la joie. La méthode employée ici n'est pas séparable de la doctrine. La phénoménologie en première personne décrit ici le sujet comme libre désir et comme réflexion fondatrice; cette phénoménologie est existentielle parce qu'elle est opérée par l'existant pour l'existant, se saisissant comme sujet actif. Trois étapes, formant les trois axes de la joie, sont analysées: la joie de se fonder soi-même en une première puis en une seconde fondation, la joie d'amour dans un registre tout autre que banal et dont se font l'écho Segalen, Thérèse d'Avila, Saint-John Perse ou Rilke, et enfin les formes poétiques et les formes actives de la jouissance du monde. L'ensemble de ce mouvement se déploie comme un Voyage qui est à la fois progression conceptuelle réflexive et itinéraire d'existence, expérience d'être. L'enjeu en est non seulement la signification du désir, mais encore le présent et l'avenir de la philosophie. Par l'analyse de la joie qui anime toute l'existence concrète, s'éclairent à la fois la juste révolte contre l'horreur et la validité de la jouissance et de l'espoir. Se dessine en même temps une philosophie du sujet en première personne, qui est aussi une philosophie de la liberté heureuse. S'exprime enfin la portée éthique et substantielle du cheminement d'une oeuvre conçu comme l'affirmation de l'être et du sens."
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation: "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation: l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vue différents: rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.