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Ruta Tannenbaum
Jergovic Miljenko ; Grujicic Aleksandar ; Beyer El
ACTES SUD
23,40 €
Épuisé
EAN :9782330002381
Il est fort probable qu?à l?avenir, l?histoire littéraire croate (ou bosniaque ou, simplement, balkanique) se souvienne de ce phénomène exceptionnel: en quatre ans, Miljenko Jergovi? a écrit quatre livres d?une puissance saisissante, tout à fait différents les uns des autres, aussi bien formellement que thématiquement: Le Palais en noyer (2003), Inshallah, Madona, Inshallah, (2004), Gloria in excelsis (2005), Ruta Tannenbaum (2007); sans compter son recueil poétique Un Turc à Agrame. Cela ne fait nul doute, il s?agit d?une entreprise littéraire d?une envergure exceptionnelle, réaffirmant le talent et la force créatrice d?un écrivain majeur. Si les ?uvres précédentes de Miljenko Jergovi? avaient une forme ramifiée, très marquée par la digression (à l?exception de Buick Riviera), Ruta Tannenbaum présente une narration plus serrée, plus linéaire: il s?agit du destin de deux familles zagréboises, l?une catholique et l?autre juive, dans le même immeuble et durant la même période (1932-1942). Leurs histoires entremêlées occupent le devant de la scène, tandis que de brèves touches factuelles dessinent adroitement le cadre historique. C?est l?intimité de ses personnages que Jergovi? veut sonder et c?est là que réside la véritable gageure du roman. La jeune Ruta, la ?Shirley Temple croate? (en partie inspirée de la figure historique de Lea Deutsch) absorbe, imite, restitue ce qui l?entoure avec un tel talent qu?elle va vite devenir, malgré son jeune âge, une vedette du Théâtre national croate. Mais peu à peu, elle révèle au lecteur des traits de caractère qui lui ôtent toute aura de future victime (son destin est annoncé dès le prologue, elle va connaître la déportation): elle se montre hautaine, imprévisible, capricieuse, voire sadique. Son père, Salamon Tannenbaum, est probablement le personnage le plus abouti que Jergovi? ait jamais imaginé: profondément marqué par le mépris de soi, cet individu insignifiant se transforme en brute redoutable dès qu?il adopte une autre identité, en l?occurrence celle d?un aristocrate catholique imaginaire. Ce dédoublement de la personnalité est vécu par Salamon dans un mélange paradoxal d?angoisse et de jubilation. Dans l?évocation de ses peurs et son assassinat dans les rues de Zagreb, Jergovi? atteint le sommet de son art. Les exemples d?accomplissement littéraire sont foison dans ce roman et notamment la description du déclin physique et social du grand-père de Ruta, Abraham Singer. Il constitue un vibrant hommage au meilleur de la littérature de tradition juive. Dans Ruta Tannenbaum, le ton de Jergovi? est ferme et la force romanesque telle que l?auteur peut se permettre des changements de registre et de séquences narratives. L?atmosphère y est sombre mais émaillée d?épisodes qui contrastent vivement par leur humour et leur démesure, quasi inspirés de ce qu?on pourrait qualifier de réalisme magique. La fin du roman prend une accélération furieuse et produit chez le lecteur un effet glaçant: la famille Tannenbaum disparaît en laissant derrière elle un vide muet et une ville peuplée d?horreurs. Si Ruta Tannenbaum dérange, c?est que Jergovi? lui-même fait bouger les lignes: Croate en Bosnie, Bosniaque en Croatie, il garde jalousement son statut d?entre-deux, n?écrit pas d?un quelconque point de vue communautaire mais embrasse toutes les communautés avec une vertigineuse empathie. Pis, il ose ici aborder l?un des thèmes les moins traités (les mieux tus) dans la littérature croate, l?Etat indépendant de Croatie lors de la Seconde Guerre mondiale et la question de l?extermination des minorités. Miljenko Jergovi?, une fois encore, confirme son statut d?écrivain le plus lu et le plus traduit des Balkans.
Résumé : Tentative d'élucidation d'une vie minuscule frappée par la tragédie, le nouveau roman de Jergovi? nous embarque à bord de la Volga de Dzelal, pour le trajet hebdomadaire qui l'emmène à Livno, vers la grande prière du vendredi à la mosquée locale. Vrai-faux road book construit sur la collision entre l'invocation intime d'une blessure insurmontable et sa reconstitution "objective" sous forme de dossier documentaire, Volga, Volga dresse le portrait et les états d'une âme foudroyée mais qui n'a pas renoncé au bonheur ? dans un pays dont la violence semble devenue la langue maternelle.
Biographie de l'auteur Miljenko Jergovic est né en 1965 à Sarajevo. Romancier, poète, dramaturge, journaliste, traduit en plus de vingt langues, il est l'un des talents majeurs de sa génération. Il vit actuellement à Zagreb. En France, son uvre est publiée chez Actes Sud (Le Jardinier de Sarajevo. Buick Riviera, Le Palais en noyer).
Jergovic Miljenko ; Grujicic Aleksandar ; Balmes R
Regina Delavale, née Sikiric, quatre-vingt-dix-sept ans, meurt en 2002, après avoir sombré dans la folie. Récit à la fois intimiste et épique des derniers jours de sa vie jusqu'à sa naissance, Le Palais en noyer est aussi l'histoire d'une famille de Dubrovnik et celle, déchirante et tragique, d'un pays malmené tout au long du XXe siècle. On croise ici plus de cent vingt ans d'Histoire : chute des empires austro-hongrois et ottoman, guerres mondiales, essor et déclin du communisme, éclatement de la Yougoslavie. Dans un carrousel d'existences cabossées, cinq générations de la famille Delavale-Sikiric ne cessent de graviter à l'intérieur des systèmes héliocentriques du malheur . Jergovic utilise savamment la construction à rebours : en inversant l'ordre chronologique, il crée un monumental roman-sablier où le temps n'avance pas mais s'abat vers l'intérieur de lui-même, égrenant dans un somptueux bonheur narratif une inoubliable succession de scènes et de destins. Epitaphe magnifique pour un siècle tourmenté et un pays défunt, Le Palais en noyer fait date dans l'histoire littéraire balkanique et européenne : en 2003, année de sa parution, il obtint de prestigieux prix littéraires croate, bosniaque et serbe. . . Miljenko Jergovic est né en 1965 à Sarajevo. Romancier, poète, dramaturge, journaliste, traduit en plus de vingt langues, il est considéré comme l'un des talents majeurs de sa génération. Il vit actuellement à Zagreb. En France, ses oeuvres sont publiées par Actes Sud.
Une dramatique vérité familiale dévoilée par deux jeunes gens dans une maison-mausolée élevée à la mémoire de ceux qui ont péri dans un incendie. Etrange et obsédant. Prix polar international de Cognac 2010.Notes Biographiques : Né en 1958 à Osaka, Keigo Higashino est l'une des figures majeures du roman policier japonais. Son oeuvre, composée d'une soixantaine de romans et d'une vingtaine de recueils de nouvelles, connait un succès considérable. Plus d'une vingtaine de ses ouvrages ont été porté à l'écran et il a remporté de nombreux prix littéraires dont le prestigieux prix Edogawa Rampo ainsi que le prix du meilleur roman international du Festival Polar de Cognac 2010 pour La maison où je suis mort autrefois. Le Nouveau est son neuvième roman à paraître dans la collection "Actes Noirs".
Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d?amour et le lendemain? Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse? Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l?homme qu?elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l?enquêtrice de la vie d?une autre. Ou plutôt de sa propre vie. C?est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l?amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l?existence.
L'agriculture biologique comme mode de production agricolereste peu ou mal connue des citoyens et fait toujours l'objet denombreuses approximations, tantôt positives, tantôt négatives.Chacun interprète le sujet à travers ses présupposés, sonenthousiasme ou ses réticences. C'est ainsi que se succèdentles affirmations encourageantes sur les bénéficesenvironnementaux ou sanitaires de la bio et les inquiétudes surses rendements plus faibles ou ses difficultés techniques.Passéistes pour les uns, pionniers pour les autres, lesagriculteurs biologiques sont sujets du débat, mais rarementconvoqués à la barre. L'ouvrage de Jacques Caplat combleainsi une lacune. A partir d'une connaissance intime de laréalité de l'agriculture biologique en tant que fils d'agriculteur,ancien conseiller agricole de terrain puis chargé de sondéveloppement à l'échelle nationale et européenne, JacquesCaplat explique les fondements et les pratiques concrètes del'agriculture biologique telle qu'elle a été définie et telle qu'elleest mise en oeuvre dans les champs. Il relate l'expérienced'hommes et de femmes, notamment dans les pays du Sud,pour qui la bio est une innovation stimulante et un espoir àlong terme. Clair et pédagogique, l'ouvrage s'adresse à toutconsommateur, curieux des enjeux réels autour du contenu deson assiette, comme à tout citoyen, soucieux de pouvoir sepositionner sur des débats de fond comme celui des OGM, del'adaptation de l'agriculture biologique aux réalités desterritoires en France et dans le monde, ou encore desproblématiques sanitaires associées à l'alimentation... Il donneainsi une vision transversale et globale de l'agriculturebiologique en reliant des sujets souvent considérés jusqu'àprésent de manière isolée et partielle.
Aurélien est nouveau dans son lycée. Il a déménagé. Ce n?est pas la première fois qu?il déménage. Pas facile de se faire des amis dans ces conditions. Mais justement, des amis, Aurélien semble ne pas en vouloir. Il est du genre solitaire; parfois il voudrait juste pouvoir se fondre dans le décor pour qu?on lui fche la paix. Pourtant, un garçon de sa classe, Thibaud, semble s?intéresser particulièrement à lui; il parvient même à convaincre Aurélien de participer à une soirée slam. Dans la pulsation des mots, dans la chaleur de cette amitié naissante, Aurélien arrive enfn à faire craquer la glace qui l?enserre et commence à se libérer du poids du secret, celui du deuil.
Boulgakov travailla jusqu'à sa mort au Maître et Marguerite. Le roman parut dans la revue Moskva en 1966-1967, amputé d'un bon tiers, pour cause de censure. Il fut néanmoins le grand événement littéraire de la période du «Dégel». Les Russes furent sidérés d'y découvrir une représentation à la fois délirante et plus vraie que nature de la réalité soviétique dans laquelle ils étaient encore plongés, et qu'ils avaient fini par ressentir comme plus ou moins «normale». Ils furent, aussi, incroyablement fiers de ce livre vite reconnu comme un chef-d'oeuvre, et dont on propose ici une nouvelle traduction - la première depuis plus de trente ans. Les théâtres, les comédies, les coulisses et les plateaux sont présents dans Le Maître et Marguerite comme dans les deux autres romans retraduits pour cette édition : La Vie de M. de Molière et Mémoires d'un défunt (Roman théâtral). Boulgakov était un passionné de théâtre. En partie inédites en français, ses oeuvres dramatiques - drames, comédies satiriques ou d'anticipation, pièces sur Molière ou sur Pouchkine -, viennent logiquement compléter ce volume. Sans oublier Batoum, pièce de commande sur la jeunesse de Staline, finalement non agréée par la maître du Kremlin. Une fois de plus, Boulgakov avait écrit «pour son tiroir» ; le Choix de correspondance qui clôt le volume révèle les conditions dramatiques dans lesquelles il composa l'une des plus grandes oeuvres de notre temps.La Vie de M. de Molière - Mémoires d'un défunt - À ma secrète amie - Le Maître et Marguerite. Théâtre : Les Jours des Tourbine - L'Appartement de Zoïka - L'Île pourpre - La Fuite - Adam et Eva - Béatitude - Alexandre Pouchkine - La Cabale des dévots - Ivan Vassilievitch - Batoum - Choix de correspondance suivi de THÉÂTRE (?UVRES, II)
Résumé : Pour la première fois l'ensemble de l'oeuvre de Tchékhov est offerte au public français sous la forme ramassée de trois volumes de la Pléiade. Le premier tome comporte le Théâtre, traduit par Elsa Triolet, y compris le Platonov, ouvre de jeunesse étrange et touffue, récemment mise à jour, qui profile en un raccourci baroque tout l'univers théâtral du Tchékhov de la maturité. Le théâtre est suivi des Récits pour la période 1882-1886. C'est l'époque des débuts de Tchékhov ; elle est dominée par sa participation aux petites revues satiriques du temps et par la veine humoristique, mais, derrière la fantaisie pittoresque, pointent déjà l'émotion et l'acuité de l'oeuvre ultérieure.
La Guerre et la Paix est une oeuvre mythique de la littérature russe et universelle, une vaste fresque historique et familiale, modèle de ce que seront les grandes sagas du XXe siècle. Sur le fond des grands événements du début du XIXe ? la campagne de 1805-1806 avec Austerlitz et celle de 1812-1813 avec Borodino et l'incendie de Moscou ? s'inscrivent les chroniques de deux familles appartenant à la noblesse russe, les Bolkonski et les Rostov. Des chroniques faites d'amour et de haine, d'interrogations sur la vie et la politique, traversées par les passions et les doutes.Traduite pour la première fois en français, cette version originelle de La Guerre et la Paix ? il y eut plusieurs éditions souvent différentes du vivant de l'auteur ? se fonde sur l'édition publiée dans « L'héritage littéraire » par l'Académie des Sciences de l'URSS. Elle permet aux initiés de mieux connaître les systèmes de pensée et de création artistique de Tolstoï. Par ailleurs, les réflexions philosophiques allégées, le rythme rapide, l'action resserrée, propres à tenir le lecteur en haleine, sans rien ôter à la richesse littéraire, devraient renouveler l'intérêt pour ce chef-d'oeuvre.
Zamiatine Evguéni ; Cauvet-Duhamel B ; Semprun Jor
«...On nous attacha sur des tables pour nous faire subir la Grande Opération. Le lendemain, je me rendis chez le Bienfaiteur et lui racontai tout ce que je savais sur les ennemis du bonheur. Je ne comprends pas pourquoi cela m'avait paru si difficile auparavant. Ce ne peut être qu'à cause de ma maladie, à cause de mon âme.» Ainsi parle D-503, un homme des siècles futurs. Il vit dans une société qui impose fermement l'Harmonie sous la direction du Guide. Or D-503 qui participe activement à l'expansion de cette organisation à l'échelle interplanétaire en arrive à l'autocritique, à la dénonciation , au rééquilibrage psychique. C'est en 1920 que le Soviétique Eugène Zamiatine a conçu cette politique-fiction. Il y aborde, pour la première fois, les mécanismes de l'Utopie au niveau existentiel. Jusque-là, tous les organisateurs de sociétés futures, sous la bannière de Platon et de saint Thomas More, se contentaient d'une description monomaniaque de leurs structures. Zamiatine introduit l'homme vivant dans ces souricières. La porte poussée, Aldous Huxley et George Orwell vont s'engouffrer dans le corridor. Quel extraordinaire prophète que ce Zamiatine, écrivain, mathématicien et ingénieur. Il y a soixante ans, la dissidence n'était pas encore une maladie mentale traitée à l'halopéridol. Le règne du père génial de tous les peuples, Staline, et de ses épigones n'avait pas commencé. Et les pieux des camps de rééducation n'étaient pas encore systématiquement plantés. Pourtant, le ver était dans le fruit, et même à cette époque pas encore totalement occultée, l'ouvrage ne fut pas publié. L'oracle Zamiatine scrutant les brumes de l'Histoire de demain pousse un hurlement solitaire. Lui-même, en nos temps de surdité, condamné au silence et à l'exil, étouffé par l'angoisse, mourra à Paris, en 1937, à l'âge de 53 ans.» Yvon Hecht.Notes Biographiques : Eugène Zamiatine est né en 1884 à Lebedyan dans la province de Tambov. En sa qualité d'architecte naval il se rend en Angleterre pour la première fois en 1916 et y séjourne jusqu'en 1917. La même année il quitte le Parti bien qu'il fût dans sa jeunesse un bolchevik convaincu. Entre 1908 et 1913 il publie deux nouvelles, mais son prochain livre est interdit par la censure en 1914. Nous autres, écrit en 1920, ne sera jamais publié en U.R.S.S. et à la suite d'incessantes persécutions il écrit en 1931, désespéré, une lettre ouverte à Staline. Ce dernier, après l'intervention de Gorki, lui permet de quitter le pays. Zamiatine, accompagné de sa femme, se rend à Paris où il vit jusqu'à sa mort en 1937.