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Basses Oeuvres. Une ethnologie du travail dans les égouts
Jeanjean Agnès
CTHS EDITION
19,00 €
Épuisé
EAN :9782735506194
Dans la plupart des villes françaises, les eaux usées et les excréments humains sont refoulés dans les sous-sols. Éloignés des corps, ils glissent dans l'obscurité des égouts. Cependant, des hommes manipulent ces matières, les voient et en respirent les odeurs parce que leur activité professionnelle les v conduit. Qu'ils travaillent sur le réseau public ou privé, qu'ils circulent en ville ou demeurent huit heures par jour au fond d'un égout ou dans l'enceinte d'une station d'épuration, les hommes qui font l'objet de ce livre sont tous en contact physique avec ces substances pestilentielles que la plupart des citadins ne touchent, ni ne pensent. Des substances autour desquelles se développent des fantasmes. Basses ?uvres montre que l'étude des égouts n'a rien d'anecdotique et qu'à la question de l'évacuation des eaux usées d'une ville se joignent des dimensions symboliques, anthropologiques et politiques. Six univers de travail situés à Montpellier sont tour à tour présentés. Il s'agit dès lors de prêter attention aux conditions de travail, aux techniques et savoir-faire de même qu'au sens que les travailleurs donnent à ce qu'ils font mais aussi à ce qu'ils sont. Situation qu'un égoutier exprime ainsi : " La pensée s'arrête juste avant nous, nous on est en dessous ". Cette mise en perspective conduit à l'analyse de toute une série de mécanismes sociaux qui articulent positions sociales et souillure.
Un garde-chasse, des absentes, un surprenant "sculpteur", d'autres personnages encore, hantent l'écriture de SANS brise-lames, une prose poétique au rythme rapide et heurté avec des images violentes dans les première et troisième parties, tissée d'injonctions et d'interrogations insistantes dans la deuxième. Une écriture dans laquelle l'ordinaire est le théâtre de rencontres étranges, de violences éprouvées et évoquées avec une sorte d'indifférence à la fois absentée, attentive et combative. Les transformations réelles, les transformations rêvées et celles qu'effectue l'écriture se mêlent et nous entraînent dans un processus "dangereux" et passionnant, à l'étrange dynamique.
En mars 1984 Sékou Touré, premier président de la République de Guinée décédait en cours d'opération aux Etats-Unis. Devenu héros de l'Afrique après son "non" au général de Gaulle le 28 septembre 1958, son image se dégrada rapidement. Vingt ans après, le temps paraît venu de tirer le bilan de son règne sans partage sur la Guinée et de dévoiler derrière le rideau des discours, des parades et autres illusions, le vrai visage de Sékou Touré. Nous le devons à ses milliers de victimes : morts, disparus, blessés physiquement et moralement. Lui qui avait proclamé en face du général de Gaulle "préférer la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l'esclavage", laisse une Guinée appauvrie, asservie et divisée dans laquelle les citoyens se méfient les uns des autres. Il apparaît que ce régime, minutieusement mis en place pendant plus de 40 ans, relève du totalitarisme.