Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'audience
Jeancourt Galignani Oriane
ALBIN MICHEL
21,30 €
Épuisé
EAN :9782226258304
Extrait Prologue Ils sont douze à être convoqués ce matin. Douze à avoir reçu le papier moutarde qui les a désignés au nom du peuple. Ils n'ont ni le choix ni la liberté de ne pas s'y rendre. C'est inscrit dans la Constitution et aucun d'entre eux n'a jamais froissé une loi. Cinq hommes, sept femmes quittent à l'heure bleue la veille d'une maison et rejoignent le centre-ville de K. La lumière monte le long du portique du tribunal, joue encore entre ses frêles jambes de grès, quand la porte se referme sur ces juges éphémères. Une heure plus tard, leurs têtes apparaissent dans l'encadrement d'un téléviseur. Elles s'alignent sous les plafonds bas d'une salle en bois, régulières comme les boîtes de corned-beef sur le tapis roulant d'une usine. Samuel les compte une à une, à neuf, il hésite, des chiffres s'amoncellent dans sa mémoire, uniformes et vacillants. Il dévie, revient à la télé. Le reportage passe pour la troisième fois sur la chaîne d'information régionale. Il en récite muettement le commentaire : «Le procès de Deborah Aunus, la professeure de K., s'ouvre aujourd'hui après avoir ému tout le comté...» Zoom sur un banc à l'avant de la salle, on ausculte une femme serrée dans une chemise glaire et un carré blond. Sa mère. Qu'est-ce qu'elle fait là, dans la télé, entourée de ces inconnus ? Sam la déteste un peu de ne pas lui faire signe de l'autre côté du bocal, de ne pas aplatir le nez contre l'écran pour le faire rire. Ou de tracer un dessin sur la vitre, comme le bout de l'index sur le miroir de la salle de bains fait apparaître un bonhomme rigolard, un de ces pantins dont elle a le secret, la tête de travers et les pieds en croix. Là, dans son aquarium, elle ne bouge pas, ne le regarde pas. La lueur de la caméra n'atténue pas la marque mauve sous son oeil, gnon de fatigue qu'elle affiche depuis des semaines. C'est une journée spéciale, lui a dit la voisine qui le garde avec ses deux soeurs à la maison. C'est chouette les jours spéciaux, ceux où on ne va pas à l'école, où on traîne pour s'habiller, mange des gâteaux au lit. Seulement, ce matin, on dirait un spécial spécialement spécial. Un spécial de tornade ou de nuit sans lune. Il effrite son cookie sur les draps de cette chambre abandonnée ce matin par ses parents pétrifiés de trouille. Comme un reste de peur ramassé entre les draps, le malaise de Samuel cogne dans son estomac et remonte dans sa gorge. «Les faits remontent au printemps 2011...» La lèvre supérieure de sa mère tremble un peu sous l'oeil de la caméra. Samuel tousse, fort. Personne ne réagit dans la maison de briques. Ses soeurs dorment en dessous, il était parmi elles, a quitté la chambre pour monter ici allumer la télé. Rebecca a cogné le front contre les barreaux de son lit quand il est sorti, sans doute fait-elle semblant de dormir. Il tousse une nouvelle fois, sent la vulve du poumon flotter légèrement dans la cage thoracique, comme ce poulpe géant aux ventouses translucides qui arpente l'océan Pacifique. «Sur la côte Ouest, tout est possible», lui a répondu sa mère lorsqu'il lui a demandé si une telle boule de graisse jaunâtre de plusieurs tonnes et pourvue de deux yeux morts n'avait pas été inventée pour terrifier les enfants. Sûr que ce qu'il héberge en lui est la bête californienne venue ramoner son corps. Elle a dû emprunter un tunnel sous la terre, un tube supersonique qui l'a propulsée ici, à K., dans sa poitrine. Il tousse, le haut du poumon brûle, son poulpe se rebelle. Il attrape l'inhalateur coincé contre sa hanche par l'élastique du pyjama, aspire le corticoïde. Pas trop vite, lui dit toujours sa mère. Il happe la trompe, hoquet de toux, sursaut de son diaphragme, ses épaules tremblent, le poulpe se débat. Il inhale, l'anti-inflammatoire descend dans la trachée, se fraie un passage parmi les alvéoles, poudre de perlimpinpin sur les bronches à vif. (...)
Depuis vingt ans, les crises financières ont fait le tour du monde : crise des paiements mexicains en août 1982, krach boursier américain de 1987, crise asiatique de 1997, crise russe de septembre 1998. Les faillites ou quasi-faillites financières ont fait scandale : caisses d'épargne américaines en 1985, Crédit Lyonnais en 1992, Barings, la plus ancienne des banques d'affaires anglaises, en 1995, le hedge fund américain LTMC en 1998. Antoine Jeancourt-Galignani décrit la collision entre ces turbulences et la finance française nationalisée en 1981, puis libéralisée en 1984 par Pierre Bérégovoy, et privatisée à partir de 1986 par Edouard Balladur. Il raconte les grandes man?uvres récentes telles que BNP/Société Générale/Paribas. Il s'interroge sur les dérives qui menacent le fantastique essor des banques et compagnies d'assurances mutualistes. A la tète de la Banque Indosuez, puis des AGF, Antoine Jeancourt-Galignani a été l'un des acteurs de cette révolution financière. Son témoignage de première main nous fait entrer de plain-pied dans le maelström de la mondialisation.
Une maison du Val de Loire. Un grand parc. Les arbres y tombent. Le maître de maison, un vieil homme, s'inquiète et écrit à sa fille. Elle vient aussitôt le rejoindre, sans oser se formuler que cet appel au secours sera peut-être le dernier. Ce père a été si puissant, si actif, si authentiquement admirable ! Et maintenant, en retraite, déparé de tous ses attributs sociaux, Paul va tenter de parler à Zélie, comme Zélie va tenter de parler à Paul. Demeure entre eux ce sentiment difficile à élucider, l'amour d'un père et d'une fille. Un face à face pudique, candide, parfois douloureux, se développe. De jour en jour, la faiblesse de Paul se révèle. De jour en jour, Zélie supporte avec peine de le voir faillir. Dans le parc qui s'effondre, le vieil homme et la jeune femme tentent de se dire ce qu'ils n'ont jamais osé se dire, retournant ensemble sous les frondaisons où, quinze ans plus tôt, ils n'ont pas pu empêcher leur fils et frère de mourir. Arrive un troisième personnage, Luc, qui bouleverse leurs retrouvailles. Il va mener Paul et Zélie à se confronter à leur histoire tragique. Qu'est-ce que l'amour d'une fille pour un père ? Qu'est-ce qu'un secret de famille enfoui ? Qu'est-ce qu'un homme une fois que sa vie touche à sa fin, est dépouillée du pouvoir, de l'aura sociale et de tout compte moral ? Une vie qui exprime son sens dans une ultime métamorphose ? Un roman d'une beauté simple et tragique, qui révèle toute la maturité littéraire d'Oriane Jeancourt Galignani. Une histoire universelle.
Rassemblées dans la Bible, les psaumes sont des prières qui accompagnent la vie des croyants depuis des siècles. Ce coffret en propose 40, adaptés pour les enfants. Chaque texte, illustré avec poésie, prend sa place sur une carte, que l'enfant choisira au gré de ses envies, pour se confier à Dieu. Avec : un livret pour mieux comprendre les psaumes, découvrir leur origine millénaire et leur signification, un petit chevalet pour poser les cartes, à installer sur la table de nuit ou dans un coin prière et 40 cartes magnifiques à lire ou à contempler.
Résumé : Amsterdam, 1642. Maîtresse d'un peintre célèbre, Margot Von Hauser découvre dans son atelier une fascinante gravure. Qui est cette obsédante Femme-écrevisse à corps humain et à tête de crustacé ? Berlin, 1920. Ferdinand Von Hauser rompt avec sa famille pour devenir acteur de cinéma. De film en film, il découvre qu'en lui sommeille un incontrôlable délire. Et à l'image de cette Femme-écrevisse qu'enfant, il adulait, sa personnalité semble se diviser. Paris, 1999. Grégoire Von Hauser se croit libre de quitter son pays, d'aimer une inconnue, de choisir sa vie. C'est ignorer les ordres mystérieux de la Femme-écrevisse qui se transmet dans sa famille depuis des générations. Avec lui, un désordre fatal surgit. Puissant, évocateur, troublant, La femme-écrevisse est le roman de l'éternelle folie des coeurs sensibles dans une société éternellement impitoyable.
L'esprit du Zen fut introduit au Japon chez un peuple dont la guerre était l'occupation habituelle. Ce fut le génie du Zen de transformer les techniques brutales de la guerre en arts qui ne se souciaient plus seulement de l'efficacité guerrière mais de la recherche de soi-même. Le sabre, l'arc et la flèche, instruments de mort devinrent des supports de méditation. Sous cette influence naquit le Bushido, code d'honneur, discipline chevaleresque qui recommande le désintéressement et le mépris de la mort. Tant et si bien que le Zen fut cette voie d'éveil, appelé "la religion des samouraïs." En termes vifs et imagés, parfois même en s'amusant, Maître Deshimaru répond aux questions de ses disciples, sans jamais leur faire oublier que Zen et arts martiaux sont l'apprentissage de la vie et la mort.
Djalâl-od-Din Rûmî que le monde de l'islam désigne, par respect, comme "notre maître" (Mawlânâ, Mevlana en turc) n'est pas seulement l'un des plus grands penseurs mystiques de tous les temps, un voyant qui (au XIIIe siècle !) parlait de la fission de l'atome et de la pluralité des systèmes solaires, c'est aussi l'un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs. La mise de l'homme au diapason du cosmos, l'oratorio spirituel des derviches qui symbolise la ronde des planètes autour du soleil et, à un second niveau, la recherche du Soi, sont longuement célébrés dans les Rubâi'yât: comme les atomes, le soufi danse, et la musique ne fait que "réveiller les mystères du coeur".
Le Livre de la Voie et de la Vertu (Tao Te King) est attribué à Lao Tseu (ve-IVe siècle av. J.-C.). C'est une superbe prose classique. Elle jaillit comme le souffle de l'univers entre le Ciel et la Terre. La Voie, comme leur principe unique, produit tous les êtres. Elle les contient, elle les soutient, elle les régit, maintenant leur cohérence intime et leur cohésion globale. D'un seul mouvement du coeur, contemplons le repos de cette Mère, observons les enfants qui sortent d'elle. Tel est le monothéisme si vivant des Chinois. Le Taoïsme sécrète l'optimisme, désarme l?agressivité, élude les difficultés, avec la grâce du naturel propre à l'esprit chinois.
Résumé : Après avoir donné naissance à une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez Borélia. La compagnie d'assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetée par un groupe qui promet de la moderniser. Cora aurait aimé devenir photographe. Faute d'avoir percé, elle occupe désormais un poste en marketing qui lui semble un bon compromis pour construire une famille et se projeter dans l'avenir. C'est sans compter qu'en 2010, la crise dont les médias s'inquiètent depuis deux ans rattrape brutalement l'entreprise. Quand les couloirs se mettent à bruire des mots de restructuration et d'optimisation, tout pour elle commence à se détraquer, dans son travail comme dans le couple qu'elle forme avec Pierre. Prise dans la pénombre du métro, pressant le pas dans les gares, dérivant avec les nuages qui filent devant les fenêtres de son bureau à La Défense, Cora se demande quel répit le quotidien lui laisse pour ne pas perdre le contact avec ses rêves. A travers le portrait d'une femme prête à multiplier les risques pour se sentir vivante, Vincent Message scrute les métamorphoses du capitalisme contemporain, dans un roman tour à tour réaliste et poétique, qui affirme aussi toute la force de notre désir de liberté.
L'Amazonie.Perdue sous la canopée, une tribu d'Indiens isolés, fragilisés, menacés par les outrages faits à la forêt. Au-dessus de leurs têtes, un homme d'affaires seul et pressé, aux commandes de son avion, survole l'immense cercle formé par la boucle du fleuve délimitant leur territoire.Une rencontre impossible, entre deux mondes que tout sépare. Et pourtant, le destin va l'organiser.À la découverte de la " Chose ", tombée du ciel, un débat agite la tribu des Yacou : homme ou animal ? C'est en essayant de leur prouver qu'il est humain que l'industriel finira par le devenir.Le Cercle des Hommes n'est pas seulement un puissant roman d'aventures, d'une richesse foisonnante, c'est aussi un livre grave sur le monde d'aujourd'hui et notre rapport à la nature.Photographe, journaliste, réalisateur, Pascal Manoukian a couvert un grand nombre de conflits. Ancien directeur de l'agence CAPA, il se consacre désormais à l'écriture. Il a publié notamment, au Seuil, Le Paradoxe d'Anderson.
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.