Les fouilles conduites de 1962 à 1965 par la mission archéologique de l'Indus, avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères et européennes et la collaboration du département d'archéologie et des musées du Pakistan, sur le site de Nindowari dans le Balochistan méridional, n'avaient encore jamais été publiées, exception faite d'un court rapport sur les deux premières campagnes. Cette publication reprend l'ensemble de la documentation laissée par Jean-Marie Casal (1905-1977) sur la seule fouille jamais réalisée d'une agglomération de la culture de Kulli qui, au IIIe millénaire avant notre ère, a été en partie contemporaine de la civilisation de l'Indus. Ces données anciennes, réinterprétées dans le cadre de travaux archéologiques plus récents, permettent de présenter une véritable synthèse sur l'origine et le développement de la culture de Kulli, ainsi que sur la question de ses relations avec la civilisation de l'Indus et l'ensemble des sites des régions indo-iraniennes au cours du IIIe millénaire avant notre ère.
Catalogue de l'exposition qui se tiendra au musée Guimet du 16 mars au 6 juin 2005. En Corée, comme en Chine, la peinture est la soeur de la calligraphie et de la poésie. A travers des collections privées largement inconnues il s'agit de montrer la richesse de la tradition picturale en Corée sous la période Choson à la fois en peinture et en art du pinceau. Les thématiques sont des paysages, des fleurs, des oiseaux mais existe aussi un art de la couleur souvent surréaliste. Les quatre "plantes nobles", le bambou, le prunier, l'iris et le chrysanthème renvoient à l'idéologie confucéenne, en suggérant le rythme des saisons et le temps qui s'écoule.
Cet ouvrage fait le point des connaissances sur le comportement alimentaire des ruminants : composition des aliments, caractéristiques de l'ingestion et de la rumination, écosystème microbien, contenus digestifs, motricité et transit, sécrétions...
L'antimaçonnisme a pris naissance pratiquement en même temps que la franc-maçonnerie moderne elle-même, en 1717. Dès 1738, le pape Clément XII condamnait la nouvelle société, et la plupart de ses successeurs firent de même jusqu'au XXe siècle. À la fin du XVIIIe siècle, l'abbé Barruel élabore la thèse du complot maçonnique qui menace la cohésion de la France en sapant l'Eglise, l'Etat et la société. Les antimaçons ne font pas dans la nuance; ils brossent le tableau d'une terrifiante mécanique occulte où les francs-maçons sont soutenus à l'intérieur par les juifs et les protestants, et sont aidés de l'extérieur par des puissances étrangères hostiles à la patrie française. Avec la recrudescence du conflit entre l'Etat et l'Eglise, qui fait suite à l'Affaire Dreyfus, les organisations antimaçonniques se développent puis, après la Révolution bolchevique et la publication des Protocoles des Sages de Sion, le thème du complot maçonnique se métamorphose en théorie du complot judéomaçonnique mondial. Les francs-maçons sont alors considérés comme étant au service de la conspiration juive qui vise à installer la domination universelle d'Israël. Ce passé révolu a laissé des traces. L'antimaçonnisme est toujours vivace, et les mêmes accusations reviennent de nos jours en termes qui rappellent singulièrement un passé à peine enfoui dans la mémoire collective: soupçons, complot...
Alors que l'industrie surgit et déploie son ombre sur l'Europe au début du XIXe siècle, des groupes de travailleurs appartenant à des mondes sociaux et culturels très variés choisissent la voie de la révolte en s'attaquant aux machines perçues comme des " tueuses de bras " et des " voleuses d'emplois ". Ces violences populaires furent longtemps rejetées du côté de la tradition et de l'archaïsme par une histoire sociale et économique condescendante. En suivant les pérégrinations des machines au début de l'industrialisation et les réponses diverses et ambiguës qu'elles suscitent, cet ouvrage entend offrir au contraire une approche compréhensive de l'avènement du monde industriel. L'étude des conflits suscités par la mécanisation montre que le changement technique n'advient que s'il est compatible avec les idéaux et les normes des communautés professionnelles et locales. L'ampleur des résistances et des violences ouvrières est étroitement liée aux conjonctures socio-économiques, aux organisations productives, comme aux singularités des systèmes techniques et aux possibilités données aux acteurs de les tester et de les bricoler. L'émeute s'inscrit par ailleurs dans un continuum de stratégies et de formes d'action, elle est encadrée par des rituels complexes avec ses symboles, ses normes, ses pensées alternatives à l'idéologie du progrès. Mais les bris de machines deviennent aussi des mythes au fur et à mesure que la question sociale envahit l'imaginaire du XIXe siècle. Le spectre de ces violences est sans cesse manipulé par les fabricants en quête de protection, ou par les économistes soucieux de prouver l'utilité sociale de leur science. La figure du briseur de machines devient progressivement le symbole de la barbarie passée qui doit disparaître avec l'affirmation du progrès. C'est donc à une archéologie de monde industriel qu'invite cet ouvrage, en partant en quête des trajectoires oubliées, des actions et des mots rendus invisibles des vaincus. Alors que la question des risques et des crises environnementales resurgit avec force dans l'espace public, redéfinissant en profondeur les rapports entre technique et société, il est plus que jamais nécessaire d'étudier l'historicité du monde industriel et d'en comprendre la genèse conflictuelle.
Roman à trois voix, "Exils africains" évoque de manière saisissante l'univers colonial tel que le vivent les trois protagonistes. Sandro Romano-Livi, le juif italien, qui quitta son île méditerranéenne, à destination du Congo belge et qui nous entraîne dans la région du Katanga et des Grands Lacs à la découverte de cette Afrique coloniale et de ses populations. Florence Simpson, sa fiancée anglicane, ayant grandi en Rhodésie du Sud (le Zimbabwe d'aujourd'hui). Elle nous parle de son enfance et de son mariage avec Sandro, de la naissance de leurs deux filles, Astrid et Dalia. Mais aussi de leur nouvelle vie en Italie après les sanglants événements survenus au Congo, après l'Indépendance. Elle et son mari auront ainsi vécu un double exil. Enfin, la parole est donnée à David-Kanza (Daviko), l'enfant métis que le meilleur ami de Sandro a eu avec une Congolaise, et que Sandro adoptera. Chacune de ces voix, avec délicatesse mais réalisme nous livre sa vision de l'Afrique coloniale et nous questionne sur les blessures de l'exil.
C'est dans le grenier de la maison familiale, au fond d'un coffre fermé depuis longtemps que Miguel Haler et les siens ont découvert, il y a quelques années, cinq carnets manuscrits. Ils avaient été rédigés par le grand-père paternel, sur le front et précieusement gardés, puis oubliés... Retrouvant ainsi son aïeul, disparu depuis longtemps, Miguel Haler a décidé de le faire revivre par l'écriture. Ces phrases et ces mots, simples et forts, écrits par le simple ajusteur devenu soldat et malgré lui chroniqueur de l'indicible, ont été ici repris par l'écrivain, son descendant. Miguel ne réécrit pas mais accompagne ce qui est déjà écrit, précisant les lieux et les situations, se glissant ainsi dans la peau de celui qui combat et souffre. Moi, Joseph l'Alsacien est ainsi devenu la chronique journalière, remaniée et enrichie, humaine et humaniste, de celui qui, au soir de sa vie, était appelé affectueusement "Pépé piquant"...
Tandis que les pays riches restent depuis cinq ans obnubilés par "la crise" qui, par ses turbulences inattendues en haute altitude, trouble un peu l'expansion de l'opulence à laquelle ils sont habitués, et que la Chine pour sa part semble atteindre un palier de transformation dans sa prodigieuse croissance, l'Afrique connaît à bas bruit une mutation positive où s'esquisse une émergence qui étonnera le monde. Les plaies endémiques de ce continent (maladie, pillage, guerres, corruption, etc.) reculent tandis qu'une croissance soutenue amorce un chemin de réel développement pour une population en passe d'égaler avant longtemps celle de la Chine ou de l'Inde. Plus significatif encore, le morcellement qui a toujours fragmenté ce continent commence à le céder à une extension rapide de toutes les formes de mise en réseau, tandis que les effets d'une vaste diaspora tissent partout des liens vivaces avec le reste du monde. L'Afrique, dernière venue dans l'immense mouvement tectonique d'émergence qui transfigure le monde depuis un tiers de siècle, apporte à l'humanité l'énergie d'un renouveau avec lequel il faudra compter, et dont les promesses invitent à passer envers elle d'une culture de l'aide à une éthique de la synergie.
Un trentenaire, après des années de formation et de vaines tentatives, trouve enfin un emploi auprès d'un laboratoire public. L'unique tâche qui lui est confiée étant de vérifier le matériel livré chaque matin.Ses journées se passent ainsi, dans la contemplation du vide. Pour tromper l'ennui, il déambule dans le bâtiment et ouvre le placard n° 13. Là, il trouve des dossiers stupéfiants sur les «symptomatiques», cohorte étrange où se mêlent un «hibernaute» qui a dormi 172 jours, un Pinocchio dont le doigt de bois - une prothèse - reprend chair et sang, un néo-hermaphrodite capable de se reproduire seul et quelques buveurs de pétrole et mangeurs d'acier. Mais le placard n° 13, qui accueille ces cas délirants, est surtout la boîte de Pandore du monde à venir. Les symptomatiques sont les pantins perdus qui font face à la réalité de notre monde.Peinture incisive de notre société, satire féroce, Le Placard s'inscrit dans la lignée des Temps Modernes de Chaplin. Drôle et mordant, mariant avec talent dérision, humour et tendresse, Kim Un-su donne au narrateur une distance particulière. On pensera aussi à Céline, peut-être et surtout à Voltaire et son Candide.Kim Un-su est né en 1972 à Busan, Corée du sud. Après des études de littérature coréenne à l'université Kyung Hee, il publie en 2003 son premier roman Quitter Vendredi, remarqué par la critique. En 2006 avec Le Placard il est le lauréat du prix Munhakdongne. Son dernier roman Les planificateurs a été publié en 2010.