Cinéaste queer et punk anglais, Derek Jarman apprend sa séropositivité en 1984 et décide de quitter la ville pour s'installer dans une cabane de pêcheur, au pied d'une centrale nucléaire. Il se met en tête de passer les jours qui lui restent à y cultiver un jardin déraisonnable et magnifique : battu par les vagues, le vent, et pourtant résolument fertile. Nature moderne est le journal sans fard de ses dernières années dans cette improbable oasis construite de ses mains, refuge face à la violence de l'époque et à la montée de la maladie. Il est une célébration lumineuse de ce qui vit malgré tout : l'amour et les corps, la littérature et le cinéma, les mauvaises herbes et les goélands. "Nature moderne est le livre que j'aime le plus au monde. Je n'ai jamais rien lu si souvent et rien n'a jamais eu sur moi une influence si profonde. [... ] Derek m'apparaît encore comme le meilleur, mais aussi le plus radical des nature writers, parce qu'il refuse d'exclure le corps de sa sphère d'intérêts ; il documente les marées montantes de la maladie et du désir avec autant de soin et d'attention que la découverte d'un argousier ou d'un figuier sauvage". Olivia Laing
Résumé : Depuis quelque temps, Léonard ne reconnaît plus son grand-père, qui fait sans cesse des étourderies, confond même le jour et la nuit...Avec les amis du vieux roi Lion, Léonard arrivera-t-il à aider son grand-père ?
La publication d'Être et temps en 1927 a fait de Martin Heidegger une figure d'importance dans le panorama philosophique allemand des années 1920. Au cours des années suivantes, il voyage pour donner des conférences qui attirent tant les philosophes que les curieux captivés par la réputation du penseur de la Forêt Noire. Or, plutôt que de se contenter de présenter le projet de 1927, ces conférences ont déjà l'ambition de le dépasser. Ce livre examine le contenu de quatre conférences inédites (L'anthropologie philosophique et la métaphysique du Dasein, Hegel et le problème de la métaphysique, La considération sur le temps de Saint Augustin, Philosopher et croire) tout en retraçant les événements importants qui ont marqué la vie de Heidegger durant ces années de transition que furent 1929 et 1930.
Ce livre montre que Heidegger n'a pas toujours prôné le dépassement de la métaphysique et qu'il s'est même réclamé, entre 1927 et 1930, d'une pensée ouvertement métaphysique. Guidé par la découverte de la structure onto-théologique de toute pensée métaphysique, Heidegger a alors cherché à élucider les liens qui unissent l'universalité et la primauté d'un tel questionnement. Prenant appui sur l'ensemble des textes (dont plusieurs conférences encore inédites), cet ouvrage constitue la première tentative de saisir les visées et la grandeur du projet métaphysique heideggérien. La dernière philosophie de Heidegger a fait ombrage à ce projet résolument métaphysique. Mais elle ne saurait faire qu'il n'ait pas existé. Un livre comme celui-ci est donc indispensable si l'on veut comprendre non seulement ce qui aurait pu être, mais aussi ce qui fut. (Préface de Jean Grondin)
Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d?amour et le lendemain? Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse? Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l?homme qu?elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l?enquêtrice de la vie d?une autre. Ou plutôt de sa propre vie. C?est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l?amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l?existence.
A bord du Grand Train, puissant, immense, tout de verre et d'acier. En échange de la vie des passagers, un modeste employé accepte de devenir le dépositaire d'un terrible secret : l'emplacement de la clé qui pourrait détruire Dieu. Or, l'Homme craint Dieu et Dieu ne craint que la clé? Terreur, mystère, fantastique, tous les genres se mêlent dans ce voyage hallucinant à travers les zones d'ombre de la foi d'où l'on revient avec une seule certitude : cet écrivain est diabolique. Puissant, immense, tout de verre et d'acier, le Grand Train de 7h45 vient de s'ébranler à destination de Hambourg, quand, à son bord, le modeste employé Daniel Kean distingue une flaque rouge de sang aux pieds d'un passager. Pour déjouer l'attentat imminent, le jeune homme amorce le dialogue avec le kamikaze agonisant qui lui susurre quelques mots à l'oreille. Le voilà dépositaire malgré lui d'un effroyable secret : l'emplacement de la ?Clé? qui pourrait détruire Dieu, détruire surtout la crainte qu'il inspire aux hommes. Flatté, menacé ou manipulé par deux bandes rivales qui se disputent cette boîte de Pandore, Daniel s'immerge dans un univers peuplé d'ombres, traverse des ténèbres et affronte des mythes et des divinités archaïques. Tels Verne, Stevenson ou Lovecraft, José Carlos Somoza conduit ce thriller futuriste vers des terres inexplorées, des continents entourés de marais, des océans contenus dans des cercueils de verre, orchestrant l'éternelle bataille, ici magistralement renouvelée, entre les armées du bien et du mal. De ce voyage hallucinant dans les méandres de la foi, on revient riche d'une seule certitude : ce ?pour ou contre? Dieu qui a forgé notre conscience d'être au monde, cette croyance ou le déni qui règlent nos vies, il faudra admettre qu'ils reposent sur la seule puissance fabulatrice des hommes. Un postulat bâti sur une légende !
Dvorák a cinquante et un ans lorsqu'il débarque sur le sol américain. Il est ébloui par le port de New York, sa rumeur, le brouhaha et les émanations musicales qui s'en élèvent çà et là. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie intégrant partiellement ces éléments. Aussi son oeuvre se colore-t-elle de thèmes inspirés de la musique noire ou indienne, mais également du folklore porté par les immigrants venant des quatre coins de l'Europe, le tout mêlé aux réminiscences de sa vieille Bohème. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine mais, par sa symphonie aux accents pluriculturels, il en cristalise l'esprit, lequel fera école chez Gershwin, Copland, Cage ou Bernstein... La Symphonie n°9 s'imposera vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur et deviendra l'un des monuments de la littérature pour orchestre. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare Sérénade en ré mineur complète l'enregistrement.