Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Traité des vertus. Tome 2, Les vertus et l'amour, 2e partie
Jankélévitch Vladimir
FLAMMARION
11,00 €
Épuisé
EAN :9782081252394
Le tome II du Traité des vertus, intitulé Les Vertus et l'Amour, est consacré à la description des " vertus ", depuis celle du commencement (le courage) jusqu'à celle de la terminaison (la charité), en passant par celles de la continuation et de la conservation (la fidélité, la justice). Il distingue en outre cieux plans tout à fait hétérogènes : celui des vertus de l'intervalle (fidélité, patience, modestie, amitié), que l'homme peut " posséder " et " garder ", mais qui, à peine acquises, tournent en mécanique vertueuse, radotage, complaisance pharisienne et hypocrisie ; et les vertus de pointe (humilité, générosité, sacrifice) que l'homme ne possède jamais, qu'il effleure seulement, d'une tangence impondérable, le temps d'une étincelle et d'une " apparition saisissante ". Vaut-il mieux être, au premier sens, un rentier de la vertu et un vertueux gredin, ou, au sens métempirique, le saint ou le héros d'un instant ? L'amour résout peut-être, dans une certaine mesure, cette alternative, qui est aussi celle du bonheur et de la joie.
Qu'est-ce que l'ironie? Quelles en sont les formes? Quels en sont les pièges aussi? Autant de délicates questions auxquelles l'auteur répond, non sans ironie lui-même, avec l'aide d'une infinité d'exemples qui montrent son immense culture, musicale aussi bien que philosophique. Sommairement, qu'est-ce que l'ironie, sinon la conscience, mais une bonne conscience joyeuse, ce en quoi elle se distingue de l'hypocrisie? Pas d'humour sans amour, ni d'ironie sans joie. L'ironie, en somme, sauve ce qui peut être sauvé. Elle est mortelle aux illusions; partout elle tisse les toiles d'araignée où se prendront les pédants, les vaniteux et les grotesques. "Ironie, vraie liberté!", s'écrie Proudhon au fond de sa cellule de Sainte-Pélagie. L'ironie remet tout en question; par ses interrogations indiscrètes elle ruine toute définition, dérange à tout moment la pontifiante pédanterie prête à s'installer dans une déduction satisfaite. Grâce à l'ironie, la pensée respire plus légèrement quand elle s'est reconnue, dansante et grinçante, dans le miroir de la réflexion.
Les choses respectables sont relatives et contradictoires, mais le fait de respecter ne l'est pas. Et ainsi, de même que la vie, sans cesse réduite à des phénomènes physico-chimiques par le mécanisme, se reconstitue toujours au-delà dans son irréductible vitalité, de même la liberté, réduite à des déterminismes, se reconstitue à l'infini dans son irréductible responsabilité. Tel est le"Cogito moral": chassez-le par la porte, il rentre par la fenêtre ou par la cheminée; bouchez toutes les issues, vous le retrouverez assis à votre table; comme l'ombre de la conscience selon Musset et l'oeil du remords selon Hugo, il est ce qui nous suit partout et à quoi nul ne peut échapper".
Le problème central du tome III du Traité des vertus, après Le Sérieux de l'intention et Les Vertus et l'amour, est la méchanceté, et il aboutit à une métaphysique de l'innocence. Il n'y a pas d'autre mal que la Méchanceté. "Notre tentateur interne est toujours aux aguets, il utilise les moindres brèches; contre ses machinations, endossez l'armure de Dieu. Cette armure, c'est le fort blindage de l'innocence. Bon chevalier de l'innocence! Rendez-nous purs, indifférents et limpides; faites-nous invulnérables à la mauvaise volonté et à la mauvaise foi. Le diable m'était fort que de noire faiblesse, qu'il soit donc faible de notre force".
Pourquoi la mort de quelqu'un est-elle toujours une sorte de scandale? Pourquoi cet événement si normal éveille-t-il chez ceux qui en sont les témoins autant de curiosité et d'horreur? Depuis qu'il y a des hommes, et qui meurent, comment le mortel n'est-il pas habitué à ce phénomène naturel et pourtant toujours accidentel? Pourquoi est-il étonné chaque fois qu'un vivant disparaît, comme si cela arrivait chaque fois pour la première fois? Telles sont les questions que pose ce livre sur la mort. Dans chacun de ses ouvrages, Vladimir Jankélévitch a essayé de saisir le cas limite, l'expérience aiguë: à son point de tangence avec ces frontières, l'homme se situe à la pointe de l'humain, là où le mystère, l'ineffable, le "je-ne-sais-quoi", ouvrent le passage de l'être au néant, ou de l'être à l'absolument-autre. Il s'attache ici à analyser un évènement considéré dans sa banalité et dans son étrangeté à la fois, dans son anomalie normale, son tragique familier, bref, dans sa contradiction. "Si la mort n'est pensable ni avant, ni pendant, ni après, écrit Jankélévitch, quand pourrons-nous la penser?" Et il entreprend cette tâche périlleuse: conter l'inénarrable, décrire l'indescriptible.