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Ethiopiques et autre nouvelles
Jancar Drago ; Lück Gaye Andrée
ARFUYEN
13,00 €
Épuisé
EAN :9782845901681
Un jour de mai 1945, quelque part dans les montagnes de Slovénie, une unité militaire manqua la cote qu'un commandant avait marquée sur sa carte, la veille au soir, à la lueur d'une lampe de poche, et se retrouva au-dessus d'un village inconnu après une longue nuit de marche. Sur le versant boisé, l'éclat de la lumière du matin perçait à travers les branches et entre les troncs, éblouissant les hommes de la nuit. Sans avoir reçu de consigne, ils s'arrêtèrent, leur instinct aiguisé par une longue pratique de la guerre les fit se cacher derrière les arbres et dans les fourrés. Un soleil printanier baignait le chaud paysage couché à leurs pieds, leurs regards anxieux errèrent d'abord sur les hauteurs puis s'arrêtèrent sur la neige étincelante des lointaines montagnes qu'ils devaient franchir. Leurs yeux fatigués se dérobèrent à l'éclat douloureux de la neige, s'égarèrent dans la vallée en suivant la pente douce jusqu'à l'orée du bois. Là, derrière une butte herbeuse, un clocher blanc s'élançait vers le ciel. En avançant, ils aperçurent soudain un village aux maisons frileusement serrées contre la colline et paresseusement rassemblées autour de la petite église. Et là, ils découvrirent une scène étonnante, mystérieuse.Une flamme brûlait sur la toiture en bardeau de l'une des maisons. Presque sans fumée, comme si le feu n'avait surpris le bois léger du toit qu'un instant plus tôt. Un craquement sec se fit entendre, l'air chaud ondulait au-dessus du feu dans la clarté pure du matin. On avait l'impression que ce feu allait sauter sur le toit voisin d'un instant à l'autre, mais hormis son crépitement sec, aucun autre bruit n'arrivait du village, aucun appel, pas un cri, pas un meuglement ni un aboiement, absolument aucun son, humain ou animal. Près d'une maison au bout du village, sur la route qui conduisait à la vallée se trouvait un chariot chargé. Les deux chevaux qui devaient le tirer gisaient sur le sol. Comme si quelqu'un avait voulu les atteler pour emmener le chargement dans la vallée et qu'il s'était ravisé au dernier moment et les avait abattus juste devant le chariot. On avait jeté sur le chariot quelques porcs égorgés, blancs comme des cygnes et couverts d'un amas brun foncé de volailles encore frémissantes, des porcelets étaient étendus entre de grands cochons dont la viande fraîche débordait par-dessus les ridelles. La vache avait dû être tuée en dernier. Sa panse gigantesque gisait à côté du chariot, en quelque sorte indépendante, un peu séparée d'elle, recouvrant sa tête, comme si, dans un dernier effort avant de mourir, elle s'était glissée entre les roues; elle ressemblait à un ballon jaunâtre gonflé et ses pattes continuaient de battre l'air, à bout de force. Oubliant leur prudence habituelle, les hommes se levèrent pour contempler, étonnés, la scène muette devant eux où il n'y avait pas le moindre signe de vie. Ils regardèrent d'un air interrogateur le visage hirsute de leur commandant qui se demandait s'ils devaient battre en retraite dans le bois ou s'engager dans le village. Il fit quelques pas dans la descente, ensuite il se jeta sur le sol, pressa son visage sur l'herbe humide et une fraction de seconde plus tard, les militaires s'allongèrent aussi derrière lui, mais sans voir ce que voyait le commandant. L'espace d'un instant, un outil fit entendre un bruit métallique, ensuite le silence régna de nouveau.Le commandant eut l'impression de voir des silhouettes allongées le long des maisons.
Le 1er janvier 1938, Josef Erdman, un homme d'affaires autrichien, descend en gare de Maribor, petite ville slovène où sa famille a vécu avant la Première Guerre mondiale. En attendant d'y retrouver son associé Jaroslav, il lie connaissance avec différents notables, séduit la troublante Margerita, traîne dans les cafés. Mais Jaroslav ne vient pas. Existe-t-il seulement ? Tandis que le monde est sur le point de basculer dans l'abîme, Erdman s'enlise dans une attente sans objet, comme prisonnier de son personnage et de Maribor. L'apparition d'une aurore boréale lui semble pourtant annoncer de nouveaux bouleversements dans son existence... Avec ce récit aux accents évocateurs de Franz Kafka et de Joseph Roth, Drago Jan?ar confirme sa place parmi les grandes voix littéraires d'Europe centrale.
Blatnik Andrej ; Tratnik Suzana ; Jancar Drago ; K
Slovénie. Au coeur de l'Europe, le territoire de l'actuelle Slovénie fut dès l'Antiquité au carrefour de nombreux peuples et civilisations. Frontalier de l'Italie, de l'Autriche, de la Hongrie et de la Croatie, ce pays de montagnes, souvent surnommé la Suisse des Balkans, séduit aujourd'hui les touristes de tous horizons par la variété, la beauté et le calme de ses villes et paysages. Pays membre de l'OTAN et de l'Union européenne depuis 2004, la Slovénie s'est battue farouchement au cours de la Seconde Guerre mondiale pour se libérer des occupants allemands, italiens et hongrois et s'incorporer à la République socialiste de Yougoslavie en 1945, et en 1991 pour se libérer de cette dernière et acquérir son indépendance. Les nouvelles proposées ici, entre monde paysan, crépuscule du régime socialiste et satire caustique de la bonne bourgeoisie de la capitale Ljubljana, suffisent à exprimer un peu de l'intimité d'un pays, incarnée par des personnages familiers.
En l'an 1756, tandis que l'Europe s'abîme dans le premier conflit mondial de son histoire, des créatures surnaturelles survolent la campagne slovène. Des temps obscurs s'annoncent. Sur les routes se croisent armées impériales, pèlerins et aventuriers dans la confusion et l'effroi. Les superstitions gagnent du terrain sur la foi chrétienne. Katarina, jeune Slovène avide d'absolu et frustrée par l'indifférence du capitaine Windisch, se joint au pèlerinage en partance pour la cathédrale de Cologne qui abrite les reliques des Rois mages. Depuis son retour des missions du Paraguay que le Vatican a cédées à la couronne du Portugal, les nuits du jésuite Simon Lovrenc sont hantées par les images d'un paradis noyé dans le sang des Guarani. Désemparé face à la raison d'État et le doute qui désormais l'habite, Simon se rallie aux pèlerins. Le temps est en marche. Aux carrefours de l'Europe en guerre, entre passion et répulsion, Katarina, Simon et Windisch entremêlent leur destin. C'est alors que l'excellence des idéaux se frotte à l'épaisseur de la vie.
Veronika Zarnik est une femme libre. Bourgeoise charmeuse et excentrique, elle impose à ceux qui la côtoient une indépendance qui envoûte. Elle inspire à chacun une indécise impression, un sentiment mêlé de tendresse, d'amour, mais également de mépris et de frustration. Inconvenante, non conformiste, elle s'adapte mal aux heures sombres de la Seconde Guerre mondiale. Un étrange soir de janvier quarante-quatre, Veronika et son mari, Leo, disparaissent. Autrefois insaisissable, elle devient une véritable âme errante et cinq voix, hantées à leur manière par son spectre, tentent de reconstituer ce qu'était réellement sa vie.
Les Editions Arfuyen ont publié en 2007 un ouvrage intitulé Etty Hillesum, "histoire de la jeune fille qui ne savait pas s'agenouiller", présentant pour la première fois trois lectures de cette oeuvre : juive (Claude Vigée), chrétienne (Dominique Sterckx) et laïque (Charles Juliet). Cet ouvrage donnait aussi pour la première fois la parole à la famille d'Etty, à travers le témoignage de notre cousine Liliane Hillesum, seule survivante de la famille Hillesum. La collection Ainsi parlait nous offre l'occasion de donner cette fois encore une approche très nouvelle de l'oeuvre d'Etty en revenant au plus près du texte original. Etty y apparaît dans toute l'urgence et la spontanéité de son écriture, écrivain toute débutante rassemblant dans des notes improvisées le matériau de ses futurs livres, quand la guerre serait finie. On trouve ici toute la force et la liberté de pensée de cette jeune femme extraordinaire, affrontée à l'extermination méthodique de tous les siens. De très nombreuses phrases admirables mais perdues dans l'énorme masse du Journal et des lettres (plus de 1000 pages) sont ici mises en relief dans un phrasé qui permet de retrouver un peu le naturel de cette voix. Au travers de ces écrits, ce qui frappe, c'est l'importance et la permanence de Rilke dans sa méditation quotidienne. Au camp de Westerbork, c'est Rilke encore qu'elle emporte (le Livre d'heures) avec la Bible et son dictionnaire de russe. Rilke maître à écrire, mais aussi maître de vie. Et c'est toute une nouvelle approche d'Etty qui apparaît là, sur la ligne de crête entre littérature et spiritualité.
Résumé : " Quelle vie doit-on mener ? La vie que l'on aime. J'aime écrire, j'aime le changement, j'aime lancer mon esprit dans les hauteurs et attendre de voir où il va retomber. " Virginia Woolf écrit ses lignes dans le monumental Journal qu'elle a commencé de rédiger lorsqu'elle avait 15 ans et qu'elle tiendra jusqu'à sa mort. Et dans une lettre à Horace Walpole ce qu'elle écrit poursuit même interrogation : " Je pense parfois que seule l'autobiographie relève de la littérature ; les romans sont les pelures que nous ôtons pour arriver enfin au coeur qui est vous ou moi, rien d'autre. " C'est la vie qui intéresse Virginia Woolf, et rien d'autre. Qui l'effraie aussi : " La vie, pour les deux sexes est ardue, difficile, une lutte perpétuelle. Qui demande un courage et une force gigantesques. " Ces lignes, elle les écrit dans un recueil de conférences intitulé Une chambre à soi. Dans ses journaux, lettres, essais, il n'est rien dont Virginia Woolf ne fasse l'objet de son écriture. Car écrire, pour elle, c'est avant tout se libérer : " Le premier devoir de la femme écrivain, c'est de tuer l'Ange du Foyer " (Journal). Il faut avoir lu, bien sûr, les géniaux romans de Virginia Woolf ? Mrs Dalloway, Les Vagues etc. ?, mais elle ne ?y trompait pas : c'est dans les écrits autobiogra-phiques que nous arrivons avec elle " au coeur " : ce " coeur qui est vous ou moi, rien d'autre ".
Résumé : Pour la première fois l'ensemble de l'oeuvre de Tchékhov est offerte au public français sous la forme ramassée de trois volumes de la Pléiade. Le premier tome comporte le Théâtre, traduit par Elsa Triolet, y compris le Platonov, ouvre de jeunesse étrange et touffue, récemment mise à jour, qui profile en un raccourci baroque tout l'univers théâtral du Tchékhov de la maturité. Le théâtre est suivi des Récits pour la période 1882-1886. C'est l'époque des débuts de Tchékhov ; elle est dominée par sa participation aux petites revues satiriques du temps et par la veine humoristique, mais, derrière la fantaisie pittoresque, pointent déjà l'émotion et l'acuité de l'oeuvre ultérieure.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Faust - Excursion dans les Grands-Bois - Assia - Nid de gentilhomme - À la veille - Premier amour - Père et fils - Apparitions - Assez - Le Chien - Fumée.
La Guerre et la Paix est une oeuvre mythique de la littérature russe et universelle, une vaste fresque historique et familiale, modèle de ce que seront les grandes sagas du XXe siècle. Sur le fond des grands événements du début du XIXe ? la campagne de 1805-1806 avec Austerlitz et celle de 1812-1813 avec Borodino et l'incendie de Moscou ? s'inscrivent les chroniques de deux familles appartenant à la noblesse russe, les Bolkonski et les Rostov. Des chroniques faites d'amour et de haine, d'interrogations sur la vie et la politique, traversées par les passions et les doutes.Traduite pour la première fois en français, cette version originelle de La Guerre et la Paix ? il y eut plusieurs éditions souvent différentes du vivant de l'auteur ? se fonde sur l'édition publiée dans « L'héritage littéraire » par l'Académie des Sciences de l'URSS. Elle permet aux initiés de mieux connaître les systèmes de pensée et de création artistique de Tolstoï. Par ailleurs, les réflexions philosophiques allégées, le rythme rapide, l'action resserrée, propres à tenir le lecteur en haleine, sans rien ôter à la richesse littéraire, devraient renouveler l'intérêt pour ce chef-d'oeuvre.
Ma patrie, c'est le langage" : cette formule de Jorge Semprún pourrait servir de titre à chacun des onze essais ici réunis. Extraits de trois recueils publiés aux alentours des années 2000 et qui constituent un univers de résonances, ces essais relèvent à la fois de l'étude linguistique - notamment entre le roumain et l'allemand -, de la réflexion poétique - sur le pouvoir des mots, qui peuvent surgir quand on s'y attend le moins - et du témoignage historique d'une exilée politique. Les lecteurs de Herta Müller y découvriront un ton parfois très personnel, où le récit de la Roumanie des années Ceausescu s'appuie sur certains événements privés bouleversants. Mais ce recueil peut également se lire comme une formidable entrée dans l'oeuvre de la lauréate du prix Nobel de littérature, tant il présente en un seul ouvrage le terrible tableau d'une société servant de matériau à la romancière, le rapport au langage singulier de la poétesse découpant des mots dans le journal, et la pensée analytique fulgurante de la théoricienne.