Fruit d?années de recherches, l?ouvrage en deux volumes d?Ariane James-Sarazin, archiviste, conservateur en chef du patrimoine et directrice des musées d?Angers, s?impose comme une étape décisive dans l?histoire de l?art moderne. Pour la première fois, l?auteur propose le catalogue exhaustif des oeuvres du grand peintre français Hyacinthe Rigaud (Perpignan, 1659-Paris, 1743) : plus d?un millier de numéros organisés chronologiquement, tous rigoureusement étudiés, dévoilent bien des aspects méconnus du portraitiste des élites européennes, à travers peintures, dessins, répliques, copies et gravures. Les amateurs d?art exigeants et passionnés y trouveront l?étude la plus complète jamais publiée sur le peintre et son oeuvre, et une analyse inédite de la peinture, de la société au tournant du Grand Siècle et du siècle des Lumières. Le catalogue est précédé d?une biographie complète du peintre, établie avec une méthodologie rigoureuse, déjà saluée par les spécialistes pour les précédents travaux d?Ariane James-Sarazin sur l?artiste, ainsi que d?une étude fouillée sur la clientèle, le processus de création, l?oeuvre et son évolution. De nombreuses annexes complètent cette somme d?érudition : iconographie du peintre, chronologie raisonnée, généalogies, dictionnaire inédit des élèves et collaborateurs, aperçu de la fortune critique, table de concordance avec l?édition des livres de comptes de Joseph Roman en 1919, sources commentées, bibliographie, pièces justificatives et plusieurs index. Marqueur de l?évolution de la mode et des textiles, révélateur des intrigues de Cour, objet du paraître social, symbole de l?image royale, le portrait, miroir des enjeux d?une époque, offre une mine d?informations aux disciplines connexes de l?histoire de l?art.
Curieux du vaste monde autant qu'amoureux de l'Anjou, quelques grands collectionneurs angevins du XIXe siècle ont, par leur audace et leur goût, façonné les collections des musées d'Angers. L'exposition dont cette publication constitue le catalogue leur rend hommage et jette un éclairage précieux sur leur représentation du monde. Les voyages de ces hommes vers l'Italie, la Grèce, l'Egypte ou les antipodes traduisent une fascination , pour l'Ailleurs très caractéristique de leur siècle que cet ailleurs soit géographique ou temporel, scientifique ou fantasmé. Artistes, antiquaires ou archéologues, ils ont aimé et rassemblé des objets d'une beauté et d'une unicité qui forment ici une extraordinaire invitation au voyage.
Critique acerbe et hilarante de la vie de bureau, la série Open Space est prépubliée en exclusivité depuis plusieurs années dans les pages du magazine Challenge. Jeunes auditeurs aux dents longues et aux idées courtes, directeur financier obsédé par l?argent, directeur général obnubilé par sa propre réussite, direction informatique coupée du monde : l?ensemble des travers de nos entreprises est croqué avec maestria dans ces strips qui n?épargnent personne. Le meilleur remède pour échapper à la crise.
Biographie de l'auteur James nait en 1968. La suite des événements est assez floue dans sa mémoire. Après des études sages, il quitte sa province nantaise pour monter à la capitale. Il y fonde une famille, qui le comble de bonheur, et tente de s'épanouir auprès de ses employeurs, qui le comblent un peu moins. D'une nature peu précoce, il mettra de nombreuses années à réaliser qu'il veut faire de la bande dessinée son métier. Après plusieurs tentatives infructueuses de percer dans ce milieu, il créé en 2005, en compagnie de son compagnon de route La Tête X, le blog Ottoprod Inc qui rencontre rapidement un petit succès d'estime. Le ton développé sur ce blog lui amène son lot d'inimitiés tenaces et de menaces de procès, mais lui ouvre également les portes des revues L'Eprouvette (L'Association) et Jade (6 Pieds sous Terre). Suivront dans la foulée, et toujours chez 6 Pieds sous Terre, deux premiers livres, un recueil de petites histoires muettes métaphysico-humoristiques et une compilation des pages du blog sous la forme de comics. Dix ans de vie de bureau vont finir par lui donner la matière pour entamer la série "Dans mon Open space" dans la collection Poisson Pilote. Au moins, ça n'aura pas servi à rien.
La partie de l'orfèvrerie la plus répandue et utilisée est sans conteste le couvert et la coutellerie, que nous soyons en famille, seuls ou entre amis, dans la cuisine, la salle à manger ou au restaurant. En présentant d'abord le couvert modèle " filet ", très connu de nos grands-parents, l'ouvrage entend présenter un grand nombre de pièces individuelles et de pièces de service, dont nombre ne sont plus utilisées aujourd'hui : serpes à glace, cuillers à verre d'eau, pelles à foie gras et fourchettes à mangues, parmi tant d'autres. Il illustre également les diverses tendances qui ont marqué l'évolution du couvert : des plus japonisantes à l'Art Nouveau fin de siècle. Ce livre n'est pas un simple répertoire de couteaux, cuillers et fourchettes, mais bien davantage un témoignage de l'art de vivre et des arts de la table.
Aucun ouvrage traitant de la dorure et de la polychromie sur bois n'avait été édité depuis de longues années. Le dernier en date, intitulé La dorure sur bois de J.M. Saulo, aux éditions Roret, remonte à 1886 ! Depuis, seuls quelques articles écrits par des techniciens sont apparus dans la presse spécialisée. Gilles Perrault, ancien restaurateur au château de Versailles, expert près la Cour d'Appel de Versailles, nous offre ici une véritable " Somme " sur le sujet, qui passionnera autant l'amateur d'art, que le professionnel soucieux de se perfectionner.
Aux biscuits de porcelaine de Paris sont souvent associés de grands noms de porcelainiers, tels Guérhard, Dihl, Gille jeune, Desprez et Nast. Pendules spectaculaires, statues gigantesques, ou bustes à taille humaine, ces figures ou groupes en porcelaine non émaillée sont pourtant assez méconnus ; on les imagine blancs, mais ils peuvent être bleus, noirs, polychromes ou dorés. Le biscuit parisien est très prisé par des amateurs aussi prestigieux que George Washington et le prince-régent d'Angleterre. Après une présentation des origines de la porcelaine et des techniques de fabrication, Régine de Plinval de Guillebon nous entraîne au coeur de la vie mouvementée de trente et une manufactures des XVIIIe et XIXe siècles, en s'intéressant de près au travail des ouvriers, des artistes et des investisseurs, ainsi qu'au contexte économique général. Observant le rayonnement des manufactures parisiennes en Europe et en France, l'auteur mesure aussi la concurrence étrangère et provinciale. Une analyse approfondie des formes, des couleurs, ainsi que de l'association du biscuit avec le bronze, l'orfèvrerie et le cristal, permet d'envisager l'évolution du style des biscuits, dont huit cents sont cités, et deux cents illustrés dans cet ouvrage. Offrant un indispensable outil d'identification aux chercheurs et aux collectionneurs, un catalogue raisonné des manufactures parisiennes vient compléter cette étude de grande ampleur, dédiée à l'art de la porcelaine à Paris.