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L'Antimondialisation. Aspects méconnus d'une nébuleuse
Jacob Jean
BERG
18,30 €
Épuisé
EAN :9782911289897
D'emblée, on installe aujourd'hui la lutte contre la mondialisation libérale à l'extrême gauche de l'échiquier politique. Et on peut en effet constater que le combat contre le libéralisme économique débridé rassemble des cohortes de jeunes gauchistes désireux d'en découdre avec une logique mortifère qui s'impose, implacable, aux différents pays et jette de plus en plus d'hommes dans la misère. Néanmoins, une telle classification s'exempte de tout examen plus approfondi. Car l'extrême gauche n'a pas le "monopole du coeur" des luttes contre la mondialisation. On oublie ainsi qu'ont existé et - on le verra - qu'existent encore des milieux très conservateurs voire réactionnaires qui se préoccupent de la question sociale. Certains d'entre-eux ont même pris une part capitale à la constitution d'un réseau international opposé à la mondialisation libérale, dont les ramifications s'étendent jusqu'en France.
Pourquoi consacrer un ouvrage aux rites funéraires des Winye ? En premier lieu pour donner un exemple de société dans laquelle bien réussir sa mort et les funérailles qui seront accomplies en son nom est plus important que de réussir sa vie. L'ouvrage, fondé sur des enquêtes de terrain qui se poursuivent depuis 1983, documente abondamment cette question. Il insiste sur le fait que les différentes cérémonies funéraires sont autant d'occasions de régler les dettes du disparu envers les groupes (notamment les castes et la parenté maternelle) qui sont à l'origine de sa vie et de la trajectoire prospère qu'il a pu connaître et de traiter son corps et son âme de telle manière que cette trajectoire se prolonge après la mort. Une fois que ses dettes sont remboursées, son corps lavé, rasé, vêtu et pourvu d'argent pour son voyage, le défunt accède au statut d'ancêtre, c'est-à-dire d'être complet, qui "se possède" . Les biens utilisés pour régler ses dettes, pour ce qui concerne la parenté maternelle, doivent être interprétés non pas comme des compensations - ce ne sont pas des "prix de la fiancée" qui seraient versés de manière différée - mais comme des incitations pour les groupes qui en sont bénéficiaires à poursuivre leurs tâches et leurs activités, à oeuvrer comme leurs ascendants l'ont fait pour doter d'une vie et de destins favorables des enfants à naître (via le don de femmes à marier). Cet ouvrage se justifie en second lieu par la nécessité de conserver une trace écrite à propos de pratiques funéraires qui sont en danger de disparaître ou qui ont déjà disparu. Ces manières complètes d'être et de mourir que développent les Winye et qu'expriment leurs coutumes funéraires sont en effet actuellement de plus en plus contestées et remises en question par d'autres référentiels, proposés par les religions révélées, notamment l'islam et l'évangélisme. Ces cultes, dont l'influence est grandissante dans l'ensemble de l'aire winye et du Burkina Faso, proposent des modalités exhaustives de définition de ce que sont la bonne vie et la bonne mort, qui sont des voies alternatives à celles que propose l'animisme. Leur avantage est d'offrir, au moment du décès, des rituels très simplifiés, peu coûteux en temps, en argent et en relations sociales, donc en adéquation avec les pressions actuelles et la paupérisation économique croissante du monde agricole burkinabè.
Essentielle au droit, la question de la valeur n'a pourtant jamais été prise au sérieux. Et pour cause, dans le sillage des sciences empiriques, la pensée juridique moderne s'est accommodée d'une épistémologie d'après laquelle toute proposition juridique est réputée vraie ou fausse si elle décrit un état de chose "réel" . Conçu comme un ensemble de faits sociaux, objectivement identifiables, le droit s'appréhende comme une discipline promouvant des idéaux scientifiques, dont la neutralité axiologique de l'observateur. Dans ces conditions, la valeur, indémontrable puisqu'elle n'est pas un fait, est renvoyée aux confins du droit. Cet ouvrage vise à souligner l'articulation fondamentale entre la discipline juridique et le concept de valeur qui en constitue le pivot, et à proposer une définition juridiquement satisfaisante de cet objet central pour le droit.
Résumé : Par quelle alchimie le thème de la nature, autrefois si cher à la droite, est-il devenu, dans sa version écologiste, l'apanage de la gauche ? Docteur en science politique et enseignant l'histoire des idées, Jean Jacob défriche les origines intellectuelles de ce courant qui fait désormais partie du paysage politique français. Au-delà de la virulence des débats théoriques entre les partisans de Serge Moscovici et ceux de Robert Hainard, il montre comment les thèses du Club de Rome autour de la " croissance zéro " ont légitimé la démarche des écologistes avant que la dénonciation, à travers l'industrie nucléaire, de la technocratie autoritaire, ne fédère ses militants. Longtemps tiraillée entre, d'une part, idéologues s'interrogeant sur le rapport entre la modernité et la nature, et naturalistes de terrain d'autre part, l'écologie politique se confond de plus en plus avec une logique sociale et une certaine défense des libertés individuelles qui expliquent son ralliement actuel à une forme de socialisme. Une histoire qu'il est indispensable de connaître pour comprendre le développement et les aléas d'une nouvelle et importante famille politique.
Au Burkina Faso, comme dans la plupart des pays africains, la question foncière occupe une position centrale dans la construction politique et le développement économique. Pour les gouvernements, la résilience des systèmes coutumiers, euphémisée dans les discours mais bien réelle dans les pratiques, représente un obstacle majeur à la constitution d'une citoyenneté formelle. Dans cet ouvrage, l'auteur présente le régime foncier actuel des Winye du Burkina Faso et l'analyse comme un ensemble de choix moraux inhérents à toute organisation sociale : mise en valeur des ressources ou conservation de réserves patrimoniales, accroissement politique par accueil d'étrangers ou préservation des prérogatives autochtones, stimulation des intérêts individuels ou respect de l'intérêt collectif. Ainsi, c'est au travers des formes sociales d'accès à la nature que se met en place un ordre politique, une citoyenneté locale : le gouvernement de la nature fonde le gouvernement des hommes. En élargissant la recherche anthropologique et en menant celle-ci en référence à d'autres études réalisées dans la sous-région, l'ouvrage propose une approche critique du traitement des questions foncières dans la recherche africaniste. Il remet en question l'idée d'une évolution inéluctable vers l'individualisation et la marchandisation de la terre et, d'une manière plus générale, apporte des éléments de réflexion au débat sur la construction de l'Etat en Afrique.
Le Peuple forge ses chaînes de Jean-Paul Marat (1743-1793) fut publié à Londres en 1774, à l'occasion de la nouvelle élection du parlement d'Angleterre, ce qui valut à l'auteur bien des déboires. Vingt-cinq ans avant la Révolution française, le livre comportait cette déclaration en dos de couverture : "Le Mal est dans la chose même et le remède est violent. Il faut porter la cognée à la racine. Il faut faire connaître au peuple ses droits et l'engager à les revendiquer ; il faut lui mettre les armes à la main, se saisir dans tout le royaume des petits tyrans qui le tiennent opprimé, renverser l'édifice monstrueux de notre gouvernement, en établir un nouveau sur une base équitable. Les gens qui croient que le reste du genre humain est fait pour servir à leur bien-être n'approuveront pas sans doute ce remède, mais ce n'est pas eux qu'il faut consulter ; il s'agit de dédommager tout un peuple de l'injustice de ses oppresseurs."
Figure de proue de l'anarchisme français, Alexandre Marius Jacob (1879-1954) fut honnête cambrioleur, écrivain, journaliste et mécène de la presse libertaire. Le vol est pour Marius Jacob une arme politique : " Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend. " Ceux qu'on appelle les "travailleurs de la nuit" ne cherchent pas l'enrichissement personnel, mais l'effondrement d'un système inique. Le produit des cambriolages sert avant tout à soutenir la cause anarchiste et à venir en aide aux plus démunis, aux familles des anarchistes emprisonnés ou exécutés. Jacob garde à peine de quoi vivre. Il est très probable qu'il inspira le personnage d'Arsène Lupin à Maurice Leblanc.
Tout argent dépensé par l'Etat doit nécessairement être obtenu par un impôt ou une dette, constate Bastiat. Si nous envisageons les choses sous cet angle, les soi-disant miracles des dépenses de l'Etat nous apparaissent sous un tout autre jour. Ainsi, nous dit-il, c'est une illusion de croire que le gouvernement peut créer des emplois " car pour chaque emploi public créé il détruit un emploi sur le marché. En effet, les emplois publics sont payés par les impôts. Les emplois publics ne sont pas créés, ils sont perçus. De plus, en supprimant un emploi qui répond aux besoins et aux désirs des consommateurs, on le remplace par un emploi qui sert les objectifs des seuls politiciens.
La ville d'Amsterdam a été le laboratoire de l'argent dans sa modernité et celui des libertés dans leur diversité. Libertés gagnées au prix du sang, contre l'Espagne d'un Philippe II cupide et intolérant. Grâce au lien circulaire entre argent et liberté, la ville, après la première révolution européenne qui enfanta la République des Provinces-Unies à la fin du XVIe siècle, fut seule capable dans le monde d'éradiquer le despotisme, la tyrannie, le fanatisme, bien avant les exigences de 1789. Elle accueillit les Juifs fuyant l'inquisition, les Protestants pourchassés dans leurs pays et d'autres hétérodoxes. Elle a aussi permis de faire entendre les voix de Descartes et de Spinoza que nous ne cessons encore d'interroger. Mais doit-on pour autant confondre argent et liberté, fin et moyens ? Amsterdam a-t-elle été fidèle à cette volonté de liberté honnie par les rois et les prêtres mais qui a sauvé des milliers de victimes de la violence et de l'intolérance ? Il appartient au lecteur d'apprécier l'usage que la ville faisait de son argent et de sa liberté, à l'heure où la République vivait son siècle d'or, et de ne pas oublier que le regard sur le passé n'est jamais neutre.