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Mémoire et création poétique
Jackson John E.
MERCURE DE FRAN
20,20 €
Épuisé
EAN :9782715217775
Comment peut-on créer une mémoire ? Mais, inversement, comment ne pas voir qu'en littérature presque toute mémoire est une création ? Proust le dit bien dans l'épisode de la madeleine. S'interrogeant sur l'origine énigmatique de la sensation retrouvée, il note que son esprit est "en face de quelque chose qui n'est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière". Ce livre explore l'espace d'un tel paradoxe. Ce qui chez Proust est décrit comme une mémoire purement individuelle a longtemps connu, dans la tradition, un fondement plus universel. Ce n'étaient pas les souvenirs personnels qui étaient remémorés, c'était le trésor des mythes, des événements ou des modèles qui formaient le fond d'une culture. De du Bellay à Shakespeare, de Ronsard à Chénier, de Racine à Nerval, Baudelaire ou Mallarmé, de Wordsworth à Hölderlin ou, plus près de nous, de Kafka à Celan, à Bonnefoy ou à Claude Simon, les dix chapitres de ce livre tentent de dégager les formes toujours nouvelles par lesquelles l'acte remémoratif rencontre l'acte imaginatif dans une coalescence fondatrice de la création poétique. J. E. J.
Dans Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg, Hans Sachs expose à son protégé ses conceptions : le travail du poète est de fixer et de comprendre sa rêverie. Non seulement les rêves révèlent le plus profond espoir du rêveur, mais encore toute poésie, toute écriture poétique se résout, en dernière analyse, à clarifier le rêve ou sa vérité. Ce lien entre oeuvre et rêve, qui nous semble maintenant aller de soi, n'a émergé en fait qu'avec le renversement romantique dont Rousseau fut le prophète. L'intériorité subjective devient le nouvel horizon poétique. Cette intériorité va reconnaître tout ensemble le rêve, comme l'une de ses dimensions, et le négatif. Le négatif étant à la fois ce que la conscience se découvre ne pas être et la destruction des certitudes diurnes dont le sujet se croyait le détenteur. Le négatif est donc une épreuve, une ordalie de la subjectivité. Cette problématique définit un des aspects essentiels du lyrisme européen. A travers elle, J. E. Jackson éclaire d'un jour nouveau Nerval, Jean-Paul, Rimbaud, Laforgue, Baudelaire, Wagner et Proust notamment.
Quatre décennies ont passé depuis la mort de Paul Celan. Son suicide, dans la nuit du 19 au 20 avril 1970, a créé un vide qui, d?une certaine manière, n?a pas été rempli. Vide parmi ceux qui avaient eu la chance de le connaître, vide dans la poésie de langue allemande qu?aucune grande figure n?est parvenue depuis à combler. La très forte croissance des études qui lui sont consacrées l?atteste à sa façon : tout se passe comme si, pour reprendre le titre de l?article de Maurice Blanchot, Celan avait été, du moins en poésie, " le dernier à parler ", comme si la poésie de langue allemande s?était tue avec lui. Il se trouve qu?ayant commencé à lire Celan vers 1966, j?ai été le témoin de la croissance de sa notoriété. C?est pourquoi, lorsque Yves Bonnefoy et Antoine Compagnon m?ont fait l?honneur de me demander quatre leçons au Collège de France, j?ai pensé que le moment était venu d?essayer de faire le point sur ce que je croyais être parvenu à comprendre d?une ?uvre dont le mystère et la beauté n?ont jamais perdu le pouvoir de fascination qu?elle exerça sur moi dès que je la découvris. Les leçons eurent lieu le 12, 19, 26 mars et 2 avril 2010 à l?auditoire Guillaume Budé. Je n?en ai guère retouché le texte, sinon pour faire deux chapitres de la dernière d?entre elles qui m?a paru aborder deux aspects différents de l??uvre (l?affaire Goll et le changement de poétique introduit depuis Atemwende), ajouter une brève postface, quelques références bibliographiques et atténuer les marques d?oralité qui sont le propre d?un texte prononcé.
Qui es-tu que j'appelle ? Quand je penche mes lèvres pour boire à la source de ton ombre, le passé se trouble et tu disparaîs dans la transparence de l'eau qui n'est plus que matière froide glissant pour un baptême de néant.
Résumé : Le jour baisse déjà lorsqu'ils franchissent un mur de pierres sèches pour se frayer un chemin en direction d'une petite baie. "Ferme les yeux, Martha, et attends que je te dise de les rouvrir". Puis au détour d'un rivage, il dit : "Maintenant". Devant eux, le ciel est en feu, rouge sang et or. Peu à peu il s'assombrit, devenant violet, puis noir, avant que la grande boule de feu ne tombe dans la mer. C'est sur la côte ouest de l'Irlande, au sein d'une nature sauvage, âpre et magnifique à la fois, que Martha, qui vit et enseigne à Londres, est venue faire le point sur sa vie. Son mari, irlandais, brutalement décédé, possédait là-bas un cottage, dans son village natal, face à l'océan et aux inquiétantes îles Skellig. Il y allait souvent - seul ? - et elle plus rarement. Il y a la pluie, les embruns, les feux de tourbe, d'incroyables couchers de soleil, les pubs enfumés où tout le monde chante de vieilles balades. Et des rencontres, souvent inattendues.
La littérature doit beaucoup aux arbres : sans eux, point de livres... Il est donc tout naturel de les trouver nombreux, et par forêts entières parfois, au détour des pages. Pour tous les goûts, pour tous les âges : chêne de la fable de La Fontaine, forêts angoissantes des contes de Grimm, arbres des légendes africaines ou amérindiennes, Saule-Cogneur du cycle Harry Potter... Les arbres accompagnent les lecteurs et les écrivains toute leur vie durant. Ils sont liés à un moment de notre histoire personnelle. Aujourd'hui, alors que la déforestation fait rage et que les arbres disparaissent, on ne compte plus les livres qui traitent de la mémoire des arbres ou de leur vie secrète... Balade en compagnie de Guillaume Apollinaire, Victor Hugo, Théophile Gautier, Jules Renard, José-Maria de Heredia, Federico García Lorca, Paul Claudel, Jacques Prévert, Michel Tournier, Jean Giono, Marcel Pagnol, Jorge Semprun, JMG Le Clézio, Miguel de Cervantès, Jean-Marie Rouart et bien d'autres...
Mae découvrit à son réveil que Peter avait disparu. Elle s'assit, tendit l'oreille et se heurta au silence qui enveloppe un espace lorsque la personne que l'on attend n'est pas rentrée. Parfois les gens sortent et ne reviennent pas. Parfois les malheurs surviennent. Mae le sait depuis qu'elle a six ans. Peter. Son compagnon... L'homme qu'elle était sur le point d'épouser. Mae va vite découvrir que son "fiancé" est en réalité un redoutable escroc qui a la police à ses trousses. Eplorée, elle retourne chez ses grands-parents, qui l'ont élevée et tiennent une auberge sur les bords du Saint-Laurent. Au sein d'une nature magnifique, mais qui peut se révéler dangereuse quand le fleuve se déchaîne, elle va retrouver et affronter ses souvenirs : la mort inexpliquée de ses parents dans la fonte des glaces, la disparition brutale de son inséparable ami d'enfance, Gabe, les silences de sa grand-mère... Et tenter de trouver des réponses.
Nos manuels d'histoire ne nous en citaient qu'une réplique, de loin en loin. On brûlait alors d'en savoir davantage, d'entendre toute la séance, d'y être. Nous y sommes : voici les procès-verbaux authentiques, officiels et intégraux des grandes audiences du Tribunal révolutionnaire. Documents inestimables, ils restituent toute une époque, dans son tragique presque quotidien, dans ses peurs et ses faiblesses, dans sa grandeur aussi. Ils redonnent également vie aux hommes et aux femmes de premier plan de ce temps : Robespierre et Danton, les Girondins et Madame Roland, Marie-Antoinette, Charlotte Corday et d'autres encore. Rien de plus pathétique ici que la froideur sèche du compte rendu : elle nous installe, si l'on peut dire, en direct avec les accusés, comme à la lecture du reportage d'un envoyé spécial sous la Terreur.