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Le Petit livre de la subversion hors de soupçon
Jabès Edmond
GALLIMARD
11,20 €
Épuisé
EAN :9782070295753
Savais-je, jusqu'ici, qu'ouvrir et fermer les yeux, s'allonger, se mouvoir, penser, rêver, parler, se taire, écrire, lire, sont gestes et manifestations de la subversion ; l'éveil venant bouleverser l'ordre du sommeil, la pensée s'acharnant sur le néant afin d'en avoir raison, la parole rompant, en se déployant, le silence et la lecture remettant, à chaque phrase, l'écrit en question ? Savais-je, aussi, qu'il y a des degrés à la subversion, que nous ne sommes vraiment subversifs, dans nos rapports à autrui, que lorsque nous ne nous appliquons point à l'être et que, dans ce climat de non-suspicion, favorisé par notre comportement naturel, personne, autour de nous, ne s'en aperçoit encore ? La vie se dresse, à tous les instants, contre la mort ; la pensée contre l'impensé et le livre qui s'écrit contre le livre écrit. Exister, penser, écrire nous engageraient alors à rechercher indirectement un équilibre intérieur, face à des actes souterrains de subversion, équilibre qui serait enfin trouvé en les laissant librement s'affronter en nous. Nous sommes le lieu écartelé de ces conflits. Nous parvenons à les localiser en les espaçant et en les limitant dans le temps ; c'est ce que nous appelons : vivre, avec nous-même, en harmonie." Edmond Jabès.
Un livre de plus - non pas en plus - mais de plus, comme il peut y avoir un degré de plus pour la chaleur ou bien dans notre relation à l'écrit et à l'infini. La voie où je me suis engagé est celle tracée par mes livres et chacun fut, à son tour, bénévole poseur de bornes. A l'illimité, ils furent sacrifiés. Une femme est entrée dans la demeure. A celui qui, assis, l'attendait, sans vraiment l'attendre, elle a demandé s'il savait le nom qu'elle aurait voulu porter pour exister. Devant le mutisme de celui-ci, elle s'éclipsa pour, à jamais, disparaître. La cause de l'échec de tout dialogue réside dans notre impossibilité de nous révéler, tels que nous sommes, à autrui. Etranger face à des étrangers. Mais le dialogue se poursuit, précisément là où, à travers le silence où se fonde le livre, il n'est plus que l'affrontement désespéré de deux impuissantes paroles en quête de leur vérité". Edmond Jabès.
La difficulté d'être serait-elle liée au nom ? Comme si c'était par le nom inassumable qu'elle se donnait à traduire ?L'interrogation du nom, poursuivie d'ouvrage en ouvrage, depuis le premier Livre des Questions - dont Le Livre des Ressemblances a pris la relève -, n'est-elle, en fait, que notre propre et implacable mise en question à travers le vocable qui nous porte et nous rejette ?Toute allégeance, pleinement assumée, a-t-elle son origine - ô dérision ! - dans l'insupportable constat de l'impossible appartenance que, pour ne pas sombrer, nous nous accordons à nier ?Mais le livre n'est, peut-être, qu'une étape franchie vers l'horizon où tout se simplifie ; car seule la mort est simple. Au coeur du soupçon que chacun de ses mots aggrave ; au seuil du désert où il nous laisse, le livre ne serait, nommé par ce qu'il nomme, que l'ouverture et la clôture infinies du nom". Edmond Jabès.
Avec ces quatre ouvrages : Yaël, Elya, Aely et celui dont le titre est un - mais auquel il a été donné un surtitre : El, ou le dernier livre, s'achève Le Livre des Questions. Récits, interrogations, réflexions, méditations se prolongent et se répondent dans le vide espace où ils se meuvent : large déploiement d'une pensée et d'une écriture, se confondant avec le propre mouvement du livre. Oeuvre ouverte, par excellence ; constamment en dialogue avec elle-même et le monde, au plus proche d'une parole partagée mais, cependant, plus solitaire encore après le partage qui la renvoie au silence, un moment rompu. Parole d'hier et de demain. Blessée et si fragile...
Edmond Jabès, à qui Maurice Blanchot, Gabriel Bounoure et Jacques Derrida ont consacré des études importantes, poursuit la construction de son oeuvre qui échappe à toute classification. Elya fait suite à son dernier livre, Yaël. Page après page nous serons appelés à déchiffrer jusqu'à son ultime et imprévisible métamorphose le visage d'Elya.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.