L'ouvrage "La pensée et les normes" rend hommage à l'oeuvre de Jean-François Kervégan, professeur de philosophie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Les recherches de Jean-François Kervégan s'intéressent depuis plusieurs décennies à deux domaines de la philosophie qui ont pour fil conducteur la perspective d'une philosophie des normativités : la philosophie allemande et la philosophie pratique. En histoire de la philosophie allemande, son actualisation de la pensée de Hegel a marqué les esprits. Mais on lui doit aussi des études sur Kant, Marx, Jürgen Habermas et Axel Honneth. En philosophie pratique, où il a fait entendre une voix originale dans les débats sur Carl Schmitt ou Hans Kelsen, ses écrits sont consacrés en particulier à la question des droits subjectifs, à l'institutionnalisme et à la nature des normes juridiques. "La pensée et les normes" poursuit et discute les pistes de réflexion engagées par Jean-François Kervégan. En écho à ses travaux, les contributions du présent volume examinent les rapports entre les normes et la raison, selon une double perspective d'histoire de la philosophie et d'approches plus contemporaines mêlant philosophie, sciences sociales et droit.
Aubert Philippe ; Jacolin Sophie ; Kocher Isabelle
Résumé : "De moi, on ne comprend de prime abord que le rire - je n'en suis pas avare - et, pour peu qu'on y prête attention, mes enthousiasmes et mes refus. Pour le reste, mes interlocuteurs doivent s'armer de patience et me décrypter lettre après lettre, mot après mot. Certains maîtrisent mon code : l'épellation. Avec les autres, je coiffe ma "licorne", un casque doté d'une antenne grâce à laquelle je parviens, au prix d'efforts, à désigner des lettres sur un panneau fixé devant mon fauteuil. Je m'appelle Philippe Aubert, j'ai 37 ans et je suis invalide moteur cérébral athétosique - quatre mots auxquels on voudrait souvent réduire mon identité. En d'autres termes, je suis rivé à un fauteuil et j'ai besoin d'aide pour le moindre geste de la vie quotidienne : me lever, me coucher, me nourrir, faire ma toilette, lire, écrire, aller au cinéma, boire un verre avec des amis, voyager... Ceci est mon histoire, mon combat, l'expression de ma rage d'exister !"
La France connaît une révolution silencieuse qui pourrait signer la mort de son exception culturelle: la fin du primat de la pensée et du savoir sur le commerce et l'argent dans la hiérarchie des valeurs sociales. L'émergence d'une nouvelle élite d'argent, décomplexée, fait apparaître par contraste le déclassement d'une élite intellectuelle, politique et administrative en pleine crise de légitimité. Or les nouvelles élites d'argent n'ont ni l'envie, ni le temps, d'assumer un rôle dans la conduite des affaires de la Cité. Pour la première fois en France, la richesse ne s'accompagne plus d'une responsabilité politique. Le triomphe de la valeur argent et sa contagion au monde politique, entre droite bling-bling et gauche bobo, annoncent-ils la dilution définitive de l'exception française dans la mondialisation? Un essai bien mené, novateur et percutant.
Cet ouvrage évoque, dans le domaine hispanique et hispano-américain, les moyens d'une "reconquête" de l'espace universitaire français. Par-delà le bilan de la recherche littéraire et de l'enseignement de la littérature, il s'agit d'engager une réflexion pour définir le statut de la littérature d'expression espagnole et de comprendre pourquoi les littéraires peuvent se sentir menacés, alors que leur discipline est à l'origine de l'hispanisme français. Les études qui composent l'ouvrage montrent notamment que les méthodes de "l'histoire culturelle" appliquées à la littérature offrent une perspective féconde, que la pensée aiguise ses facultés critiques au contact de la littérature, que la subjectivité individuelle est conditionnée par la subjectivité collective.
Organisées dans le cadre de la commission CSC-FC-FPH du CEFRACOR, les journées Jeunes Chercheurs ont pour objectif de rassembler des doctorants et leurs directeurs de thèse ainsi que des chercheurs confirmés, impliqués dans la problématique "couplage mécanique-microstructure-environnement" . Elles mettent à l'honneur les doctorants en leur offrant l'opportunité de présenter leurs travaux sous forme d'exposés oraux et de débattre, avec l'ensemble des chercheurs présents, de sujets scientifiques en lien direct avec la thématique "couplage mécanique-microstructure-environnement" , lors de tables rondes. Ces journées sont également l'occasion pour la communauté française de faire un état des lieux concernant cette problématique de couplage qui couvre notamment la question de l'endommagement en Corrosion sous Contrainte, fatigue-corrosion et fragilisation par l'hydrogène. En ce sens, elles ont aussi pour vocation de réunir les chercheurs académiques et les industriels français travaillant autour de ces grands enjeux scientifiques.
Si l'urbanisme, comme discipline, s'est constitué au 20e siècle, les mouvements sociaux qui remettent en cause l'aménagement urbain ont une histoire beaucoup plus longue. Ce livre s'attache aux multiples formes de mobilisations collectives qui depuis le Moyen ge ont pris la ville, ou à une autre échelle la région ou le quartier, comme objet. A partir d'études de cas concrets, des Pays-Bas médiévaux à la Marseille d'aujourd'hui, ce livre cerne les relations sociales qui s'élaborent lorsque des groupes voient leur espace matériel se modifier, soit qu'ils s'opposent aux changements, soit qu'ils s'engagent en faveur de transformations alternatives. En prêtant attention à la variété des cadres d'expériences des protagonistes et à celle de leurs répertoires d'action, de la consultation à la prise d'armes, ce livre cherche aussi à historiciser les résistances aux gestes de " modernisation " des pouvoirs publics. Ce faisant, il éclaire la question de la participation, versant institutionnalisé de l'implication des populations dans l'aménagement urbain. Il s'efforce d'en restituer les contextes concrets et leurs évolutions suivant trois grandes interrogations : qu'est ce qu'un processus de politisation ? Comment s'articulent les différents intérêts en jeu, individuels ou collectifs ? Les " grands travaux " sont-ils susceptibles d'une approche complexe, attentive aux transformations sociales qu'ils engendrent ou accompagnent ?
Patrice Chéreau (1944-2013), metteur en scène de théâtre et d'opéra, acteur, réalisateur, scénariste de cinéma et de télévision, est l'un des artistes majeurs du second XXe siècle et de la première décennie du XXIe. L'ouvrage "Chéreau en son temps" a pour objet de tracer le portrait de ce créateur d'exception, de situer son oeuvre dans le temps d'une vie (scansions, tournants, influences, échanges, amitiés et réseaux), d'en comprendre l'ancrage et la portée dans la séquence culturelle et politique des années 1950-2010. Fondé sur des sources diverses, pour certaines inédites, ce livre regroupe des historiens et des spécialistes d'études théâtrales, de littérature, de cinéma, des historiens de l'art et des musicologues, mais aussi des artistes, témoins et personnalités du monde de la culture. Relire la trajectoire, la pensée et les engagements de l'artiste, comprendre les différentes facettes de son travail, traquer ses sources d'inspiration, analyser ses mises en scène - lues au regard des préoccupations contemporaines : telle est l'ambition de cet ouvrage inscrit dans une perspective historique. Une attention particulière est portée aux circulations internationales et à la réception du travail de l'artiste sur les scènes européennes. A travers le parcours de Patrice Chéreau, c'est aussi le registre des sensibilités et des émotions, l'histoire des institutions culturelles, des scènes théâtrales et des interprétations contemporaines qui sont explorés.
A partir de 1967, Michel Foucault s'essaye à un répertoire d'actions plus classique sous la forme de signature de pétitions, appels et autres lettres ouvertes. Le présent volume en donne à lire les principaux, que Michel Foucault cosigna jusqu'à sa mort prématurée en 1984. Un portrait méconnu du philosophe apparaît à travers ces textes, le dessinant à la fois attentif à ce qui survient en France mais aussi aux quatre coins du monde.
Depuis le lancement de sa politique d'ouverture économique (le Doi Moi de 1986), le Viêt Nam s'est profondément transformé et n'a plus grand-chose à voir avec les clichés formés autour du mythe de l'Indochine coloniale qui continuent de lui coller à la peau en France. Après une brève tentative de retour dans les années 1990, l'influence de la France a fortement diminué dans ce pays. Pourtant le Viêt Nam continue d'attirer des candidats fascinés par l'émergence économique de cette région d'Asie... et par le romantisme trompeur des clichés indochinois. Très ancré dans sa région depuis vingt ans, émancipé de ses alliés et ennemis d'hier (la France, la Russie ou les Etats-Unis), dépendant de ses grands voisins et perméable aux idéologies occidentales, le Viêt Nam poursuit sa recherche de l'équilibre entre la Chine et l'Occident pour mieux préserver ses intérêts nationaux. Cette histoire du Viêt Nam, écrite à plusieurs mains, renouvelle profondément notre regard du pays. Cette riche synthèse - qui mêle l'étude historique, politique, économique à celles des sociétés et des cultures et s'appuie sur des sources vietnamiennes -, nous fait redécouvrir une puissance émergente, une nation dynamique au centre des enjeux stratégiques contemporains en Asie, tout en insistant sur la nouvelle identité asiatique d'un pays que l'on a longtemps cru si bien connaître.