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Archives de sciences sociales des religions N° 173, janvier-mars 2016 : Edmond Ortigues : théologie,
Iogna-Prat Dominique
EHESS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782713225161
Le premier dossier thématique sur la force des objets témoigne à travers des études de cas (Mongolie, Inde, Afrique, Europe, Moyen-Orient) d'un renouveau des instruments d'analyse sur ces questions. Cette actualité est marquée par un retour de l'objet et de l'attention minutieuse aux dispositifs matériels associés aux situations rituelles. A côté des lectures d'inspiration durkheimienne de la production sociale du sacré et de l'interprétation des actes et objets en termes de symbolisme, la plupart des contributions relèvent de l'approche pragmatique des dispositifs rituels ou s'inscrivent dans le tournant matérialiste en anthropologie. Le second ensemble thématique est consacré à Edmond Ortigues (1917-2005), auteur d'une oeuvre foisonnante touchant à la fois à l'histoire, à la philosophie, à l'anthropologie et à la psychanalyse, mais qui fut initialement religieux mariste, exégète et théologien. En réunissant les contributions de divers champs de la pensée, ce dossier offre une introduction actualisée à sa thèse inédite Histoire et parole de Dieu. Essai sur les rapports entre exégèse et théologie (1948). Il resitue également ce travail dans la genèse intellectuelle de l'auteur, dont la réflexion sur la notion de symbolique, dans Le discours et le symbole (1962), a profondément marqué le tournant post-structuraliste dans les sciences sociales.
QUI SONT LES HOMMES DE DIEU - prêtres, moines, pasteurs, ulémas, soufis ou derviches ? La relation à Dieu suppose-t-elle de passer par des intermédiaires, des hommes (ou des femmes) de religion ? Si le clergé semble nécessaire à l'encadrement des communautés chrétiennes, qu'en est-il dans cette autre religion du Livre qu'est l'islam ? Sous l'intitulé général d'Hommes de Dieu, ce livre propose une série de regards croisés sur les histoires de l'islam et des différentes chrétientés (avant et après la Réforme). Les auteurs des contributions rassemblées, soucieux d'échapper aux singularités historiques, ont la volonté commune de se placer sur le terrain de la sociologie des religions et de mettre à l'épreuve la pertinence d'emploi des notions (fonction, charisme, hiérarchie, médiation) et des qualificatifs (religieux, lettré, ascète, consacré) propres à caractériser la " part " que les hommes et les institutions ont, tout au long de l'Histoire, choisi d'affecter à Dieu.
Résumé : " Dieu, cela n?est pas, tant que ce n?est pas en pierre. / Il faut une maison pour mettre la prière " : Victor Hugo a noté l?évolution paradoxale qui amène le christianisme occidental à exalter les monuments de la présence divine, alors que le Christ et ses premiers disciples entendaient rompre avec le monde matériel et avec toute sacralité ancienne incarnée dans la pierre pour mieux faire sa place à la Cité spirituelle de Dieu dans l?au-delà. Comment, pourquoi et quand Dieu est-il devenu de " pierre " ? Comment, pourquoi et quand l?église s?est-elle imposée dans le paysage social ? Telles sont les questions au centre de cette " histoire monumentale de l?Église au Moyen Âge ". À l?étude du discours que les clercs latins ont tenu sur l?église-bâtiment, il s?agit de montrer comment l?Église, en tant que force d?encadrement et de structuration de la société, a gagné en visibilité terrestre à travers la constitution de " lieux " considérés comme spécifiques. L?itinéraire proposé permet de parcourir, tout au long du Moyen Âge (avec un intérêt particulier pour les IXe-XIIIe siècles), les différentes étapes d?une histoire qui finit par faire de la " cathédrale " le monument emblématique d?une société largement utopique au sein de laquelle chaque homme, comme une petite pierre, a sa place et sa fonction dans la grande architecture du monde. C?est ainsi que la " Maison Dieu ", exaltée comme une sainte personne, fait de l?Église une véritable " Cène sociale " où se construit l?architecture communautaire et où s?édifient les fidèles.
Enseignants et chercheurs en histoire médiévale ont en France une activité considérable et reconnue au plan international. En dehors des livres et des manuels qu'ils produisent, ils donnent une part importante des fruits de leurs recherches à des ouvrages collectifs, des périodiques et des encyclopédies. Il est donc nécessaire de procéder à un regroupement de leurs articles dispersés pour permettre à un large public de prendre connaissance de leurs résultats, de leurs hypothèses, et de leurs projets. La collection consacrée aux médiévistes français répond à cette préoccupation. Ici la personnalité du médiéviste donne au livre toute sa cohérence. Ces Etudes clunisiennes regroupent sept articles relevant largement de ce que Georges Duby appelait l'histoire des systèmes de valeur. Par de multiples approches complémentaires, aussi diverses que le sont les sources clunisiennes elle mêmes présentées en introduction, il s'agit d'apprécier la place que des moines idéologues, qui sont en même temps de grands seigneurs, entendent occuper dans la société chrétienne, dont ils s'estiment les guides. En apparence éloignée des questions de la pratique, la démarche adoptée vise à faire toute sa place au sein de l'histoire de la société aux formations ecclésiastiques constitutives de l'aristocratie des temps féodaux. Le traitement historiographique des représentations que les Clunisiens des Xe-XIIe siècles ont voulu livrer d'eux-mêmes est prolongé jusqu'au tournant des années 1900 pour montrer quel enjeu de mémoire l'histoire de Cluny a pu constituer dans la reconstruction de la France catholique contemporaine.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.