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Du lisible au visible. La naissance du texte, un commentaire du "Didascalicon" de Hugues de Saint-Vi
Illich Ivan
CERF
30,00 €
Épuisé
EAN :9782204043342
La calligraphie, le caractère d'imprimerie, l'écran informatique : trois modes d'encodage d'un message, trois époques. La première fut longue, la troisième semble promise à une belle carrière. Quant à l'ère du livresque (G. Steiner) et de la lecture, qui s'est ouverte trois siècles avant l'invention de l'imprimerie, elle aura finalement été passagère. Elle est en train de s'effacer sous nos yeux, au profit d'une culture de l'écran et de la communication. Aujourd'hui, l'oeil déchiffre l'écrit, le cerveau en interprète le contenu. Ce schéma, qui nous semble banal, ne remonte qu'au début du XIIème siècle, moment où se constitue la culture du livre et de la lecture. C'est ce que montre Ivan Illich en nous introduisant à "L'Art de lire" qu'un chanoine régulier de la rive gauche, à Paris, rédigea à l'intention de ses élèves. C'est en effet à l'époque de Hugues de Saint-Victor (v. 1096 - 1141) que le livre prend peu à peu la forme que nous lui connaissons, grâce à une bonne douzaine d'inventions techniques : amélioration de la ponctuation, retraits, insertion de titres et de rubriques, division en chapitres, index des matières classées dans l'ordre alphabétiques, etc. Cette " culture du livre " aura transformé nos rapports avec la nature et avec autrui... jusqu'à nos jours.
Ivan Illich a été à l'origine de débats célèbres dont le thème était la contre-productivité des institutions modernes au-delà de certains seuils, les institutions productrices de services, comme les écoles, les autoroutes et les hôpitaux, éloignent leurs clients des fins pour lesquelles elles ont été conçues. Ivan Illich fut le plus lucide des critiques de la société industrielle. II voulut en écrire l'épilogue et il le fit. Jadis fameuses en France, les"thèses d'Illich"ont peut-être été oubliées, mais jamais elles n'ont été infirmées. Après elles, la société industrielle a perdu toute justification théorique. Elle ne tient debout que grâce à l'hébétude de ses membres et au cynisme de ses dirigeants. Toutefois, plutôt que de débattre des thèses qui la dérangent, l'huître sociale s'en est protégée en les isolant. II est temps d'affirmer que l'?uvre d'Illich n'est pas une perle rare mais une réflexion fondée sur un solide sens commun. II faut briser la gangue dans laquelle elle a été enfermée afin de libérer son inquiétant contenu. Alors que tous les bien-pensants croyaient encore aux promesses du développement, Illich montra que cette brillante médaille avait un revers sinistre: le passage de la pauvreté à la misère, c'est-à-dire la difficulté croissante, pour les pauvres, de subsister en dehors de la sphère du marché. Ses livres vinrent secouer la soumission de chacun au dogme de la rareté, fondement de l'économie moderne." Ce volume comprend: Libérer l'avenir, Une société sans école, Energie et équité, La Convivialité et Némésis médicale
Résumé : "Si les outils ne sont pas dès maintenant soumis à un contrôle politique, la coopération des bureaucrates du bien-être et des bureaucrates de l'idéologie nous fera crever de "bonheur". La liberté et la dignité de l'être humain continueront à se dégrader, ainsi s'établira un asservissement sans précédent de l'homme à son outil." Dans ce texte phare, Ivan Illich amplifie et radicalise sa critique de la société industrielle. Dénonçant la servitude née du productivisme, le gigantisme des outils, le culte de la croissance et de la réussite matérielle, il oppose à la "menace d'une apocalypse technocratique" la "vision d'une société conviviale". Ce n'est que par la redécouverte de l'espace du bien-vivre, qu'Illich appelait la convivialité, que les sociétés s'humaniseront.