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L'Apocalypse janséniste. Port-Royal et la défense de la vérité
Icard Simon
CERF
26,00 €
Épuisé
EAN :9782204160179
De ses origines à ses dernières manifestations publiques, le jansénisme est un mouvement apocalyptique, fondé sur la croyance en l'obscurcissement général de la vérité dans l'Eglise à l'approche de la fin des temps. Selon cette doctrine forgée à Port-Royal, plus l'Eglise s'éloigne de son origine, plus elle tend vers la fin du monde, plus elle intègre en son sein le combat de la vérité et de l'erreur. Dieu assure la perpétuité de la foi en lui suscitant quelques défenseurs prêts à mourir pour l'amour de la vérité. Leur persécution par les autorités ecclésiastiques, les figures bibliques, le corpus de la tradition, les miracles sont autant d'instruments d'un jugement eschatologique par lequel Dieu discerne les élus et les réprouvés, révélant sa vérité aux uns, enfermant les autres dans les ténèbres de l'erreur. Il revient aux défenseurs de la vérité de souffrir pour maintenir la vraie foi dans l'Eglise, malgré l'obscurité qui la recouvre, jusqu'au dernier jour. A l'approche de la fin des temps, ils donnent à voir la vérité du Christ à ceux qui lui appartiennent, oeuvrant ainsi à une révélation - à une apocalypse.
Comment penser que Dieu et l'homme agissent ensemble, l'un par sa grâce, l'autre par sa liberté, sans réduire l'action divine au profit de l'action humaine, ou l'inverse ? Le catholicisme moderne n'a cessé de buter sur cette question. En confrontant des auteurs antiques (saint Augustin, saint Maxime le Confesseur, saint Benoît), médiévaux (saint Bernard, Guillaume d'Ockham) et modernes (Molina, Jansénius, saint François de Sales), cet essai montre l'occultation d'une intuition fondamentale : Dieu et l'homme font chacun la totalité de leur oeuvre commune, parce que le Christ est vrai homme et vrai Dieu. Théologiens et spirituels ont cherché à établir la part de Dieu et la part de l'homme dans la vie de l'âme, contribuant ainsi à l'émergence d'une anthropologie où la référence à Dieu devient inutile.
Résumé : Le jansénisme se confond-il avec la théologie augustinienne de la grâce, que l'Eglise catholique aurait condamnée sans se l'avouer ? N'est-il qu'un nom désignant des doctrines diverses et sans unité ? Est-il principalement politique, le dogme étant une question accessoire, voire un prétexte ? Est-il insaisissable hors des propositions qui ont servi à le condamner ? A rebours des thèses qui ont contesté la légitimité ou la pertinence d'une étude théologique du jansénisme, Simon Icard présente une doctrine spécifique, fondamentale et continue défendue par Jansénius et ses disciples, comme Pascal. En étudiant leur conception de l'attribution des mérites avant et après le péché originel, il met au jour les difficultés du catholicisme moderne à penser une oeuvre commune à Dieu et à l'homme qui soit à la fois totalement divine et totalement humaine. Chercheur en histoire de la théologie au CNRS, Simon Icard est membre du Laboratoire d'études sur les monothéismes. Il a récemment publié, aux Editions du Cerf, L'Apocalypse janséniste. Port-Royal et la défense de la vérité.