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L'art de l'exclusion. Une critique de Michael Walzer
Hunyadi Mark
CERF
17,60 €
Épuisé
EAN :9782204065283
Michael Walzer, l'un des chefs de file du communautarisme américain, développe une critique bien séduisante de l'individualisme contemporain. Mais les effets de vérité s'en dissipent à l'analyse. Celle-ci révèle une tension irrésolue entre un principe de délibération constamment invoqué par Walzer dans l'élaboration des significations sociales, si importantes pour lui, et un principe communautaire ou d'affinité qui le cour-circuite à la racine. Il en résulte plusieurs inconséquences qui toutes renvoient à ce que Hunyadi appelle le " paralogisme identitaire ". Du coup, le modèle de Walzer se révèle impuissant à relever un défi comme celui du multiculturalisme. Telle est la conviction de l'auteur, alimentée ici par la seule et modeste ambition de préserver la pensée politique des fausses évidences qui l'obscurcissent.
Les modes de vie sont ce qui nous affectent le plus, et pourtant ils sont hors de notre contrôle. Il y a là un paradoxe : nous, individus réputés libres et démocratiques, sommes dans les fers des modes de vie. Ceux-ci nous imposent en effet des attentes de comportement durables (avoir un travail, être consommateur, s'intégrer au monde technologique, au monde administratif, au monde économique...) auxquels nous devons globalement nous adapter. Ce paradoxe démocratique est renforcé par un paradoxe éthique : c'est au moment où l'on assiste à une véritable inflation éthique, par la multiplication des comités, chartes, conseils, règlements, labels éthiques en tout genre, tous censés protéger les droits individuels, que les modes de vie de plus en plus contraignants étendent comme jamais leur emprise sur les individus. Ce qui veut dire que tout ce dispositif éthique sert en réalité à blanchir le système et les modes de vie qui en découlent, qui peuvent ainsi étendre leur emprise en étant éthiquement pasteurisés. Notre éthique ne sert donc pas à critiquer le système ni les modes de vie, mais à les accompagner dans leur marche triomphale. Enrayer cette marche est le défi éthique et politique majeur de notre temps.
Résumé : Pour l'auteur, les origines méconnues de l'individualisme contemporain (dans sa forme libérale, libertarienne ou wokiste) remontent au Moyen Age, qui a intronisé la volonté comme faculté suprême de l'homme, inaugurant le règne de l'éthique des droits et libertés individuels. Cette éthique des droits et libertés individuels a pour effet paradoxal de favoriser une emprise sur les individus et leur asservissement, comme en témoigne la colonisation de nos existences par le numérique. C'est pourquoi il faut surmonter les impasses de l'individualisme par une " éthique de l'esprit ", qui est aussi une politique, et déclarer d'urgence l'esprit humain patrimoine commun de l'humanité, comme on l'a fait récemment pour les grands fonds marins.
Résumé : On a l'habitude d'appliquer l'éthique au clonage, c'est-à-dire de demander à telle ou telle éthique d'exposer ce qu'elle pense du clonage et autres biotechnologies. Ici, c'est l'inverse qui est entrepris : on applique le clonage à l'éthique, on examine comment l'émergence d'un problème comme celui du clonage transforme la réflexion éthique elle-même. Les biotechnologies modifient certes l'homme, mais aussi l'éthique à partir de laquelle il les pense. Comment réfléchir sur l'homme et son avenir, si l'on renonce à tout concept dogmatique de nature humaine Et si l'homme est ce qu'il se fait, pourquoi ne pas le laisser se faire jusqu'au bout, jusqu'à devenir le constructeur biologique de lui-même ? Pour répondre à ces questions, ce livre propose un renversement radical de perspective en matière de réflexion morale. Contrairement à la démarche commune aux nombreux comités d'éthique, il part de la conviction que les réponses éthiques ne préexistent pas aux questions qui les suscitent. Les propriétés morales qui articulent notre univers normatif sont des propriétés émergentes du monde humain. Elles naissent des problèmes mêmes qu'elles doivent normer. Dans le cas du clonage et des autres biotechnologies de pointe, ce sont les notions mêmes d'autonomie du sujet humain et d'altérité qui sont appelées à être renouvelées en profondeur.
Biographie de l'auteur Né en 1929, Jüregn Habermas a enseigné la philosophie et la sociologie à Heidelberg et à Francfort. Il a dirigé le Max-Planck-Institut de 1971 à 1983. Il est l'auteur d'une oeuvre considérable ; une trentaine de ses ouvrages sont aujourd'hui traduits en français, dont, dans la collection "Champs", Morale et communication et Ecrits politiques.
Résumé : "Réactionnaire, disent-ils. Le moment m'a donc semblé venu de faire le point et de retracer mon parcours sans faux-fuyants ni complaisance. Il ne s'agit en aucune façon pour moi de rabattre la connaissance sur la confession et de défendre une vérité purement subjective. Je ne choisis pas, à l'heure des comptes, de me retrancher dans la forteresse imprenable de l'autobiographie. Je joue cartes sur table, je dis d'où je parle, mais je ne dis pas pour autant : "A chacun sa vision des choses". Le vrai que je cherche, encore et toujours, est le vrai du réel : son élucidation reste à mes yeux prioritaire. Cependant, comme l'a écrit Kierkegaard : "Penser est une chose, exister dans ce qu'on pense est autre chose". C'est cet "autre chose" que j'ai voulu mettre au clair en écrivant, une fois n'est pas coutume, à la première personne". Alain Finkielkraut.
Derrida Jacques ; Cotton Nicholas ; Michaud Ginett
Résumé : Jacques Derrida déploie ici les éléments d'une réflexion profondément originale sur l'inconditionnalité du pardon, une notion qui ne saurait être confondue avec l'excuse, l'amnistie, la prescription ou la grâce. Si le pardon est hérité de diverses traditions (judéo-chrétienne, coranique et grecque), il ne leur est pas réductible : il excède les modalités du "comprendre", de la mémoire et de l'oubli, d'un certain travail de deuil aussi. Hétérogène à la phénoménalité, à la théâtralisation, voire au langage verbal lui-même, il suspend, comme une "violente tempête" (Benjamin), l'histoire, le droit et le politique. Inconditionnel, le pardon fait l'épreuve de l'impossible : c'est pourquoi il doit rester exceptionnel, sans calcul ni finalité, à l'écart de tout échange et de toute transaction. La trajectoire ainsi dessinée par Derrida tout au long de ce passionnant séminaire passe parla lecture des ouvrages de Jankélévitch sur le pardon et l'imprescriptibilité, de Kant sur le droit de grâce, des textes bibliques et grecs, d'oeuvres littéraires (Shakespeare, Kierkegaard, Baudelaire, Kafka, Rousseau et Augustin), ainsi que par l'analyse de scènes d'aveu et de repentir telles qu'elles se sont multipliées dans l'espace public, en France et ailleurs, à la fin des années quatre-vingt-dix.
Comte-Sponville André ; Delumeau Jean ; Farge Arle
La vie ne vaudrait d'être vécue, dit-on, que si elle apporte le bonheur. Mais que signifie être heureux ? Y a-t-il des recettes au bien-être ? Où se niche le bonheur ? Dans l'argent ? La réussite personnelle ? La santé ? Les plaisirs ? L'espérance d'un jour meilleur ? Est-il dans ce que nous avons ou dans ce que nous sommes ? De la pensée antique à nos frustrations modernes, en passant par l'invention du paradis, on verra avec les regards croisés du philosophe, du croyant et de l'historien, comment l'idée du bonheur a évolué au fil du temps, et combien son histoire mouvementée peut nous aider à mieux vivre aujourd'hui.André Comte-Sponville : philosophe, a publié de nombreux ouvrages sur l'éthique et la question du bonheur. Jean Delumeau : professeur honoraire au Collège de France, est spécialiste de l'histoire des mentalités religieuses. Arlette Farge : historienne et spécialiste du XVIIIe siècle.
Lorsque ces Réflexions sur la peine capitale sont parues, en 1957, la guillotine fonctionnait encore en France, pour les crimes de droit commun, et plus souvent encore pour ceux liés à la guerre d'Algérie. Quand ce livre a été mis à jour pour la dernière fois, en 1979, presque vingt ans après la mort d'Albert Camus, la peine de mort était encore en vigueur en France. Moins de deux ans plus tard, Robert Badinter, nommé garde des Sceaux, fit voter l'abolition par le Parlement le 9 octobre 1981. Pour autant, le débat ne s'est pas interrompu. Il s'est déplacé et il s'est élargi, en devenant international. Si l'abolition a prévalu en Europe et gagné du terrain partout dans le monde, la peine de mort est encore appliquée dans de nombreux pays, parfois à grande échelle. Il nous a paru intéressant d'apporter au débat ces Réflexions d'Arthur Koestler et d'Albert Camus qui n'étaient plus disponibles.