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Citoyens policiers. Une autre histoire de la sécurité publique en France, de la garde nationale aux
Houte Arnaud-Dominique
LA DECOUVERTE
23,00 €
Épuisé
EAN :9782348065538
Selon la formule célèbre de Max Weber, l'Etat revendique le monopole de la violence physique légitime. Tout au long de l'époque contemporaine, il organise des forces de l'ordre de plus en plus nombreuses et professionnalisées. Des amateurs n'ont pourtant jamais cessé de participer aux fonctions policières. Ils (rarement elles) viennent en renfort quand le besoin s'en fait sentir ou quand le désir les y entraîne. Appui citoyen ou aiguillon sécuritaire, ils revêtent des visages variés : foules révolutionnaires formant leur propre police, gardes nationaux héroïques ou ventripotents, "amis de l'ordre" armés de gourdins, détectives amateurs de la Belle Epoque, volontaires ou requis des temps de guerre, gardes civiques de la Libération, enfants enquêteurs des Trente Glorieuses, milices des années Giscard, réservistes de la gendarmerie, voisins vigilants du XXIe siècle... Ce livre retrace dans leur diversité souvent pittoresque l'histoire foisonnante de ces groupes méconnus. Suivre leur trace, comprendre les limites et les critiques de leur action, dont les sources documentent surtout les échecs, c'est éclairer l'envers de la construction de l'Etat, que l'on réduit trop souvent à la croissance des institutions publiques, alors qu'elle procède aussi d'une mobilisation civique. A l'heure où l'on s'interroge sur les pratiques policières, les obsessions sécuritaires et la participation citoyenne, cette enquête historique de grande ampleur, fondée sur une large palette de sources originales, entend apporter du recul et de la nuance au débat public.
Résumé : Paris, 1889 : la tour Eiffel éclaire la Ville Lumière. La Belle Epoque qui s'annonce est faite de progrès technique, de prospérité économique, de démocratie politique et de grandeur diplomatique. Mais rien n'est si simple : la modernité éveille aussi les peurs, qui se nourrissent des menaces de guerre, des tensions sociales, des divisions partisanes, d'une sensibilité croissante aux violences et aux drames. Loin d'être cachées ou refoulées, ces craintes sont au coeur de l'imaginaire des hommes et des femmes de 1900 : les meurtres, les mauvais coups des "apaches" , les accidents spectaculaires, les épidémies, les attentats anarchistes, les manifestations réprimées dans le sang et les menaces plus ou moins fantasmées s'épanouissent dans la presse, les feuilletons et même le cinéma naissant. Arnaud-Dominique Houte étudie, de l'Exposition universelle de 1889 à la mobilisation générale de l'été 1914, les préoccupations de la société française. Ses chapitres sont autant d'éclats dans lesquels se décrypte l'imaginaire de la Belle Epoque ; leur combinaison constitue une formidable traversée de la France de 1900.
Comment les gendarmes, longtemps redoutés des populations, se sont-ils intégrés à la vie quotidienne des Français? Pour répondre à cette question, l'auteur étudie tous les aspects du métier de gendarme départemental dans la France provinciale du XIXe siècle: les enjeux politiques, l'organisation du service, la sociologie des hommes, leur vie professionnelle et privée, l'esprit (le corps, les représentations culturelles. L'enjeu est de taille, quand on sait que la gendarmerie (avec ses 20000 hommes) reste la principale force de sécurité du pays. A l'interface des populations - parmi lesquelles ils vivent - et des pouvoirs centraux - aux ordres desquels ils sont soumis - les gendarmes offrent un bel observatoire des transformations du XIXe siècle: la modernisation des campagnes, le renforcement de l'Etat, le développement d'une conscience nationale, la démocratisation, sont autant de phénomènes que l'on peut suivre à hauteur de bicorne. L'enquête s'appuie sur une base de données de plus de 3000 gendarmes et sur le dépouillement de toute la presse professionnelle. Elle s'enrichit également à la lumière des procès-verbaux, des notes de service, des rapports préfectoraux, etc. Elle se nourrit enfin de la riche moelle inédite des archives de la gendarmerie. L'auteur identifie trois modèles successifs. Impérieux et parfois violent, imprégné d'une culture guerrière, peu intégré à la société rurale, le soldat de la loi s'efface dès le milieu du XIXe siècle. Il cède place à un militaire professionnel nettement plus procédurier, discipliné et prudent. Les gendarmes de la fin du XIXe siècle infléchissent cependant cette nouvelle vision du métier en se plaçant plus franchement au centre de la société et au service du public. Le gendarme républicain est ainsi imprégné d'une culture d'obéissance qui coexiste tant bien que mal avec une éthique de responsabilité. A l'heure où l'on s'interroge de nouveau sur la place et sur l'attitude des forces de l'ordre, ce livre offre un éclairage historique qui espère contribuer au débat.
1815-1914 : révolution industrielle, affaire Dreyfus, urbanisme haussmannien, impressionnisme ou Art nouveau, Belle Epoque... ces mots évoquent immédiatement le XIXe siècle. Après le choc qu'a été la Révolution française, c'est l'éclosion d'une nouvelle ère, qui oscille entre nostalgie du passé et projection vers l'avenir. - 1815-1851 : au lendemain du Premier Empire commence un combat pour les libertés. La société est fragilisée et divisée, mais les débuts de la modernisation apportent un début de croissance. - 1852-1879 : c'est le temps de la spectaculaire modernisation économique et sociale. - 1880-1914 : la Troisième République ouvre soixante ans de stabilité institutionnelle, malgré de nombreuses oppositions et tensions sociales. Les 80 cartes et infographies originales de cet atlas rendent ainsi compte des évolutions politiques, économiques et sociales de ce XIXe siècle français.
Résumé : Paris, aujourd'hui : qui a bien pu faire disparaître les célèbres statues des places de la République et de la Nation ? Une journaliste du XXIe siècle mène l'enquête, bientôt aidée par une galerie de personnages échappés du XIXe siècle : Victor Hugo, Louise Michel, Léon Gambetta, Hubertine Auclert, Séverine, Jean Jaurès, Charles Péguy. Tout ce petit monde curieux et bavard, querelleur mais pédagogue, est convaincu que la clef du mystère se trouve dans l'histoire méconnue de la IIIe République, un régime qui a su s'installer durablement, mais qui se connaissait beaucoup d'ennemis. Les royalistes, les anarchistes, les ouvriers, les femmes, les peuples colonisés : toutes et tous n'ont-ils pas de bonnes raisons de s'en prendre aux incarnations de la République ? A moins qu'un génie du crime n'ait de mauvaises intentions...
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Le Grand Remplacement est à nos portes ! ", "La civilisation européenne est menacée ! ", "Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! ", "Les valeurs de la nation sont bafouées ! "... Ce bref florilège serait risible par son absurdité s'il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du "roman national". C'est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s'emploie Elise Thiébaut. Elle s'interroge d'abord sur sa propre "identité" : qu'est-ce que l'histoire de cette Française dite "de souche" a-t-elle à nous dire de l'histoire de France ? En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ? Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l'autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.