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Pouvoir et beauté. Le tabou du physique en politique
Hourmant François
PUF
22,00 €
Épuisé
EAN :9782130825562
La tyrannie de la beauté n'épargne pas le monde politique. La beauté est un capital, qui exige mise en scène de soi et stylisation de son image. La culture de la célébrité favorise la consécration des apparences et c'est pourquoi le physique est devenu l'impensé du politique. Ce capital esthétique en vient même à éclipser les ressources politiques traditionnelles, fondées sur l'ancrage dans un parti et la victoire aux élections. L'esthétique structure désormais, de façon inavouée, le champ politique. Beauté et laideur infléchissent la distribution des postes, comme le révèlent les déclarations d'un président Sarkozy, plébiscitant Rama Yade et Rachida Dati et refusant un portefeuille ministériel à Gérard Larcher au motif qu'il était "trop laid" . A travers cette question inédite de la beauté et de la laideur en politique, l'auteur mène une réflexion sur la notion de charisme et celle de capital esthétique, leurs mutations à travers l'histoire, en fonction des régimes politiques, leur effet de "peopolisation" des gouvernants et leur importance pour les électeurs.
Les contestations sociales et politiques s'inscrivent dans une histoire du corps : des soutiens-gorge jetés dans les "poubelles de la liberté" par les féministes américaines des années 1960 à la nudité des Femen, des Gilets jaunes aux Bonnets rouges en passant par le k-way noir des black blocs, l'apparence fait partie du message. Elle est elle-même un slogan. Au-delà du vestiaire, ce sont surtout les corps - grimés, masqués, vêtus, et parfois dévêtus - qui sont au coeur de ce livre. Expression des revendications, le corps invite à une autre histoire des résistances sociales et politiques, entre sensations et émotions.
Le désenchantement des clercs ne caractérise pas seulement un moment, les années quatre-vingt, et celui de l'intelligentsia progressiste après apostasie de sa foi en la révolution. Il suggère aussi et surtout un processus qui, débutant dans l'après-Mai 68, se traduit par la remise en question des certitudes qui suscitèrent l'engagement des intellectuels aux lendemains de la Seconde guerre mondiale. Du mythe chinois, véritable chant du cygne des utopies révolutionnaires, à l'arrivée des socialistes au pouvoir en mai 1981, le champ intellectuel a ainsi enregistré les effets d'un basculement en profondeur. Toute une constellation de thèmes — l'affaire Soljenitsyne, la problématique totalitaire, la dissidence, les droits de l'homme et la démocratie — a jalonné cette décennie charnière et témoigné du démantèlement d'un univers mental. Essai sur les passions révolutionnaires et les mutations de la pensée contemporaine en France, cet ouvrage, par le regard privilégié porté sur des revues (Esprit, Les Temps Modernes, Tel Quel, Change, Libre et Le Débat), s'attache également à analyser les transformations du " marché intellectuel", marqué par la montée en puissance de médias comme la télévision et les hebdomadaires culturels et par l'apparition de nouveaux modes de légitimation et de consécration. Cette redistribution affecte aussi profondément le magistère traditionnel de l'intellectuel, jusqu'alors maître à penser et constructeur privilégié de représentations. Pondant longtemps "prophétique" (Jean-Paul Sartre) puis "spécifique" (Michel Foucault), la figure du clerc fouit par se fragmenter sous les assauts de sa composante médiatico-mondaine (Bernard-Henri Livy et Philippe Sollers).
Avec la montée des populismes, la revitalisation des nationalismes et les tensions géopolitiques entre l'Europe et la Russie sur fond de guerre en Ukraine, l'oeuvre intellectuelle et scientifique de Bernard Bruneteau prend un relief singulier. Centré sur les deux thématiques majeures qui furent au coeur de son travail - l'Europe et le totalitarisme -, l'ouvrage propose une fertile confrontation entre le regard de l'historien, marqué par une nécessaire contextualisation, et celui du politiste, toujours tenté par la théorisation et la construction de modèles interprétatifs. Mise au point historiographique autour du concept discuté de totalitarisme et son caractère opératoire au cas de l'Italie, le livre plonge aussi dans les enjeux associés à la construction européenne et à la notion d'Empire. Il propose également des lectures originales qui font travailler ces notions qu'il s'agisse des liens entre le rugby et le nationalisme, le voyage des intellectuels dans l'Albanie stalinienne, la dimension orwellienne de la série The Prisoner ou encore le spectre d'Ayn Rand dans la série Mad Men, sans oublier les imaginaires associés à la Bretagne. Le livre en l'honneur de Bernard Bruneteau témoigne de l'importance des représentations politiques. Ces dernières ont en effet favorisé la création des identités collectives, alimenté les grands récits idéologiques en cimentant sur le plan rationnel et émotionnel les engagements, eux-mêmes adossés à une symbolique profuse, à des discours mais aussi à des scénographies et des liturgies politiques.
La volonté de rompre - avec le " désordre établi ", l'existentialisme, le Pcf...- a colonisé les manifestes fondateurs des revues. Elle a fixé un contrat de lecture qui s'est figé en horizon d'attentes. En privilégiant l'ample reconstitution de trajectoires ou les micro-récits exemplaires, les huit études réunies soulignent la plasticité des revues et la dynamique féconde des conflits et des ruptures. Maillon irremplaçable de la vie intellectuelle, à l'interface du monde du texte et du monde des auteurs, elles arpentent alors le vingtième siècle en balisant des problématiques décisives: révolution et communisme, totalitarisme et démocratie. Elles balayent aussi le spectre idéologique. Du pôle traditionaliste incarné par l'itinéraire de René Guénon à l'extrême-gauche de Socialisme ou Barbarie, de multiples nuances se dessinent: libertariens du Québécois Libre, mouvance libérale et aronienne de Contrepoint, catholicisme social de la revue Politique ou personnalisme d'Esprit, gauche critique de Textures puis Libre, existentialisme des Temps Modernes, radicalité esthétique et politique de Tel Quel, expérience participative de Porto Alegre. Cette mosaïque contrastée témoigne enfin de la vitalité et de la pérennité d'un genre. La montée en puissance des hebdomadaires et de la télévision n'a pas relégué celui-ci au rang d'accessoire ou de fétiche. Plus encore, les nouvelles technologies de l'information et de la communication, et en particulier Internet, ont ouvert un espace illimité où blogs et webzines peuvent proliférer désormais dans une anarchie joyeuse.
Hegel Georg Wilhelm Friedrich ; Kervégan Jean-Fran
Cette édition des Principes de la philosophie du droit, fondée sur un établissement critique du texte original, est la plus complète à ce jour: elle propose, dans une traduction nouvelle, ce texte majeur de la philosophie juridique et politique moderne publié en 1820. Sont en outre offertes au lecteur les traductions des annotations manuscrites portées par Hegel sur son exemplaire personnel, des extraits des cours prononcés durant les années où il rédigeait son ouvrage et de son dernier cours fait la veille de sa mort, ainsi que les précieuses « Additions » rédigées par Eduard Gans à partir de cahiers d'étudiants ayant assisté aux cours de Hegel.
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.
La perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.
Ce Dictionnaire de psychologie allie les qualités d'un bel ouvrage accessible à tous avec les avantages de l'exhaustivité, ce qui ravira les spécialistes. Les termes de la langue courante (adolescence, leurre, agression, réaction, tempérament...) et du vocabulaire de la psychologie (autisme, psychodrame, test de Rorschach...) y sont définis, tandis que les notions fondamentales sont mises en perspective par un rappel des doctrines qui les ont élaborées. Ainsi, le lecteur pourra se demander s'il est plutôt allocentrique ou égocentrique, après avoir distingué les fantômes de son passé des fantasmes de sa libido. Grâce à un système de renvoi entre les définitions et à la prise en compte de notions qui font intervenir aussi bien la psychologie, la sociologie et la psychanalyse, cet ouvrage très utile offre un panorama complet des sciences humaines. --Paul Klein