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DU SENS COMMUN A LA SOCIETE DE COMMUNICATION
HOTTOIS
VRIN
33,00 €
Épuisé
EAN :9782711610006
Suite d'études de philosophie du langage consacrées à Wittgenstein, Wisdom, Moore, Heidegger, Perelman et Apel, ce livre parcourt quelques aspects récents d'une problématique en réalité fort ancienne : celle des rapports de la philosophie à la dora, qui connaît aujourd'hui une réactivation conflictuelle symptomatique de la situation de la pensée philosophique au sein d'une civilisation en voie de planétarisation. Critique intransigeant et subtil de la naïve philosophie du sens commun de Moore et du mythe de la psychanalyse, Wittgenstein fut-il un Aufklcirer plus radical que ceux qui restent attachés à l'idée de la Raison ? Mais son "descriptivisme" qui ramène pratiquement le philosophe au sens commun n'est-il pas dangereusement court et contradictoire par son inaptitude à fonder toute critique constructive et progressive ? C'est bien ce que pense KO Apel qui dénonce, pour la même "raison", l'herméneutique du simple comprendre-expliciter de Heidegger-Gadamer et qui entend sauver la vertu normative de la Raison dans l'idée-utopie d'une "société de communication émancipée". Mais cette Raison devenue langagière, communicationnelle, argumentative et consensuelle, suscite à son tour bien des interrogations quant à sa possibilité et à ses tentations. La notion perelmanienne d' "auditoire universel", qui préfigure, d'une façon simple, cette nouvelle pragmatique de la raison, en manifeste, a contrario, les difficultés. La tentative apelienne de "mise en communication" des deux figures majeures de la philosophie de la première moitié du XXe siècle Wittgenstein et Heidegger montre le coût d'une pratique de la rationalité consensuelle qui gomme les différences individuelles et les singularités, ignore la radicalité de la pensée et procède, en fait, à une sorte d'"érosion communicationnelle" productrice de syncrétisme. Il faut se poser la question : y a-t-il encore une place, aujourd'hui, pour la pensée paradoxale, ou n'y a-t-il plus que l'usage de pensées triviales ?
Les études rassemblées ici ont pour préoccupation la Recherche et le Développement TechnoScientifique (RDTS) de la biomédecine d'aujourd'hui et de demain. Ce que les technosciences génétiques, les neurotechnosciences, les technosciences de l'information, les nano-technosciences, les technosciences de l'espace, entreprennent n'est pas à la mesure de l'existence humaine individuelle. Comment vivre la brièveté de la vie, c'est-à-dire comment la symboliser, quelle histoire en faire, dès lors qu'elle se détache non plus sur un horizon d'éternité ou d'histoire a priori finalisée, mais sur fond d'aventure, indéterminée et gigantesque ? La grande question de l'accompagnement des processus RDTS est la question éthique autant qu'esthétique des formes dont nous voulons encourager la cristallisation et la dynamique temporaires. C'est en ces termes que se posent les questions relatives au clonage, à l'eugénisme, aux formes de vie artificielles, aux transsexuels, aux transgenèses comme aux stations spatiales et aux réseaux informatiques.
Qu'est-ce que ta bioéthique? - La bioéthique est-elle une nouvelle "discipline"? - "Bioéthique" ou "biopolitique" ou "biodroit"? - Les comités de bioéthique constituent-ils de nouvelles institutions démocratiques? - Y a-t-il une méthodologie bioéthique? - Quel contenu pour une bioéthique laïque? - Que deviennent l'éthique et la philosophie dans le cadre de pratiques interdisciplinaires et pluralistes?
Species Technica est une oeuvre atypique et hybride, à la fois critique et expressive de la postmodernité techno-symbolique. Elle se compose d'un récit de fiction spéculative rédigé plusieurs années avant Le signe et la technique (1984), suivi d'un long commentaire philosophique dialogué. Species Technica fait songer aux romans philosophiques et utopiques ou anti-utopiques de Thomas More ou de Francis Bacon à Stanislas Lem. L'ouvrage illustre et analyse des questions relatives à la philosophie du XXe siècle, à l'importance du langage, de l'ordre symbolique et de la psychanalyse, à la religion, à la technoscience et à la bioéthique, au politique, à l'humanisme et aux tentations "transhumanistes", à la science-fiction et à l'esthétique. Il manifeste les rapports compliqués et ambivalents que ces pratiques et matières nouent au sein d'une civilisation technoscientifique et multiculturelle en voie chaotique de globalisation.
La notion de "dignité humaine", étroitement associée à l'idée de nature humaine, soulève de nombreuses questions philosophiques et ses usages dans le domaine de la bioéthique et du biodroit suscitent des réserves ou des critiques justifiées. II n'est pas rare qu'en dépit de son fréquent rapprochement avec l'autonomie kantienne, l'invocation de la dignité entre en conflit tant avec le respect des libertés individuelles qu'avec la reconnaissance de la diversité et du pluralisme. Prétendre y lire un fondement univoque et universel fait souvent le jeu implicite d'une tradition dans laquelle de nombreux philosophes, scientifiques et citoyens ne se reconnaissent pas. La définition de ce qui est indiscutablement contraire à la dignité humaine est un enjeu politique qui se dissimule comme tel et dont les attendus philosophiques, théologiques ou idéologiques sont rarement explicités. La "diversité"- naturelle, culturelle, technique... - est une valeur dont la reconnaissance a progressé au cours de ces dernières décennies. Bien des débats bioéthiques n'ont cessé de l'illustrer. Plutôt que de s'en désoler, il faut s'en réjouir, en veillant à ce que la diversité ne soit pas synonyme de discrimination. Les derniers chapitres soulèvent la question des limites de l'auto-diversification future de l'espèce humaine à l'aide de moyens technoscientifiques et pas seulement symboliques ou externes: des transgressions ou transcendances opératoires qui mobilisent nature et dignité humaines.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.