« Rage assassine » est un must, un texte d’une puissance et d’une richesse folle sur la nécessité de lier la lutte contre le sexisme à la lutte contre le racisme et la suprématie blanche ! Publié pour la première fois en 1995, il est pourtant impossible de douter de son actualité, surtout lorsqu’il s’agit de laisser de la place et de la légitime à la rage des militant.es. Dans cet essai d’une agréable radicalité, bell hooks critique notre société où, puisque le racisme a changé de forme, celui-ci n’existerait plus et ne serait plus un sujet de préoccupation (idem pour le sexisme). Or, il n’en est rien et l’autrice nous transmet la nécessité des questions d’entraide, d’ouverture et de solidarités.
Avant que Black Lives Matter et le mouvement #MeToo ne viennent secouer l'Amérique et le monde occidental, bell hooks montrait, dans cet essai incisif, que l'abolition du racisme et l'éradication du sexisme vont de pair. Sans le féminisme, la lutte antiraciste risque de rester une affaire d'hommes. Sans l'antiracisme, le féminisme s'expose à servir de courroie aux logiques de domination raciale. bell hooks insiste sur le bien-fondé de la rage qui anime les masses populaires et la jeunesse noire, et sur la nécessité d'en faire un moteur de changement social radical. Elle propose une théorie et une pratique révolutionnaires, dont la fin est une communauté solidaire fondée sur l'égalité réelle et la volonté de tous et toutes de travailler au changement.
Résumé : "Ne suis-je pas une femme ? ", telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave abolitionniste noire des Etats-Unis, posa en 1851 lors d'un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, bell hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées. Un livre majeur du "black feminism" désormais disponible en poche.
Résumé : Parmi les livres les plus appréciés et les plus lus de bell hooks, A propos d'amour est un texte singulier. Avec sa perspicacité habituelle et ses talents de vulgarisatrice, l'autrice afroféministe s'y attaque à une thématique rarement abordée de front en théorie politique. Définissant l'amour comme un acte et non comme un sentiment, bell hooks démonte tous les obstacles que la culture patriarcale oppose à des relations d'amour saines, et envisage un art d'aimer qui ne se résume pas au frisson de l'attraction ou à la simple tendresse. Recourant à la philosophie morale comme à la psychologie, elle s'en prend au cynisme narquois qui entoure les discussions au sujet de l'amour, et s'attache à redonner toute sa noblesse à la possibilité de l'amour, dans une perspective féministe.
Les Mémoires d'enfance de bell hooks enfin traduits en français. bell hooks, figure incontournable du black feminism, partage ici son intimité, ses souvenirs de petite fille noire et pauvre ayant grandi dans le Sud encore ségrégué des Etats-Unis des annéesen 1950. Puissante, visionnaire, émouvante, la célèbre féministe raconte les discriminations raciales, la solitude, la violence familiale, l'échappatoire par la littérature, l'amour pour la culture noire du Sud. L'éveil d'une future grande écrivaine bientôt consciente qu'elle puisera dans l'écriture son souffle le plus vital. "Noir d'os de bell hooks, la quête de liberté d'une femme sauvée par la littérature". Télérama bell hooks (1952-2021) est une penseuse et militante afroféministe africaine-américaine majeure. Ses livres questionnent les systèmes d'oppression et s'intéressent aux imbrications entre race, classe et genre, dont A propos d'amour (2022) et Communions (Points, 2025).
Résumé : Assistons-nous au retour en force du racisme ? Montée de l'extrême droite dans les pays européens, discours anti-migrants de part et d'autre de l'Atlantique, débats sur l'identité nationale et critique du multiculturalisme... La question raciale a envahi notre quotidien. Face à cette déferlante largement relayée par les médias, il est parfois difficile de distinguer le vrai du faux, l'opinion du fait. C'est précisément l'objet de ce livre. En révélant la part de construction sociale qui préside au racisme, il propose des réponses simples et éclairées par les sciences biologiques et sociales à des questions que chacun se pose : D'où vient la couleur de peau ? Le racisme a-t-il un fondement scientifique ? Quelles sont les conséquences des stéréotypes ? Peut-on parler de communautarisme en France ? Et, surtout, que pouvons-nous faire pour lutter efficacement contre les préjugés ?
4e de couverture : De quoi parlons-nous lorsque nous évoquons notre origine, nos traditions, notre identité? Que dit, associée à ces mots devenus omniprésents, la métaphore des racines? La nostalgie est un sentiment noble. Mais peut-elle nous aider à comprendre le monde où nous vivons? En s'étonnant lui-même de ne plus reconnaître sa ville natale, Maurizio Bettini nous invite à une déambulation pleine de sensibilité dans la mémoire privée et collective. Sa réflexion, apaisée et érudite, opère un paradoxal retour aux racines - de Donald Trump à Romulus, en passant par Hérodote et la «cuisine traditionnelle» -, pour mieux constater que les valeurs d'authenticité et de pureté que nous leur prêtons n'existent pas. L'enjeu est de taille : il engage notre capacité à accueillir et à cohabiter avec d'autres cultures. Écartant une conception étroite de l'identité culturelle, Contre les racines nous rappelle que les cultures sont changeantes et que les traditions se choisissent.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
Cette Chronique est la première radiographie systématique des discriminations par type (genre, âge, origine ethnique ou géographique...), par domaine (études, emploi, santé, logement, loisirs...) et par nature (systémique, directe ou indirecte). Elle résulte du croisement d'enquêtes de terrain, d'études de cabinet de conseils et de données statistiques officielles lorsqu'elles existent, car il faut compter avec le refus, aveuglément drapé dans le principe de l'égalité républicaine, d'établir des données chiffrées et ciblées sur ce sujet. Faute d'une possible saisie globale, la question de la discrimination se limite souvent, pour le citoyen, à l'aspect qui lui est plus familier - par exemple l'âge ou l'origine ethnique, le lieu de résidence ou le genre -, au détriment des autres types concrets et quotidiens qui frappent un nombre considérable d'individus (jusqu'à 70 % si l'on pose que l'ensemble des femmes est victime de discriminations). Parce qu'ils n'apparaissent habituellement que fragmentairement, ces manquements permanents à l'égalité républicaine sont en réalité désormais constitutifs de notre vision de la société. Cette Chronique n'a d'autre fin que de nous rendre intolérables les violences sociales que sont les discriminations ordinaires dans les domaines du droit et de la pleine citoyenneté - l'éducation, la santé, l'emploi ou le logement -, et de montrer, à partir de cas concrets, comment entreprendre de les combattre.