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Le commanditaire
Hocquard Emmanuel ; Valéry Juliette
POL
20,85 €
Épuisé
EAN :9782867443718
L'affaire ne m'enchantait pas vraiment. J'aurais préféré me la couler douce en sirotant mon whisky favori, lire de la poésie américaine, les Cours de Cambridge de L. J. Wittgenstein et m'adonner à la photographie en noir et blanc. Mais mon compte en banque était à plat. Aussi gratifiai-je Mlle Tiziano de mon plus beau sourire et lui donnai-je mon accord". "L'affaire" , donc, est lancée et l'enquête menée par Thomas Möbius peut démarrer. Drôle d'enquête en forme de polar qui a pour cadre une banlieue du nord de Paris et est ponctuée de photos qui jouent à "représenter la réalité" , puisqu'aussi bien il s'agit d'une enquête sur la réalité, la représentation, la fiction. Quelque chose surgit alors, qui se nomme Bondy-Nord, une fiction plus vraie, plus lisible, plus mystérieuse et plus dense que la réalité.
Pas plus qu'Un privé à Babylone de Richard Brantignan n'est un vrai polar, Un privé à Tanger n'est un roman. C'est un "mélange", c'est-à-dire une collection de textes de factures différentes mais d'inspiration commune. Mais la référence policière indique qu'il s'agit bien d'une enquête, d'une investigation, à quoi se mêlent la biographie d'Emmanuel Hocquard, le reste de son ouvre, le port franc de Tanger où l'auteur en effet a passé son enfance et son adolescence : années de formation, terrain privilégié de la mémoire.
Ce livre est tout à la fois un recueil de poèmes (des sonnets, selon l'auteur), une déclaration d'amour, un livre de grammaire et un essai philosophique. C'est que pour Emmanuel Hocquard la poésie ne saurait se contenter d'être belle, agréable et sensible : au contraire même, il s'agit là d'une dérive tout à fait condamnable. Non, d'autres choses s'y jouent autrement plus cruciales comme le devenir de la langue et de la pensée, notre perception. Et tout est matière à nourrir cette réflexion active, cette réflexion dont les avancées coïncident parfaitement avec le texte qui les énonce.
Théorie des Tables est un (un seul) poème, qui comporte 51 séquences (Emmanuel Hocquard venait d'avoir 51 ans quand il a fini d'écrire ce livre). Ce poème autobiographique est aussi un poème grammatical qui fait jouer simultanément l'interrogation (les questions n'appelant pas nécessairement de réponse) et la négation (qui inclut toujours l'affirmation). Saisis par ce double objectif (la photographie est omniprésente), les petits morceaux très signifiants d'un quotidien ordinaire se trouvent connectés autrement que par la grammaire normative. Ces connections jettent un jour différent sur un certain nombre d'énigmes, ou de secrets en rapport avec les problèmes de la représentation, de l'identité et de la fiction.
Résumé : Né à Cannes en 1940, Emmanuel Hocquard a créé la maison d'édition Orange Export, avec Raquel en 1973. Cette structure disparaît en 1986. Il a également dirigé le département de littérature contemporaine à l'A. R. C. (Musée d'Art Moderne de la ville de Paris) de 1977 à 1991, puis fondé en 1989 " Un bureau sur l'Atlantique ", une association destinée à favoriser une meilleure connaissance de la poésie américaine contemporaine. Emmanuel Hocquard est en France le tenant le plus représentatif de ce que l'on peut définir comme la " modernité négative ". Se réclamant des objectivistes américains (Charles Reznikoff ou George Oppen), il s'attache en effet à rompre avec le lyrisme pour privilégier des formes minimalistes et descriptives. Le poète selon Emmanuel Hocquard est un " guetteur involontaire de notre quotidien, et qui en retient ce qu'il veut en retenir. Il s'agit alors de parvenir à une sorte d'écriture tabulaire, de l'ordre de la photographie, d'où serait exclu tout attirail métaphorique, c'est-à-dire toute pseudo-profondeur, et qui néanmoins s'imposerait au regard, à l'oreille et à la sensibilité même comme " poétique ", à cause de son agencement, sa grammaire et sa focale. " Les sept élégies rassemblées dans ce volume de Poésie/Gallimard ont été écrites de 1969 à 1989. Durant ces vingt années, elles ont accompagné et ponctué le travail d'écriture d'Emmanuel Hocquard, en prose comme en vers. Les élégies n'ont évidemment pas pour fonction d'éclairer le lecteur sur un passé individuel mais, au contraire, de le faire assister à un arrachement du biographique, c'est-à-dire du culturel, et de ce qui nourrit, au départ, tout écriture lyrique : le narcissisme, les états d'âme, la douleur, l'amour, les souvenirs, les soupirs et les regrets.
On peut tout exposer : quelques bibelots du second Empire, un recueil de photographies, un boudoir d'outre-tombe, une héroïne célèbre pour sa beauté, sa fatuité et sa fin lamentable. On peut tout exposer : une femme à la place d'une autre, la peur de son propre corps, une manière d'entrer en scène, l'ivresse de la séduction, un abandon, des objets qui rassurent, une ruine.
Résumé : Augustin aime la propreté car il se rêve ordinaire et sain. Il collectionne les slips car il rêve de caresses. Mais ses élans d'affection sont généralement mal perçus et les femmes qu'il convoite peinent à consentir. Il lui faut donc forcer un peu le destin. La morale commune lui échappe et sa vie repose sur un malentendu : il ne veut pas faire de mal, juste se faire du bien.
Résumé : Pour Dominique Fourcade, deuil répond à la nécessité de donner un écho, sinon le plus approprié, du moins le plus à sa portée, à la mort tragique de Paul Otchakovsky-Laurens. Passées les premières heures d'un deuil dévastant, il se demande comment faire face à cette mort, comment la comprendre, et aussi comment comprendre le nouvel homme qu'il est devenu d'un coup, frappé par la foudre. Comment absorber et comment répondre.
Résumé : Automne 1952 : dans un château délabré de l'Eure, Eric Rohmer tourne Les Petites Filles modèles. C'est son premier long métrage. Presque achevé, jamais sorti au cinéma, il a disparu. Printemps 2016 : Sophie, une prof d'université à la retraite spécialiste de la comtesse de Ségur, et Paul, un jeune homme qui consacre sa thèse à des films introuvables, traversent ensemble la Normandie à la recherche de traces, de témoins, d'explications : Joseph Kéké, l'étudiant béninois qui a produit le film, a-t-il vraiment cassé une dent à une strip-teaseuse poétesse ? A quoi servent les châteaux en ruine ? Quel rapport entre la comtesse de Ségur, Eric Rohmer et le cinéma érotique des années 1970 ? Chemin faisant, c'est avant tout sur eux-mêmes que Paul et Sophie enquêtent.