Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
ELEMENTS DU DROIT NATUREL ET POLITIQUE
HOBBES
VRIN
24,00 €
Épuisé
EAN :9782711621149
Les Elements du droit naturel et politique sont la première oeuvre politique de Hobbes. Ecrits en 1640, ils circulèrent en manuscrit, juste avant que Hobbes ne rejoigne la France où il demeurera en exil pendant onze ans pour échapper aux affres de la guerre civile anglaise. La rédaction de cet ouvrage est donc directement liée au contexte politique. Pourtant, Hobbes y accomplit une déterritorialisation radicale du politique. Loin de partir comme tous ses prédécesseurs de l'histoire ou de la nature, il arrache le politique à l'une et à l'autre pour l'enraciner dans une théorie de la nature humaine. On a sans doute de la peine à mesurer la révolution que constitue une telle décision. Sans doute Hobbes a-t-il pour but d'éclairer ses concitoyens sur les véritables règles qui régissent l'artifice politique et sans lesquelles le corps politique s'écroule comme un château de cartes dans la guerre civile, mais pour y parvenir il faut fonder la politique comme science. Il décontextualise donc le politique pour atteindre son essence et sa vérité. C'est là l'audace extrême de cette philosophie à laquelle sont aveugles ceux qui entendent la lire comme s'il s'agissait d'un écrit de circonstance dont le sens serait entièrement réductible au moment de sa rédaction. Le présent volume comporte la première édition critique de ce texte depuis l'édition Tönnies, laquelle se trouve, sur bien des points, corrigée ici. La traduction est en effet fondée sur un établissement du texte à partir de l'ensemble des manuscrits que nous connaissons. Le texte de base est fourni par le manuscrit qui comporte des corrections autographes de Hobbes. On trouvera aussi des annotations textuelles, historiques et philosophiques qui éclairent la lecture.
Retraduit intégralement pour la première fois depuis plus de trois siècles, Du citoyen (1642 puis 1647) se révèle être bien plus qu'une étape en direction du Léviathan. Initialement conçu comme la troisième et dernière section des Éléments de la philosophie, l'ouvrage est finalement rédigé et imprimé avant les deux autres. Si les circonstances de la guerre civile sont l'occasion de ce changement de calendrier, elles permettent surtout à Hobbes de percevoir l'autonomie de la philosophie politique. Le vaste laboratoire conceptuel qu'est le traité Du citoyen en présente l'ensemble des théorèmes. Il ne se contente pas de fonder une doctrine de la souveraineté absolue, il pose aussi les bases d'une personnification de l'État et formule clairement les conditions d'une volonté du peuple. Ecrit en latin, c'est ce traité qui a fait l'éducation hobbesienne du public européen, jouant un rôle de premier plan dans la refondation politique et juridique du continent dont nous sommes les héritiers.
Léviathan de Hobbes (qui paraît en 1651) est un des rares textes fondateurs de la philosophie, comme la République de Platon, auquel son auteur le comparait. Il jette, en effet, les bases de la tradition politique moderne, en inventant le mythe de la souveraineté : considérant leur état naturel, effrayés par l'exacerbation mortelle de leurs passions, les hommes décidèrent, par leur faculté propre de vouloir et de penser, de se doter d'une loi commune, artificielle, qu'un individu ou une assemblée aura pour tâche d'élaborer et de mettre en oeuvre. Avec Hobbes, l'histoire se substitue à la théologie : ce n'est plus dans le divin que la loi se fonde, mais dans l'humanité. Voici désormais cette oeuvre majeure de la philosophie politique occidentale rendue accessible à chacun, grâce à la traduction intégrale et inédite de Gérard Mairet.
La réputation de Hobbes, longtemps scandaleuse, commence de céder aujourd'hui à une réévaluation positive ; le fondateur de la philosophie politique moderne n'a pas développé une mystique de l'Etat soutenue par une idéologie explicite de la violence ; il faut reconnaître que l'on s'est mépris sur la conception hobbienne du pouvoir, en déchiffrant ses oeuvres comme les pièces d'une science politique qui serait exclusivement une philosophie de la puissance politique.La lecture du Citoyen devrait nous en convaincre. Sans avoir la facture définitive du Léviathan, le Citoyen (De Cive) publié à Paris en 1642, en contient toutes les prémisses et en annonce les thèses ; la même logique politique y est le creuset de l'extraordinaire mutation que Hobbes opère dans le champ de la philosophie politique et dans le domaine de l'univers juridique. A la référence cosmologique et théologique du droit naturel classique, Hobbes substitue une référence anthropologique. Mais si l'homme est un loup pour l'homme en l'état de nature, il peut accéder au domaine du juste non pas contre l'empire de l'Etat mais grâce à lui.