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Le poème de la raison Descartes
Hirt André
KIME
26,40 €
Épuisé
EAN :9782841744015
Et si avec Descartes s'ouvrait la scène moderne de la poésie ? Et si c'était la pensée en général et l'existence qui se décidaient ? La pensée comme poésie, la pensée comme existence, la poésie comme existence ? Il est certain qu'avec Descartes s'inaugure l'âge de la raison et de la science. Il va beaucoup moins de soi qu'avec lui l'usage de la raison ne fait qu'un avec la production du poème. " Le monde est une fable " laisse-t-il entendre. Ce n'est pas que le monde soit un rêve mais il n'est et ne sera que ce nous sommes capables de penser. Et nos existences ne pourront être qu'à la mesure de notre puissance de penser. Ce livre sur Descartes, à tous égards singulier, s'efforce de montrer comment, au-delà de la scission moderne, catastrophique, entre raison et poésie, Descartes a promu une pensée unique et intense de nous-mêmes, du monde et de l'existence. Il aura fallu mettre de côté bon nombre de préjugés ainsi qu'une image sclérosée de Descartes pour présenter dans sa fraîcheur et sa pertinence cette ?uvre qui permet de rouvrir toutes les questions les plus actuelles, qu'elles soient métaphysiques, morales ou esthétiques. Descartes est lu ici, à l'inverse d'une plate tradition scolaire, avec liberté, enthousiasme et en compagnie des plus grands penseurs, poètes et artistes, sans jamais céder sur la rigueur de la raison qui est la même que celle de la poésie.
ÉCHO De quoi le déploiement d'une fleur est-il l'évanouissement? Et pourquoi une floraison serait-elle une disparition dans une métamorphose? L'histoire de Narcisse que nous raconte Ovide dans la troisième partie des Métamorphoses s'achève en effet par l'apparition d'une fleur qui porte son nom. L'histoire conduit le lecteur - et Narcisse - depuis sa conception jusqu'à son printemps, qui est étrangement une mort. Et au-delà de cette narration, comme son rejet plus que comme son effet, il existe une autre histoire, à vrai dire aussi vite entamée que reléguée, celle d'Écho, dont le devenir est la sempiternalité d'une douleur, le retour presque imperceptible d'un rien, juste de sons qui dans leurs répétitions et leur éloignement n'existent même pas. On peut suivre les étymologistes qui font dériver le nom de la fleur, le narcisse, de narkè, l'engourdissement et la torpeur. Et il est même arrivé, ainsi qu'on peut le lire dans Plutarque (?uvres morales, 647b), que le narcisse soit une fleur de mort (dans le culte de Déméter à Éleusis, par exemple). Mais pourquoi cette étonnante destinée de Narcisse, d'un adolescent d'à peine seize ans, d'un béotien, du fils d'un fleuve de Béotie, cette région proche de Thèbes, et d'une nymphe? - Notons qu'il s'agit peut-être tout simplement de l'histoire d'une bêtise comme en commettent non seulement les jeunes gens à la recherche de leur image qui investit tout leur désir; peut-être s'agit-il également de l'histoire d'une pensée et encore une fois d'un désir très simples, voire simplets, en tout cas ignorants, premiers et originels, dont la nature relèverait davantage d'une contraction, d'une régression que d'une ouverture à l'extériorité et aux autres. Ovide rapporte que Narcisse est très beau; en vérité, il reprend seulement l'avis des nymphes (en l'occurrence des nymphettes!) qui, quant à elles, désespèrent de l'indifférence du jeune homme à leur égard. Narcisse, en effet, ignore l'amour. Et parmi ces nymphes, ces filles-fleurs, une, Écho, au lieu de se concentrer sur sa fonction, à savoir l'animation d'un lieu déterminé de la nature comme les sources, les rivières, les montagnes ou les arbres, ainsi que l'avait enjoint à cette descendance son père Zeus, dépérit d'amour. Son corps finit par se décharner et par disparaître d'une sorte d'anorexie. Ne reste d'elle que la voix, gémissante.
Résumé : André Hirt, Professeur agrégé de Philosophie en Classes Préparatoires, (Doctorat sur Beaudelaire), est Co-traducteur de W. Benjamin (Origine du drame baroque allemand, Flammarion 1985). Il a publié de nombreux articles et prépare un ouvrage sur la poésie. Dans la philosophie.
Le Journal configure notre monde et cherche en même temps à en faire paraître le sens. A cette fin il utilise un régime de langage qui prétend rendre compte de l'événement avec fidélité. Toutefois cette saisie dominante du monde qu'est le journal n'a-t-elle pas donné lieu à des perversions du langage que le grand polémiste viennois n'a cessé de fustiger dans sa revue Die Fackel (Le Flambeau), sous le regard fasciné de nombreux grands esprits de la première moitié du XXe siècle? Car Kraus a incarné la figure du grand prêtre de la langue et de la vérité face aux dérives et aux déclassements que le journalisme leur a fait subir. Ce livre, qui n'est pourtant pas une polémique de plus contre le journalisme, voudrait plutôt montrer l'intérêt philosophique de la critique de Kraus, en particulier à travers la lecture serrée qu'en a effectuée Walter Benjamin. D'autant que si le journal est la philosophie officielle de notre temps, sa modalité contemporaine réussie et mondialisée, alors il faut en toute rigueur s'interroger à nouveaux frais, depuis la vérité du langage, sur ce qu'on entend par événement. Et ne peut-on en conséquence voir dans la poésie et dans le cinéma des armes critiques pour nous y aider contre le régime dominant du langage qu'est le journal? C'est pourquoi on lira ici Kraus avec Mallarmé, Orson Welles et quelques autres grands penseurs du journal. En somme, il s'agit de comprendre pourquoi il est nécessaire de résister au langage de l'Universel Reportage et à la Magie Noire qu'est la Presse.
Résumé : " Il faut être absolument lyrique ". La formule est en effet de Baudelaire. En nouant la poésie à l'existence, elle annonce celle de Rimbaud : " Il faut être absolument moderne ". La poésie, en devenant une exigence d'existence absolue, promeut un lyrisme nouveau qui ne se réduit pas à un épanchement de la subjectivité. Parce qu'il inaugure la " modernité ", Baudelaire est une Idée qui, telle un astre, régit toute une constellation philosophique. Le poète est un soleil. C'est pourquoi, on a tenté ici de suivre les réfractions et les vibrations de ses rayons sur des pensées situées aussi bien en amont (Pascal, Hegel, Kierkegaard) qu'en aval (Benjamin, Adorno, Foucault) de son foyer. Comme si l'exigence lyrique de Baudelaire nous fixait un impératif immédiat de pensée et d'existence dont le contenu reste à dévoiler dans ses reflets passés et futurs.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.