La poésie est partout et s'adresse à tous. Voilà résumé brièvement et de manière un peu triviale le sujet de cet ouvrage qui nous propose une histoire de la poésie moderne bien éloignée de l'idée reçue d'une pratique sacralisée dans et par le livre et destinée au seul public lettré. Il ne s'agit donc plus d'envisager la poésie comme une langue enclose et fermée au profane mais comme une pratique "hors du livre", spontanée, partagée et répandue. L'objectif des auteurs, issus de disciplines aussi diverses que la littérature, l'histoire, la sociologie, etc. , est de nous rappeler que la poésie est complexe et hétérogène dans ses formes, donc dans ses modes de production et de diffusion, et qu'elle s'inscrit dans une réalité sociale et artistique. Dès lors, il devient indispensable de resituer historiquement la poésie, tout d'abord dans les pratiques sociales, culturelles et politiques puis en tant que pratique même, socialement transmise et incarnée, mais aussi par le sens qui lui est conféré, les prescriptions et les normes qui la sous-tendent ou encore les cadres de pensée qui l'entourent. L'enjeu de cette étude est de rendre à la poésie son épaisseur, d'en comprendre toutes les dimensions, de lui redonner tous ses sens.
L'ouvrage étudie les espaces de la chanson contemporaine, où espace revêt plusieurs sens. La chanson constitue un ancrage identitaire, mais voyage à travers les frontières à la faveur d'adaptations. Elle est sans aucun doute un espace symbolique, lié à l'imaginaire et à l'histoire. Elle offre sur la page ou la partition un espace structuré pour une écriture singulière et multiple. Elle se diffuse désormais non seulement sur le disque mais à travers des espaces virtuels, ce qui nécessite la création d'un espace juridique en redéfinition. En réunissant des spécialistes de stylistique, de musicologie, de cultures étrangères, d'esthétique, d'histoire, de sociologie, d'arts du spectacle et d'arts visuels, on définit ici la chanson comme un objet intermédial complexe et digne d'une étude attentive, ce qui est particulièrement intéressant à un moment où la chanson, sous l'effet d'influences diverses, semble être en mutation.
Hirschi Stéphane ; Jacono Jean-Marie ; Prévost-Tho
Qu'est-ce qu'une chanson engagée ? Ce n'est pas seulement une chanson qui prend position "contre" face à des événements, des conflits et des problèmes sociaux ou politiques. Si ce genre de chanson reste toujours d'actualité, les questions soulevées par le féminisme, les rapports de genre, l'homosexualité ont fait émerger des chansons "pour" bien avant la fin du me siècle. En outre, dans ce domaine artistique, l'engagement peut se manifester de manière subtile grâce à la musique et aux interprètes, y compris dans les productions commerciales. Les trente-deux communications rassemblées ici explorent les dimensions variées de la chanson engagée du XIXe au XXIe siècle. Issues de la troisième biennale internationale d'études sur la chanson organisée en septembre 2021 à Paris (Sorbonne Nouvelle et Philharmonie de Paris) et à Aix-en-Provence (université d'Aix-Marseille), elles présentent et analysent cette production artistique dans le contexte de dix pays différents (Allemagne, Brésil, Bulgarie, France, Grèce, Islande, Italie, Japon, Liban et Portugal). Les interventions de quatre artistes : Michele Bernard, Clarika, Jeanne Cherhal, et Mustapha Amokrane (du groupe Zebda), réunis pour l'occasion autour d'une table-ronde, éclairent également ici la notion d'engagement au pluriel.
Avant-propos de Sandrine Dubel, Sophie Gotteland et Estelle OudotDepuis quelque temps déjà, nous étions plusieurs d'une même génération à souhaiter rendre hommage au travail et à la personnalité de Suzanne Saïd. Ce projet a immédiatement rencontré son adhésion. Elle n'y mettait qu'une condition: que le volume, contrairement à l'usage courant pour des Mélanges, rassemblât les contributions des étudiants qui avaient, de façon plus ou moins étroite, travaillé sous sa direction.Sa curiosité intellectuelle, son énergie inlassable, son goût sans cesse réaffirmé pour les textes ont trouvé à s'épanouir sous des horizons très variés: successivement assistante et maître-assistante à l'université de la Sorbonne, professeur à Grenoble, puis à Strasbourg et à l'université de Paris Ouest Nanterre La Défense, elle a ensuite poursuivi cette carrière déjà extrêmement riche à l'université de Columbia à New York. Ce parcours géographique, les liens qu'elle a su nouer avec d'innombrables chercheurs de tous pays, reflètent parfaitement, nous semble-t-il, son ouverture d'esprit et traduisent l'aura internationale qu'elle a acquise au fil de sa carrière.Suzanne Saïd n'est pas une enseignante ordinaire. Tous ses étudiants le diront: c'est un savant reconnu, qui toujours regarde devant elle. Loin d'attendre l'approbation immédiate et le respect figé devant une autorité, elle apprécie la réponse, la contradiction, bref la dialectique au sens où les Anciens l'entendent. Elle apprécie les nouveaux angles de lecture adoptés par d'autres, les interprétations inattendues qu'ils peuvent proposer. Jamais elle ne se tient à une position préétablie, jamais elle n'impose aux textes une grille académique. Elle prend à chaque fois le risque de nouvelles approches, mais elle les soumet, immanquablement, au crible de sa formation philologique et de sa profonde rigueur intellectuelle. Il en est résulté très vite des interprétations nouvelles, qui sont devenues des classiques.Suzanne Saïd a tracé différents chemins dans le paysage littéraire de la Grèce ancienne. Nos recherches reflètent, nous semble-t-il, la variété de ses travaux et de ses angles d'approche. Elles suivent également l'évolution de ses centres d'intérêt et de ses méthodes de recherche. Ces Mélanges ont donc été conçus, à travers nos contributions respectives, comme un reflet du parcours littéraire et philologique de Suzanne Saïd. Nous avons néanmoins choisi de les organiser selon la chronologie d'histoire littéraire.Ce livre n'aurait pu paraître sans la générosité de différents organismes et centres de recherche. C'est un plaisir pour nous de remercier, pour leurs contributions financières, l'université de Columbia (New York), le Centre de recherches sur les littératures et la sociopoétique (EA 1002, Clermont-Ferrand 2), l'équipe ESPRI UMR 7041 (CNRS - Paris Ouest Nanterre La Défense), l'équipe THEMAM (UMR ArScAn, CNRS - Paris Ouest Nanterre La Défense), ainsi que l'équipe d'Accueil 1491 «Édition et commentaire des textes grecs et latins» (Paris-Sorbonne). Que leurs directeurs respectifs trouvent ici l'expression de notre plus vive gratitude. Nous tenons également à remercier les Presses universitaires de Paris Ouest, qui ont bien voulu accueillir ce volume dans leur catalogue.
Présentation de l'éditeur Empereur épris de philosophie et païen militant, Julien (331-363) est l'auteur d'une oeuvre abondante et variée, aussi passionnante que son existence romanesque. Il était tentant de suivre les traces de ses écrits (lettres, discours, lois, spéculations philosophiques ou théologiques, ouvrages polémiques, confidences autobiographiques) chez les lettrés de la fin de l'Antiquité. Qu'ils soient philosophes, historiens, rhéteurs, qu'ils soient païens ou chrétiens, ils furent nombreux à faire appel à des formules, des concepts et des textes de Julien. On croisera donc ici non seulement les grands écrivains de l'époque (Libanios, Ammien Marcellin, Grégoire de Nazianze, Jean Chrysostome) mais aussi des auteurs moins connus (Saloustios, Sozomène, Philostorge, et bien d'autres). Tous ont fait preuve d'une remarquable inventivité littéraire, mêlant ironie, citations détournées, subtil double langage. C'est cette scène intellectuelle dominée par la dernière grande polémique entre christianisme et paganisme - un véritable "choc des cultures" - que reconstitue cette étude philologique qui apporte un éclairage nouveau sur l'histoire de l'Antiquité tardive.
Les relations d'un auteur et de son éditeur se résument-elles au contrat qui les unit ? Dans cet entretien, Marie Darrieussecq expose avec franchise et vivacité les relations qui la lient à son éditeur, Paul Otchakovsky-Laurens, fondateur des Editions P.O.L. Elle évoque son itinéraire éditorial, de ses débuts, avec le succès de Truismes, jusqu'à aujourd'hui, et réfléchit à son statut d'auteur.
Nous vivons immergés dans la publicité: publicité dans nos journaux, publicité quand nous ouvrons la radio, publicité à la télévision, parfois tellement envahissante qu'elle coupe, ne devrait-on pas dire, parfois, pollue, les émissions que nous suivons. Depuis un peu plus de dix ans et les progrès d'Internet, elle a trouvé et conquis un nouveau support, et l'on ne peut pas aller sur la toile sans être invité à acheter le meilleur parfum, le dernier modèle de la meilleure marque d'automobiles ou une place sur la croisière qui vous mènera au Soleil de Minuit. Ce livre n'est ni une justification ni une dénonciation de la publicité. C'est un livre d'histoire qui cherche à observer, comprendre et expliquer comment elle a conquis, dans notre pays, la place qu'elle occupe aujourd'hui. Car cette histoire, l'histoire de ses progrès, des difficultés, des obstacles et des oppositions qui les ont entravés, est à peine entreprise, à la différence de l'Angleterre et plus encore des Etats-Unis. Cet ouvrage réuni un ensemble d'articles, parus depuis une quinzaine d'années, qui sont parmi les premiers à avoir été consacrés à l'histoire de la publicité en France.