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Traduire avec l'auteur
Hersant Patrick
SUP
24,99 €
Épuisé
EAN :9791023106336
La collaboration entre auteurs et traducteurs expose au grand jour un travail d'ordinaire voué à l'ombre, celui de la traduction en devenir - dont elle révèle les lignes de force ou de fracture, les hésitations et les remaniements, les repentirs et les audaces. La finalité et l'efficacité d'une telle collaboration restent encore à interroger : que prétend-elle accomplir, et y parvient-elle ? Se réduit-elle à une simple correction-révision, ou modifie-t-elle le texte en profondeur ? Trahit-elle une prise de contrôle par l'auteur, au point de nuire à la traduction ? Saint-John Perse, Thomas Mann, Paul Celan, Gabriele d'Annunzio, Amelia Rosselli, Guillermo Cabrera Infante, Joâo Guimaràes Rosa, Anne Hébert, Philippe Jaccottet, Vladimir Nabokov, Joseph Brodsky et Julio Cortà.zar : tels sont les auteurs que l'on verra ici, via leurs correspondances et des manuscrits inédits, en conversation - ou aux prises - avec leur traducteur ou traductrice.
Originaire de Hongrie, installé dès 1948 à Paris où il est mort en 2008, Simon Hantaï est l'une des figures majeures de l'art de la fin du XXe siècle. Ses tableaux abstraits, réalisés par la méthode du pliage à partir du début des années 1960, sont considérés comme une réponse définitive à l'oeuvre de Jackson Pollock, et ont influencé de nombreux artistes français à leurs débuts, de Daniel Buren aux peintres de Supports-Surfaces. Mais jusqu'à présent, l'intérêt très largement partagé accordé aux pliages n'a pas réussi à expliquer de façon convaincante la genèse et le développement dans le temps de cette technique. Molly Warnock a nourri sa réflexion de nombreuses conversations avec Hantaï et l'a fondée sur des recherches approfondies, notamment dans les archives de l'artiste et de la galerie Jean Fournier. Penser la peinture situe les origines de cette méthode autographe dans un contexte artistique et intellectuel d'une richesse exceptionnelle, conditionné par le discours des surréalistes sur l'automatisme psychique, l'émergence de l'abstraction gestuelle et la floraison d'une plus large pensée post-hegélienne. Peintre, écrivain, penseur, Hantaï apparaît comme un artiste profondément engagé dans les questions centrales de son temps sur la peinture et la philosophie.
Pour des milliers de jeunes Américaines parties passer un an en France pour leurs études, l'après-guerre fut un âge d'or. Parmi elles, Alice Kaplan a choisi trois femmes devenues légendaires : la First Lady Jacqueline Bouvier Kennedy ; l'essayiste et romancière Susan Sontag ; la militante des droits civiques Angela Davis. Étudiantes à Paris en 1949, en 1957 et en 1963, elles se sont offert une liberté qu'elles ont assumée et y ont acquis des savoirs qu'elles ont su transmettre. Paris les a transformées : le rapport à leur corps, à leur langue, à leur pays n'était plus le même. À leur retour, elles ont transformé les États-Unis. À tel point qu'elles incarnent, encore aujourd'hui, le génie féminin américain. Alice Kaplan nous montre que ce génie doit beaucoup à l'esprit parisien. Riche en révélations, cette biographie croisée décrit le Paris des Trente Glorieuses à travers les yeux de ces trois jeunes Américaines. Et témoigne, contre toute attente, de la persistance du rêve français aux États-Unis.
Qu'advient-il après l'ultime expédition? Rien d'éclatant, rien d'inconnu. Un regard que l'on jette de très loin, dans la solitude. Et cela n'a rien de singulier,Aube d'une vérité ancienne: pas de prochaine fois.Espace éperdument ouvert. Science qu'avive le vent." Poèmes 1966-1984, publié aux Éditions Gallimard en 1988, réunit des poèmes extraits de six recueils: Death of a Naturalist (1966), Door into the Dark (1969), Wintering Out (1972), North (1979), Field Work (1979) et Station Island (1984). La lucarne paraît enmême temps que L'étrange et le connu qui a reçu le prix Whitbread Book of the Year en 1996.
Toute sa vie, l'être humain ne cesse d'apprendre au contact d'autrui, d'imiter, de reproduire, de recombiner différentes idées ou savoir-faire - et de les transmettre. Depuis les premiers chasseurs-cueilleurs jusqu'à l'invention d'Internet, le long processus d'évolution de notre espèce ne peut'expliquer qu'à la lumière de cette spécificité que l'on appelle l'intelligence collective, ou plus simplement la culture. Privé de l'accès à cette source de savoir accumulée au fil des générations et adaptée aux environnements locaux, l'être humain serait incapable de survivre. Passant de l'anthropologie et de l'histoire à la psychologie, la biologie ou encore la génétique, Joseph Henrich démontre de manière magistrale et convaincante pourquoi l'être humain est la seule espèce à avoir atteint un tel degré de développement.
Ahmad Zaki fut entre 1892 et 1934 l'une des figures les plus dynamiques de la vie culturelle égyptienne : polyglotte, traducteur, bibliophile, philologue, homme d'érudition, mais épris de modernité et de voyages. A l'aise tant dans la culture arabe que française, il stupéfiait déjà ses contemporains par l'ampleur de ses connaissances et sa liberté d'esprit. Le tour d'Europe qu'il effectua à partir de 1892 et dont on présente ici la traduction intégrale a tout pour nous étonner encore aujourd'hui par éclectisme dont il témoigne. Rédigeant ses feuillets à la diable, d'où un style singulièrement alerte, l'auteur nous fait partager le regard qu'il porte à la fois en humaniste, en ethnographe amateur et en touriste bon vivant, sur l'Italie, la France, l'Angleterre, le pays de Galles, la péninsule Ibérique, auréolée pour lui du souvenir d'Al-Andalus et de ses splendeurs. Chemin faisant, ce qui se construit, dans ce récit au ton personnel, mi-parti d'humour et de souci patriotique, c'est aussi un discours occidentaliste, véhiculant savoir et représentations moins de "l'Autre", que des autres, mais sans aucune lourdeur dogmatique.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.