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Héritier Françoise
GALILEE
32,00 €
Épuisé
EAN :9782718608334
Pourquoi dit-on en France que chanter faux fait pleuvoir ou que les filles qui ont leurs règles ne doivent pas se baigner? On peut répondre dédaigneusement qu'il s'agit là de superstitions surannées, dont on ignore l'origine et qui n'ont, en tout cas, aucun rapport entre elles. Or ce livre traite d'un système de pensée élaboré par une société d'Afrique de l'Ouest, les Samo, l'interroge de l'intérieur et met en évidence des similitudes, non pas tant dans les faits à proprement parler que dans les raisonnements tenus. Cet ensemble conceptuel a une grammaire: l'idée d'une osmose par "sympathie" entre le cosmos, le corps biologique et les actes sociaux, par attraction ou répulsion entre eux d'éléments (personnes, objets, actions, événements...) dotés de qualités semblables ou différentes. Nous en comprenons le fonctionnement, que ce livre dévoile, ne serait-ce que parce qu'il recourt à des composantes qui nous sont familières - tels les quatre éléments fondamentaux de la terre, du feu, de l'air et de l'eau -, qu'il rencontre des besoins que nous partageons et qu'il se fonde sur une exigence commune de l'humanité: donner un sens à des faits inexplicables qui ont été ou sont encore, pour ceux qui l'ont élaboré comme pour nous, des "butoirs pour la pensée". Nous en tirons des lumières sur notre propre fonctionnement mental car, comme l'écrivait Georges Bataille, saisi par la "modernité" des représentations picturales de la préhistoire, il nous faut, devant l'évidence, postuler "une cohérence relative des mouvements de l'esprit humain".
Le sacrifice est-il un meurtre? A quoi sert la douleur infligée? Quelles sont les limites du pacifisme et de la non-violence? Telles sont quelques-unes des questions que pose ce livre à travers des réflexions sur la torture politique, les mises à mort publiques, mais aussi le statut de l'animal, le sacrifice de soi ou des autres, la vendetta et le bouc émissaire, la haine en bande organisée. C'est la genèse de l'intolérance violente qu'il tente de décrire, pour servir de préalable à une éthique universelle.
La différence des sexes structure la pensée humaine puisqu'elle en commande les deux concepts primordiaux: l'identique et le différent. La manière dont chaque culture construit cette différence met en branle toute sa conception du monde, sa sociologie et sa biologie, comme sa cosmologie. Changer le rapport du masculin et du féminin, c'est bouleverser nos ressorts intellectuels les plus profonds, élaborés au fil des millénaires. En démontant les mécanismes de la différence, ce livre offre des solutions pour parvenir à l'égalité.
La différence des sexes sous-tend nos représentations Dans toutes les sociétés, la différence des sexes et la valorisation du masculin par rapport au féminin constituent des invariants dans le système des représentations. Un des devoirs de l'anthropologue est de débusquer cette structure idéologique qui est à l'origine d'une construction inégalitaire du social. Le social n'est jamais réductible au biologique Le différence des sexes ne relève pas de faits purement biologiques et universels. Dans toutes les sociétés humaines, cette distinction est toujours une construction d'ordre rationnel, mythologique ou idéologique, même si elle s'élabore sur des données qui appartiennent à la nature. L'anthropologie est un outil de réflexion pour la société d'aujourd'hui. L'anthropologue qui analyse le fondement de la différence des sexes dispose d'outils conceptuels et de matériaux concrets pour aborder les problèmes contemporains liés aux nouveaux procédés de procréation, ou au pouvoir des femmes dans la société.
Comment la violence se met-elle au service de la religion? Quel usage politique peut-on faire de la cruauté? Par quels biais les logiques de haine aboutissent-elles au massacre de populations entières? Telles sont quelques-unes des questions que pose ce livre à travers des réflexions sur la guerre civile en Colombie, l'épuration ethnique dans l'ex-Yougoslavie, le génocide des Rwandais tutsi, mais aussi la Bible, le droit musulman, la médecineou encore le pouvoir. Il privilégie une approche pluridisciplinaire pour cerner et comprendre ce quifait basculer les sociétés dans la folie destructrice.
Libre parole rassemble trois essais de style et de circonstance différents : la Conférence Hrant Dink sur la démocratie et la liberté d'expression par temps de violence, donnée en public à Istanbul en janvier 2018 ; les Thèses élaborées en 2015 sur "Liberté d'expression et blasphème", pour intervenir dans la discussion qu'ont relancée les assassinats par les membres de Daech de journalistes de Charlie Hebdo associés à la publication des "caricatures de Mahomet" ; enfin, le séminaire donné en 2013 et rédigé l'année suivante sur les formes de la parrésia selon Michel Foucault, où se trouve déployée à partir de l'exemple grec sa conception du courage de la vérité. Leur objectif commun est de problématiser les conditions et la fonction de la liberté d'expression en tant que droit aux droits, plus fondamental que jamais dans une période de régression des formes démocratiques, facilitée par les effets désagrégateurs de la mondialisation capitaliste, et surdéterminée par les effets de terreur et de contre-terreur que suscite une situation de guerre endémique à laquelle aucune région du monde n'échappe entièrement désormais. Il est aussi de montrer que, si la liberté d'expression institutionnellement garantie, et la libre parole qui en forme la contrepartie subjective, constituent une "propriété" inaliénable des individus et des groupes dont l'autonomie est (théoriquement) reconnue en démocratie, il faut s'élever à la conception d'un bien public de la communication si l'on veut en généraliser l'exercice, en prévenir les usages discriminatoires, et lui conférer par là-même toute sa normativité politique.
Il y a une clé qui ne sèche jamais. Il s'agit de la clé qui déverrouillerait l'origine. La clé de la chambre interdite. On ne sait si elle est tachée de sperme ou de sang. On hésite toujours.