Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'Affaire Gutenberg. Bibliothèques, incunables et histoire nationale en France au XIXe siècle
Henryot Fabienne
HEMISPHERES
26,00 €
Épuisé
EAN :9782377010875
Contrairement à leurs homologues germaniques et anglais, les bibliophiles français se sont tardivement intéressés aux incunables, ces premières productions typographiques de l'Europe du XVe siècle. C'est pourquoi l'Etat français (Empire, Royaume, République) a pu très tôt capitaliser des séries très considérables de ces imprimés du premier âgeA ; la puissance publique a très vite usé de son droit régalien de décréter le patrimoine concernant les incunables, et les mettre à l'abri dans les collections publiques. C'est sur ce processus que cet ouvrage se penche, en combinant des portraits (hommes politiques, bibliothécaires, bibliographes, collectionneurs) et des modèles théoriques décrivant le processus de patrimonialisation et ses rapports au collectionnisme, à l'érudition, à l'économie des biens culturels et à la bibliothéconomie. C'est plus généralement l'histoire nationale telle qu'elle se construit dans les bibliothèques qui se donne à voir dans ce récit.
Dom Augustin Calmet, religieux bénédictin né et mort en Lorraine, exégète et historien, est un homme de "la crise de la conscience européenne". Il en a épousé et les polémiques, et les modes de travail qui renouvellent alors le monde savant. Il est à Paris au moment paroxystique de la querelle née de la bulle Unigenitus; à Nancy lorsque, s'essayant à l'histoire avec la plus grande rigueur, il s'attire les foudres du pouvoir ducal, qui fonde sur l'histoire officielle sa légitimité. Il est, plus de cinquante années durant, le centre d'un réseau de correspondants qui, des quatre coins de l'Europe et par delà les frontières, tentent d'animer une version bénédictine de la République des Lettres. Il pose enfin, au c?ur de son abbaye vosgienne, de vraies questions sur les fondements et les manifestations de l'autorité abbatiale, et du gouvernement de sa congrégation. Il est pour l'historien un observateur de son temps et son "itinéraire intellectuel" invite à considérer les renouvellements des méthodes de la critique biblique, et l'existence d'un monde d'érudits soucieux de positionner, au temps de la sécularisation des savoirs, le monde monastique dans l'élite du temps.
Cet ouvrage couvre presque cent années de l'histoire tourmentée de la péninsule coréenne, du début du XXe siècle à l'orée du nouveau millénaire. Témoignage exceptionnel, il a été écrit par la propre soeur de la compagne du Guide suprême, feu Kim Jong Il. Mais, du père héritier de propriétaires fonciers, choisissant très tôt le communisme contre ses intérêts de classe, aux enfants et petits-enfants éduqués au Nord, astreints à une vie de reclus avant de parvenir à fuir, les destins dramatiques de cette famille font largement écho aux tragédies individuelles de l'immense majorité des Coréens de l'époque. Cette émouvante narration à quatre mains – la première partie retranscrit le journal de la mère de l'auteure – est aussi un puissant manifeste : celui d'une lignée de femmes déterminées à s'arracher aux plaies de la misère et aux pesanteurs du patriarcat, et qui, au moins un temps, auront eu sincèrement foi en la société nouvelle qu'elles se proposaient de bâtir.
La découverte en Occident des cinémas de Chine, de Hong Kong et de Taiwan a marqué les esprits : mise en scène de l'opéra de Pékin et des arts martiaux (King Hu), imaginaire débridé mâtiné de mythologie (Tsui Hark), poésie contemplative (Hou Hsiao-hsien), polar désenchanté (John Woo), peinture de l'Histoire et enregistrement des mutations contemporaines (Jia Zhangke, Wang Bing), etc. La créativité bouillonnante des cinémas chinois donne à voir des représentations du monde singulières, tour à tour chaotiques, lyriques ou réalistes. Premier dictionnaire français intégralement dédié aux cinémas chinois, hongkongais et taiwanais, cet ouvrage propose des analyses d'oeuvres parfois inédites dans l'Hexagone, des biographies de personnalités marquantes et des études historiques et esthétiques originales et approfondies.
La publication des mémoires de Melkon Bédrossian (1906-1990), rédigées soixante ans après les faits, apporte une pierre de plus à l'édifice mémoriel érigé en monde arménien depuis des décennies.
Voici le fruit d'une vaste réflexion autour d'une problématique très actuelle : la place des religions et des spiritualités en milieu carcéral. Le propos est résolument interdisciplinaire — droit, sociologie, théologie, histoire... — et sur le temps long, du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, ce qui a permis de saisir les évolutions en lien avec les contextes sociétaux au sens large. La question se confronte d'emblée à deux réalités : le droit et la liberté individuelle. Comment une législation envisage-t-elle l'exercice d'une spiritualité ou des spiritualités en milieu carcéral, comment l'encadre-t-elle, avec plus ou moins d'aisance ? Se pose également la question de l'évolution en la matière, dans le sens d'un plus ou moins grand encadrement normatif en raison de l'évolution du contexte global. D'où l'opportunité de s'interroger sur la compatibilité de cette norme avec les droits élémentaires des personnes incarcérées. Ce livre décline trois dimensions : les acteurs (les aumôniers) ; le cadre légal, avec une présentation des situations en France, Belgique, Etats-Unis, Maroc... ; vivre le religieux, que ce soit la "rencontre" avec la foi, la conversion, le rejet...