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La peinture et le mal
Henric Jacques
EXILS
13,72 €
Épuisé
EAN :9782912969101
La Peinture et le Mal a été écrit à la fin des années 70. Cette seconde moitié du XXe siècle a vu l'effondrement des utopies politiques et artistiques. Le marxisme comme " horizon indépassable de la pensée ", la croyance en un progrès continu, nos idéologies du Bien, ont été tragiquement confrontés dans le réel à deux monstruosités : le stalinisme, le nazisme. A l'aube de notre siècle, la grande boucherie de 14-18 annonçait les charniers à venir ; à son crépuscule, le rythme de ceux-ci n'a malheureusement pas ralenti. Et si l'histoire de la peinture, et plus précisément l'histoire des liens de cet art avec une pensée du Mal (notamment dans le judaïsme et la théologie catholique), permettait de comprendre la logique mortifère de notre siècle ? Et si le naufrage de nos civilisations avait été annoncé, accompagné, via la succession des avant-gardes artistiques et sur fond de sublimes soubresauts, par la lente agonie de la peinture ? La Peinture et le Mal comme son titre l'indique, est un essai sur l'art. Il y est question de Titien, Tintoret, Watteau, Poussin, Greco, Seurat, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Schiele, Duchamp, Mondrian, Malevitch, Pollock, De Kooning... C'est aussi l'ébauche d'un roman, un fragment de journal intime, une réflexion sur l'éthique, un pamphlet politique.
Oui je sais, amour/sexe sont dissociés, doivent être dissociés. Je l'ai dit, répété. Elle l'a dit, répété. Nous l'avons dit, répété, devant des salles pleines, dans des studios de radio ou de télé. D'autres, en choeur, avant nous, avec nous, après nous, l'ont dit, l'ont répété. Je le dis, elle le redit, nous le répétons aujourd'hui. Mais quel amoureux niais je serais si je soutenais que durant le temps qu'il faut pour baiser, ne serait-ce que les une ou deux minutes qui parfois y suffisent, sous une cage d'escalier, à l'entrée d'un cimetière, dans un local à poubelles, duel crétin sexuel je ferais si je niais qu'au cours d'une baise, la plus sauvage, la plus anonyme qui soit, une fois, au moins une fois, en un très court instant, une goutte d'amour, une chaude larme d'amour ne coulait." Biographie de l'auteur Jacques Heuric est né à Paris en 1938. Il collabore dans les aimées soixante aux Lettres françaises, hebdomadaire dirigé par Louis Aragon, et publie ses premiers romans dans la collection "Tel Quel". Il appartient depuis 1971 au comité de direction de la revue Art press. Il est l'auteur de plusieurs romans et essais doigt La Peinture et le Mal (Grasset, 1983), L'Habitation des femmes (Seuil, 1998) et Légendes de Catherine M. (Denoël, 2001).
Atteint d'un cancer de la prostate, l'auteur doit subir une intervention chirurgicale qui va mettre en jeu, fût-ce provisoirement, son pénis et sa virilité. Le chirurgien s'appelle... Casanova! Dès lors, la piste du libertin de Venise est un fil rouge qui nourrit une interrogation sur l'instinct de vie, le spectre de la mort, et la place qu'y occupe la sexualité. Au sortir de cette épreuve, le narrateur éprouve le besoin de prendre un peu distance avec le monde occidental dans lequel il s'est formé, pour aller chercher d'autres perspectives dans un ailleurs qui prend essentiellement le nom d'"Afrique". Où se trouvent le Bien, le Mal? Est-on si sûr d'en détenir les clés? L'équilibre fugace de "la balance des blancs" se heurte à la question de la domination, de l'exploitation, et aussi bien de l'aliénation. A partir d'un événement de sa vie personnelle, Jacques Henric reconsidère une certaine histoire occidentale, et trouve dans l'art et la littérature quelques modèles de rupture qui, en leur temps, ont fui eux aussi leurs origines: Melville, Rimbaud, Segalen, Gauguin... Mais bien d'autres auteurs (de Joyce à Catherine Millet, de Leiris à Quignard, etc.) accompagnent cette réflexion sur le vacillement des certitudes et des évidences.
Jacques Henric naît en décembre 1938. Il appartient à cette génération qui fait ses premiers pas quand se déclenche la Seconde Guerre mondiale. Ces temps tragiques - la défaite, l'Occupation nazie, le gouvernement de Vichy, la Collaboration, la Résistance, les combats de la Libération, la découverte de l'extermination des Juifs... - ne sont pas étrangers aux engagements politiques et littéraires qui seront plus tard les siens: l'adhésion au Parti communiste, les luttes anti-coloniales, le compagnonnage avec Tel Quel, le bref épisode maoïste, l'aventure d'Art press...Politique est le récit, tantôt grave, tantôt drôle, du parcours d'un écrivain pour qui l'écriture et la politique, sans jamais se confondre, ont toujours tissé entre elles des liens complexes, comme ce fut le cas pour les avant-gardes littéraires du début du XXe siècle. Henric évoque ses rencontres avec Aragon, Genet, Adamov, Ionesco, Klossowski, Marguerite Duras, Philippe Sollers, Pierre Guyotat, Maurice Roche, Denis Roche, Bernard-Henri Lévy, Jean-Edern Hallier, Philippe Muray... Politique est aussi l'expression d'une révolte face aux falsifications de la mémoire; en un temps où est bradé ce que la modernité littéraire a produit de plus fort, cet essai autobiographique se veut une manière de traité anti anti-moderne "."
La liste est longue des peintres et des écrivains par qui le scandale est arrivé. Aux noms de Goya, Manet, Flaubert, Sade, Joyce... il nous faut aujourd'hui ajouter ceux de Scorsese et Rushdie. Un cinéaste puis un romancier se sont à nouveau rendus coupables du crime de lèse-sacré. Pourquoi images et écrits ont-ils toujours ce pouvoir d'affoler les communautés humaines et de mettre en péril les morales ? Et pourquoi est-ce le sacré que, toujours, on invoque pour faire barrage à la force insurrectionnelle de tel tableau, de tel film, de tel livre ? Jacques Henric, dans La peinture et le mal, avait proposé un début de réponse. Il poursuit ici son enquête en prenant pour objet le roman. Ainsi sur la scène de sa tragi-comédie défilent de graves, joyeuses ou pittoresques figures : Ulysse, Virgile, Kafka, Dante, Nietzsche, Jarry, Leiris, Nabokov, Blanchot, Bataille, Stendhal, Gracq, Céline, Proust, Warhol, des mystiques, des femmes, des saints, des fous, des prostituées... Il y a dans la littérature un "parti de la mort" et un "parti de la joie". Jacques Henric montre dans quel camp se situe le roman.
Proust jeune homme fréquente assidûment le Louvre et ses peintres, infligeant à ses amis (Reynaldo Han, Lucien Daudet,etc.) des rendez-vous étranges au musée et de longues stations devant les tableaux. Dans la réponse au fameux questionnaire sur son peintre préféré, il répond Léonard et Rembrandt. Que fait Proust devant les Vinci du Louvre, en particulier le Saint-Jean Baptiste et la Joconde ? Il apprend ce que voir veut dire et ce que créer une oeuvre appelle de séparation et de force. Cet enquête d'Olivier Wickers, auteur de plusieurs essais remarqués (en particulier Chambres de Proust, Flammarion, 2013) emmène le lecteur dans les arcanes de la création artistique et littéraire.
La revue Papiers propose pour son numéro de rentrée un grand dossier sur les Etats-Unis à la veille de l'élection du président. Avec les entretiens avec les meilleurs écrivains et intellectuels américains. Pour mieux connaître cette Amérique désormais en compétition avec la Chine pour la place de plus grande puissance mondiale.
Des animaux et des hommes : Depuis quand défend-on les animaux ? Les animaux sont-ils des hommes comme les autres ? Les bêtes pensent-elles ? De l'exploitation à la libération ? Le corbeau, plus intelligent que les primates ? La vénération du tigre, etc. Telles sont quelques-unes des questions que posera le prochain dossier de "Papiers". Pour comprendre pourquoi nous sommes si cruels avec nos cousins animaux. Egalement au sommaire de ce numéro : La vie sexuelle à Rome et en Grèce. Comment vivaient les hommes et les femmes de l'Antiquité. Ce qui était permis et ce qui était tabou. La place des esclaves. Homosexualité, hétérosexualité, des notions qui n'avaient alors pas de sens, etc. Carl Dreyer, cinéaste de l'espace et du visage. Vampyr (1932), Jour de colère (1943), Ordet (1955) et Gertrud (1964)? Autant de chefs-d'oeuvre qui ont influencé tout le cinéma de la fin du XXe siècle.
Nous, Français, aimons tellement notre culture et en sommes tellement fiers que nous en avons fait une "exception". Mais cette idée tellement répandue de l'excellence de nos écrivains et créateurs est souvent battue en brèche. D'abord par les faits. Ensuite par certains observateurs qui ont été assez courageux pour nous dire en face que nous ne sommes pas toujours les plus beaux. En 1980, un écrivain anonyme publie un pamphlet, Contre les Français - Sur l'influence néfaste que la culture française a eue sur les pays voisins et en particulier en Espagne. Un libelle vite épuisé, qui fut réédité plusieurs fois, à Mexico notamment. L'auteur entreprend, avec talent, une démolition en règle de nos idoles. A commencer par ces grands écrivains classiques que sont Molière, Corneille ou Racine. Bien sûr, l'auteur est de mauvaise foi, et cette mauvaise foi amuse. Il y a quelque chose de jubilatoire dans ce court essai qui est aussi une charge contre les Espagnols, dont l'auteur épingle ici le complexe d'infériorité.