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Strip
Henne William
5EME COUCHE
10,00 €
Épuisé
EAN :9782390081098
Strip est un livre-programme, presqu'au sens de logiciel, dans le sens où le livre se confond matériellement avec le dispositif qu'il décrit : un strip-tease imaginé autour des jouets en papier, proposé au début du siècle dernier, qui permettait d'habiller des poupées de papier avec divers éléments de costume. Le livret est basé sur une anecdote, avérée ou non, rapportée par le dessinateur français Yves Chaland autour des personnages de Bécassine et de Tintin. Le verso de chaque page montre la silhouette de l'envers du vêtement qui a été retiré au moment de tourner la page, de sorte que le livre fait corps avec le système qu'il décrit. Seul l'objet physique peut restituer l'expérience que ce livre propose. Dans ce strip-tease, jeu qui, à l'origine, relève typiquement du male gaze, la logique s'inverse pour dévoiler un enjeu qui se ne limite, en dernier ressort, qu'au domaine graphique, à travers l'anecdote de Chaland rapportée à la fin. Cette anecdote a la vertu de souligner le caractère collectif de toute création.
Jan reçoit la visite de Marc, un ancien camarade de classe, sans se douter de ce qui se prépare. Le livre est traversé par un texte énigmatique qui semble décrire la vie et la personnalité de Jan. Dans L'hôte (été 77), un texte, au statut indéterminé, traverse toute l'histoire et prend son sens à la fin de celle-ci.
La mécanique du récit abolit lentement la liberté des personnages, qui se débattent mollement dans les apories et les questionnements, déployant leurs gesticulations comme chorégraphie de cette méditation graphique inédite.
Dans le jargon de l'édition, 48CC désigne une bande dessinée de tradition franco-belge, de 48 pages, en format A4, cartonnée et en couleur. Le 48CC est la pagination la plus économique, devenue la norme parce qu'elle est réputée plaire aux enfants. Ilan Manouach achète, dans le marché de seconde main, quarante-huit albums 48CC appartenant aux séries les plus populaires de la bande dessinée franco-belge, suivant le guide Moliterni. Les albums sont soigneusement scannés et chacune de leurs 2.034 pages au total est numérisée et nommée selon une classification simple où le numéro de page est suivi du titre de l'album. Par exemple?: 34_La Horde du Corbeau. Toutes les pages de tous les albums portant le même numéro sont transférées dans un dossier spécifique. Ainsi, dans le dossier 34, on trouvera rassemblées toutes les trente-quatrièmes pages des quarante-huit albums scannés. Un total de quarante-huit nouveaux dossiers représenteront les quarante-huit pages de notre livre final. Le contenu de chacune des pages du livre final sera le produit de manipulations entamées sur les quarante-huit pages des albums scannées portant le même numéro. Les livres sont lus attentivement.
L'univers de François Burland est à l'image d'un grand bazar. On y trouve toutes sortes d'oeuvres : papiers recyclés, collés, peints ou gravés, broderies qui s'affichent comme des dessins colorés, sculptures ou jouets bricolés aux échelles brouillées. Le tout s'affranchissant des contraintes esthétiques pour permettre le jeu libre des formes et la magie du désordre. Ces authentiques créations ont de quoi surprendre. Elles mêlent des représentations vernaculaires à des images plus universelles qui s'associent au verbe, selon une propre logique. Ces oeuvres possèdent donc un mot d'ordre : le slogan ou mieux une parole qui attrape. A l'origine, dans l'ancienne Ecosse, le slogan signifiait le cri de guerre d'un clan. Aujourd'hui il est devenu une forme privilégiée de la communication de masse tant publicitaire que politique ou culturelle et fait partie intégrante de notre environnement. Chez François Burland, le slogan est tout cela à la fois, un alliage qui réunit le proverbe, la devise, la sentence et le cri de la foule. Il accroche, il rallie, il dicte. Il est certes un acte verbal mais sa lecture reste inséparable de sa forme plastique. Aussi pour comprendre l'esprit libertaire de cet artiste et sa capacité à être dans une attitude active et non soumise, il faut envisager la lecture de son oeuvre sous le signe de la résistance. "Créer c'est résister" pense Gilles Deleuze, qui établit "une affinité fondamentale entre l'oeuvre d'art et l'acte de résistance" . Il précise : "résiste à la mort soit sous la forme d'une oeuvre d'art, soit sous la forme d'une lutte des hommes". François Burland l'artiste est-il un rescapé ? Son histoire, ses années en marge de la société, sa rencontre avec le Sahara et son itinéraire artistique le font tout simplement naître. "J'ai commencé à faire de la peinture pour échapper à la vie. Au bout du compte c'est elle qui m'a ramené à la vie... " Il peut prétendre à l'art.