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Franc comme l'or
Heller Joseph
GRASSET
31,85 €
Épuisé
EAN :9782246234913
Dans {Franc comme l'or}, Joseph Heller déploie la même verve et fait preuve du même humour éclatant et caustique que dans {Catch 22}. Agé de quarante-huit ans, Bruce Gold, enseignant juif de littérature anglaise et auteur d'innombrables articles que publient des journaux au tirage insignifiant, se trouve soudain affronté au plus inattendu des destins : on lui propose un poste de très haut niveau dans l'administration à Washington. Comme lui dit son protecteur (un proche du président) avec cette drôle de façon de parler où se reconnaîtront les diplomates : "Je peux te garantir absolument que tu obtiendras le poste aussitôt que tu le voudras, bien que je ne puisse rien te promettre. Nous avons l'intention de régler cette affaire aussi vite que possible mais nous avons à procéder avec circonspection". Bien entendu, Gold accepte puis rencontre, à quelque temps de là, Andrea Conover, la fille élancée, belle et douée d'un diplomate à la retraite et antisémite, tout à fait le genre de compagne qui convient à un homme qui ambitionne d'accéder au rang de ministre des Affaires étrangères et serait, ce faisant, le premier juif à occuper de telles fonctions. Gold devra faire beaucoup de sacrifices (dont sa femme) : "Il savait bien que son père, son frère, sa soeur le désavoueraient et que ses enfants le rejetteraient. L'avenir s'annonçait des plus brillants". Une promotion étourdissante, voilà ce qui peut changer l'attitude à son endroit de sa nombreuse famille : un frère aîné, quatre soeurs aînées qui simultanément le rudoient et le traitent en enfant, sans compter un vieux père autoritaire et excentrique, qui ne cache guère que, pour lui, Gold est une m... De tribulations en retournements, c'est à une allure endiablée qu'Heller mène son lecteur : plus que jamais, l'humour cruel et tendre de Heller fait mouche à tout coup, constamment nous provoque, nous irrite, nous fait rire. {Franc comme l'or} mérite d'être considéré comme le chef-d'oeuvre de ce grand écrivain.
Delaney Joseph ; Heller Julek ; Delval Marie-Hélèn
Résumé : Au fil de ses aventures, afin de transmettre son savoir et ses connaissances aux futurs apprentis, John Gregory a consciencieusement répertorié toutes les créatures qu'il a rencontrées (gobelins, sorcières, mages, démons, créatures aquatiques...), et tous les enseignements qu'il a tirés de sa lutte menée contre l'Obscur. Ce bestiaire fourmille de détails sur les caractéristiques propres à chaque créature, leurs méthodes de combats, leurs rituels, leurs pouvoirs, leurs faiblesses. On apprend ainsi qu'il convient de respecter quatre phases faciles à mémoriser grâce au sigle NIET (Négocier, Intimider, Entraver, Tuer) quand on est confronté à un gobelin inconnu (comme celui de Chippenden) ! L'épouvanteur nous rappelle aussi que les sorcières ont recours, conjointement à la magie du sang et des ossements à des imprécations pour tuer leurs ennemis à distance... Parce qu'il est doué d'une volonté sans faille, celle d'anéantir à jamais l'Obscur, John Gregory se livre avec sincérité en évoquant tous les pièges dans lesquels il est tombé. Un Bestiaire à transmettre de génération en génération à tous les septièmes fils de septième fils...
John Yossarian travaille chez Milo Minderbinder, un de ces énormes conglomérats américains qui vendent de tout. Deux fois divorcé, père de quatre enfants, il ne se sent toutefois pas à l'aise dans le monde où il vit : ni dans son entreprise qui s'apprête à construire un bombardier invisible pour le vendre au plus offrant ; ni dans sa ville où le luxe côtoie insolemment la misère ; ni dans son pays dirigé par un président incompétent et cynique assisté d'un vice-président crétin notoire. Alors Yossarian, prétextant sa santé, qu'il a excellente, se réfugie souvent à l'hôpital. Réflexions désabusées sur la comédie du pouvoir, scènes loufoques, nous sommes dans un univers décadent, Luna Park flamboyant et grotesque où le mauvais goût et l'imbécillité sont poussés au délire, où les valeurs occidentales s'effondrent, même si l'on rit, comme dans les comédies noires.
Joseph Heller s'attaque aux racines mêmes de l'angoisse qui le ronge : comment être juif (américain ? ) dans le monde d'aujourd'hui. Ne pas s'attendre pourtant à de grandes et pompeuses dissertations sur le mal d'être : se trouver au bord même de la mort comme l'est le roi David dans ce roman à l'emporte-pièce n'interdit pas que l'on rie de la vie. Au contraire. Ceci étant, comment dire {aussi} l'énorme cruauté et tendresse de l'amour, les joyeuses folies de la guerre, l'immense étrangeté de la bêtise humaine, etc. , alors même qu'il semblerait bien que tout un chacun, et qui compte, a déjà fait le tour de la question ? La réponse est simple mais il fallait y penser : en prêtant à David, le plus illustre des rois de l'Ancien Testament, les propos d'un titi de Brooklyn qui, revenu de tout, est néanmoins toujours prêt à s'émerveiller comme il faut. On ne s'étonnera donc pas que ledit titi ait tout lu - Ancien Testament, Milton, Shakespeare, Browning, Oscar Wilde et quelques autres - et s'amuse beaucoup de remettre chacun à sa place : entre géants de la pensée, c'est la moindre des choses... Surtout lorsqu'on est, soi-même, le plus grand de tous !
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.