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Allemagne. Un conte d'hiver
Heine Heinrich
RESSOUVENANCES
20,20 €
Épuisé
EAN :9782845051485
Ecrit en janvier 1844, ce long poème satirique détourne la tradition romantique du conte aux connotations fantastiques et aux confidences sentimentales. Le poète fort célèbre du Livre des Chants, exilé à Paris, retourne au pays natal des chants idéalistes, des casques à pointe des soldats prussiens et des nourritures plantureuses. Il retrouve Hambourg, où il vécut les amours malheureuses de sa jeunesse et ses rencontres d'une nuit, où il croise son vieux censeur ému et fréquente (!) Hammonia, la déesse accueillante de la cité marchande. De souvenirs en railleries épigrammatiques décochées contre écrivains consacrés, poétereaux, gens de presse, le voyageur évoque l'ambiance policée de son pays, où seuls les rêves semblent offrir quelque liberté. Voici la critique démocrate et "matérialiste" de l'idéologie nationaliste, annonçant la démarche de Marx que Heine fréquenta à Paris, et donnant lieu ici à une anticipation horrifiée et railleuse (férocement insultante) de l'avenir que la domination prussienne laisse entrevoir, quand la prédilection pour les mythologies germaniques de la monarchie patauge dans la boue et, passant littéralement d'un trône à l'autre, dévoile fugitivement l'horreur de ses perspectives nauséabondes. Ainsi l'auteur met-il un terme au romantisme allemand devenu doctrine officielle : le fantastique est dans le concret, c'est la pratique effective de la société, et l'effroi est celui de l'avenir réel qu'elle laisse entrevoir.
Résumé : ALMANSOR. Es ist der alte, liebe Boden noch, Der wohlbekannte, buntgestickte Teppich, Worauf der Väter heil'ger Fuß gewandelt ! Jetzt nagen Würmer an den seidnen Blumen, Als wären sie des Spaniers Bundgenossen. Es sind die alten, treuen Säulen noch, Des stolzen Hauses stolze Marmorstützen, Woran ich oft mich angelehnt als Knabe. Oh, hätten unsre Gomeles und Ganzuls, Abencerragen und hochmüt'ge Zegris So treu, wie diese Säulen hier, getragen Den Königsthron im leuchtenden Alhambra ! Es sind die alten, guten Mauern noch, Die glattgetäfelten, die hübsch bemalten, Die stets dem müden Wandrer Obdach gaben ! Gastlich geblieben sind die guten Mauern, Doch ihre Gäste sind nur Eul' und Uhu...
Exilé en Suisse après l'écrasement de la Commune de Paris, Lefrançais publia à la fin de 1871 la présente Etude... , reconnue comme un témoignage majeur, et qui, selon Kropotkine, fut la seule "qui mît dans sa vraie lumière la véritable importance historique - communaliste - de ce mouvement" . Fac-similé de l'édition originale (Imprimerie James Guillaume), augmenté d'un Index historique des noms cités.
Les luttes paysannes - de la résistance à l'insurrection - auxquelles furent confrontés les bolcheviks après Octobre 1917 ont longtemps été occultées. Aujourd'hui encore, les crimes de la bureaucratie fondatrice à l'égard des masses rurales - réquisitions, expropriations, déportations et fusillades - sont justifiés plus ou moins implicitement, quand on admet leur existence, comme " crimes de classe " : une classe " révolutionnaire ", suggère-t-on, aurait dû défendre, avec les moyens adaptés, son projet " utopique " contre une " réaction " paysanne. Dans la partie liminaire de cet ouvrage, J. -L. Van Regemorter montre qu'une " révolution paysanne unique " commencée sous le tsarisme, outre qu'elle contribue à expliquer 1917, a poursuivi ses objectifs et sa stratégie contre l'appropriation étatique du bolchévisme. La seconde partie recueille des documents historiques traduits pour la première fois en français. Rapports de militants socialistes-révolutionnaires, tracts et appels d'insurgés, et surtout consignes, notes, mémoires internes de bolcheviks dessinent en creux l'histoire non écrite de l'" Antonovchtchina ", l'insurrection du paysannat dans la province de Tambov en Russie occidentale de 1919 à 1921. Les réquisitions de l'ordre militaro-bureaucratique, incompétent, prédateur, menées jusqu'à la famine et la déstructuration de la production agraire, ressortent à la fois des descriptions hostiles aux bolcheviks et des rapports et dissensions de ces derniers, qui les pratiquaient à grande échelle. Nous ne sommes pas en 1937, ni en 1956, mais en 1921, et l'autodénonciation cyclique de la bureaucratie s'instaure avec celle-ci même. A ce système correspondent d'emblée une planification, naïvement préconisée sans fards, de la terre brûlée par le haut, de l'omniprésence policière, de la coercition dogmatique, des déportations civiles, enfin le projet, méthodiquement consigné, débattu, appliqué, de " déployer la terreur rouge jusqu'à des proportions massives " (Antonov-Ovséenko). L'ordre n° 13o, de Toukhatchevski, est à cet égard éloquent. Dans les maladroites circonlocutions de son zèle glacé, il faut lire les ordres et contre-ordres manipulateurs, les concessions et les consignes secrètes de l'appareil en guerre contre une société insurgée. Ce fut la construction d'un " monde nouveau ", " désert et ténébreux ", habité par " des esclaves affamés, nus et sans voix " : ses moyens s'identifiaient à sa fin.