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Corps N° 2, Mars 2007 : Corps sportifs
Héas Stéphane ; Robène Luc ; Andrieu Bernard ; You
DILECTA
17,30 €
Épuisé
EAN :9782916275185
Ce deuxième numéro de la revue Corps s'ouvre sur un entretien avec David Le Breton et sur une anthropologie du corps confrontée à la modernité. Contemporanéité qui concerne également les corps sportifs, très présents dans les médias et au cœur des pratiques quotidiennes du loisir. Le dossier consacré aux Corps sportifs tente de mieux comprendre des situations socio-sportives particulières, dans certaines populations Outsiders (pratiques sportives gays, féminines, marginalisées, populations carcérales, handicapées etc.) notamment, ainsi que leurs enjeux corporels et symboliques. L'originalité des approches comme leur diversité font ici du corps sportif un corps-projet, engagé dans des pratiques qui perturbent les frontières du paysage sportif habituel. Le choix de la forme kaléidoscopique tenu par la revue invite à des sauts nourrissants, non seulement dans les thèmes et la chronologie, mais aussi dans la tonalité. Ainsi le cahier iconographique propose-t-il la mise en images des corps saisis par une épidémie et traités médicalement : premiers clichés photographiques d'un fléau aux résonances archaïques et chronique d'une mort massive, au début du XXe siècle, en Mandchourie. Il est aussi question, dans ce deuxième numéro, des corps en scène au théâtre, de ceux de la physiognomonie, de la nouvelle alliance entre sociobiologie et génétique, de l'enfant dans la construction de son rapport au monde, ou encore des marques corporelles dans le rugby féminin.
L'être humain développe des capacités physiques et mentales étonnantes. Parfois, il les met en jeu dans une visée professionnelle et devient expert es corps. C'est le cas des nez de la parfumerie, des oenologues, des imitateurs, des mimes, des contorsionnistes, des yogis, des funambules, des acrobates, des fakirs, etc. Les entretiens réalisés et la comparaison des trajectoires précisent leur arcane professionnel et personnel. Atteindre l'excellence corporelle exige des efforts permanents, une attitude empreinte d'humilité face aux déboires possibles: accidents, insuccès, baisse des performances, défaut de reconnaissance, trivialisation de l'activité. Les valeurs déployées pour se maintenir en activité sont à la fois courantes et surprenantes. L'individualisation symbolique est mobilisée comme processus identitaire. Mieux comprendre ces socioprofessionnalités en construction permanente révèle l'éventail insoupçonné des potentialités humaines aujourd'hui, repoussant toujours les limites en termes de performance, de capacité, d'habileté.
Chacun d'entre nous ne se réduit pas à sa peau. Pourtant, les relations entre la peau et notre sentiment d'exister, nos plaisirs et déplaisirs quotidiens, complexifient le tableau de la biomédecine, qui oublie parfois que l'être humain est toujours impliqué dans des relations de sens pour soi et pour autrui. Cette trame sensible, véritable grammaire symbolique, infuse chacun de nos comportements, et plus encore chacune de nos sensations ou proprioceptions. La peau était par le passé et demeure aujourd'hui un support et une surface du travail culturel... souvent à l'origine des phénomènes de stigmatisation (douloureuse, maladive, malveillante ou raciste).
Les méthodes psychocorporelles sont foison. Elles semblent multiplier depuis quelques années en Europe et plus particulièrement en France, en partie au sein du New Age. Elles sont, en réalité, beaucoup plus anciennes qu'il n'y paraît de prime abord. Les héritages occidentaux mais aussi orientaux des méthodes de relaxation et autres techniques de détente sont trop souvent sous estimés. Les analyses sociologiques et plus largement anthropologiques développées visent à relativiser la supposée nouveauté de ces méthodes plurielles. Elles contribuent surtout à montrer leur importance séculaire dans les sociétés occidentales, mais aussi, parfois, leur stigmatisation. Les relaxations sont appréhendées à la fois comme des techniques de gestion individuelles et collectives. Cette approche vise surtout à préciser leur nécessité anthropologique fondamentale dans la compréhension des relations humaines. Au-delà des mouvements conjoncturels des tendances modernes, les méthodes de relaxation mettent en jeu des relations à soi, à autrui et au monde dont les symboliques mais aussi les effets réels sont majeurs. Les analyses s'appuient sur plusieurs enquêtes réalisées à partir du début des années 1990 et qui se prolongent jusqu'à aujourd'hui. Elles précisent à la fois les ressorts intimes agissant dans les séances de relaxation, mais aussi leurs dynamiques sociales et plus précisément professionnelles à l'interstice des milieux médicaux, éducatifs, ludiques, sotériologiques, etc.
Quand le droit du travail fait le lien entre l'organisation en entreprise et la santé mentale. L'ouvrage est l'aboutissement d'un travail collectif, mené dans le cadre d'un programme derecherche fiancé par la DREES, la DARES et le Ministère de l'action et des comptes publics. Le postulat de départ était de constater qu'il existe une relation de cause à effet entre les organisations du travail en entreprise et les problématiques de santé, notamment de santé mentale. C'est ce lien que le projet a ambitionné d'analyser sur le plan juridique. Comment le droit est-il adapté et encadre-t-il les nouvelles formes d'organisation du travail et les enjeux de santé mentale au travail ? Comment plus spécifiquement le droit social permet-il de maintenir et de réguler le lien entre organisation du travail et santé mentale au travail ? L'objectif initial était par conséquent de justifier la capacité du droit à régir les nouvelles formes d'organisation dutravail, à l'aune des enjeux de santé mentale et en conséquence, de démontrer l'adaptabilité du droit social et du droit de la santé aux transformations du travail et à la prégnance de la santé mentale en entreprise.
Cette exposition vise à montrer que chez Pierre David la représentation du corps tend à contester les codes sociaux qui enferment chacun dans des catégories ethniques, stylistiques et comportementales. Les portraits sans regard (Portraits d'argent), présentent des visages aux yeux clos qui anéantissent toute communication avec l'autre. Les corps étendus sur une table (Dormir) et les corps fragmentés (Modèles, Nu) sont saisis par l'exactitude d'un dessin mimétique au style clinique. Ces témoins de vies mises à nu, sans décorum et sans fard, ces morceaux d'êtres que Pierre David s'applique à représenter, sont la mémoire précieuse (d'or et d'argent) des années et des tragédies de l'existence qui conduisent à l'inexorable déchéance. Les commandes passées à l'artiste par des particuliers ou des institutions permettent de les contextualiser et de leur conférer une humanité. De ce fait, l'oeuvre de Pierre David acquiert une dimension sociale. Les notices accompagnant les oeuvres parviennent à leur donner un souffle, une vie". Caroline Bongard
Figure majeure de la scène artistique française, Xavier Veilhan (né en 1963) vit et travaille à Paris. Son oeuvre est le résultat d'une pratique plurielle, entre sculpture, peinture, environnement, spectacle, vidéo et photographie. Il a fait l'objet de nombreuses expositions personnelles, en France au musée d'Art moderne de la ville de Paris (1994), au Centre Pompidou (2004) ou encore au château de Versailles (2009) ; mais aussi à l'international : Hong Kong, Séoul, Barcelone, New-York, Londres, Los Angeles, entre autres. En 2017, Xavier Veilhan représente la France à la Biennale de Venise avec un dispositif immersif dans lequel viennent travailler des musiciens du monde entier pendant sept mois. A travers un entretien avec l'artiste, des textes critiques mais aussi une sélection d'essais de différents acteurs du spectacle vivant, de philosophes ou de poètes, l'ouvrage aborde deux pendants de la production de Xavier Veilhan, le film et la performance : deux pratiques à la fois distinctes et complémentaires, qui interrogent à leur manière le lieu et le rapport à l'image. De son premier Film du Japon (2002) à Mutant Stage 8 réalisé en 2017 pour Lafayette Anticipations, Xavier Veilhan conçoit ses films comme une addition d'étapes, de gestes et de faits : un cinéma de situation, sans réelle narration linéaire. A l'instar de ses films, les performances de Xavier Veilhan se lisent en relation directe avec sa pratique formelle. Boucle et Ville nouvelle (2006), deux performances jouées à l'occasion de la cinquième édition de Nuit blanche (Paris), rappellent le lien étroit qui lie l'oeuvre et son contexte. Ailleurs, la performance vient souligner le propos d'une exposition (Performance aérienne, 2012) ou la compléter, comme à Los Angeles (2012), où la Case Study House n°21 sert de pilier à l'élaboration d'une dialectique entre architecture et sculpture. Dans l'ensemble de ses oeuvres filmiques et scéniques, un rôle central est accordé à la musique. Elle y est presque mise en scène, au point de devenir un personnage à part entière.
Le bruit des bonbons - The Astounding Eyes of Syria aborde la force de langage de la confiserie et des objets quotidiens. L'oeuvre explore les condensations de l'histoire, la résistance de nos héritages passés. Si le bonbon est un transmetteur universel qui humanise les relations entre les individus, il est ici l'objet moteur qui a le pouvoir de rassembler, de transmettre comme de se souvenir. C'est à travers la confiserie syrienne, que l'installation évoque et partage des souvenirs qui survivent au temps et à l'horreur de la guerre. Elle tisse des temporalités à la fois vraisemblantes et réelles sur fond de traditions partagées. Beaucoup de Syriens se retrouvent aujourd'hui autour de leur héritage vivant dont les souvenirs collectifs et individuels engagent la survie d'un immatériel qu'on ne saurait faire plier, réduire et oublier. Le Louloupti est un véritable petit bonbon qui nous rappelle les Abaib Ghouwar, petits sabots syriens en sucre, le souk d'Al-Hamidiyah et la Booza qui sont aujourd'hui plus que jamais dans la mémoire des Syriens en Jordanie, en France, au Canada, en Italie... Ces confiseries, objets-images et de liens, réparent notre regard et réveillent notre capacité à voir et à mobiliser. Imaginées par Benjamin Loyauté, ces sucreries narratives sont des agents transmetteurs, des actants. Durant plusieurs siècles, les peuples arabes introduisent le sucre dans la pharmacopée. Au XVIe siècle, le sucre était vendu par les apothicaires. Le bonbon avait ses vertus que l'histoire ne lui a pas depuis, reprises. Découverte en Syrie par Max Mallowan en 1937, l'idole aux yeux est une sculpture qui intrigue toujours et dont la fonction n'a jamais été véritablement tranchée. Le Louloupti dessiné à partir de cette archéologie est aussi spéculatif que tangible. En meringue et à la rose de Damas, il aurait aussi la fonction de prolonger le temps et les souvenirs comme de préserver l'avenir... En collectant les mots, les histoires et les "mémoires sucrées" de ses amis syriens sur des cartes postales, l'artiste et designer participe à la protection d'une culture dont la trace forme une armure. L'installation est une expérience "fictio-fonctionnelle" , où les objets-mots ont une force perlocutoire. Benjamin Loyauté utilise pour la première fois le terme design sémantique en 2014. Il définit alors le design comme un langage et développe ses premières installations autour des actes de langage. Il engage depuis une réflexion sur la géopolitique du design, nos sociétés contemporaines et l'ensemble de ses actes conditionnés par la langue, la culture, le temps et l'espace. "Les objets sont comme des mots et mes installations comme des histoires, aussi factuelles que spéculatives elles révèlent nos comportements, affectent nos certitudes et notre perception des choses" . B. L.