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Etudes rurales N° 193 : Souffrances paysannes
Hautcoeur Pierre-Cyrille
EHESS
33,00 €
Épuisé
EAN :9782713224348
Plusieurs articles de ce numéro interrogent les causes et les conditions d'expression de la souffrance en milieu agricole. Mise en scène par les médias, la belle vie des agriculteurs cache mal une certaine désespérance. Le numéro présente l'étrange myopie des analyses ayant trait à la souffrance au travail, qui peinent à intégrer l'espace rural dans leurs champs d'investigation. Pourquoi, donc, ce groupe professionnel qui semble payer un si lourd tribut en termes de suicides n'occupe-t-il pas une place plus large dans les réflexions qui, à l'heure actuelle, portent sur l'impact psychologique du travail ? Comment expliquer le passage à l'acte au-delà du seul facteur économique ? Ce varia revient sur la genèse des comportements suicidaires et privilégie des approches psychologiques et sociologiques, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives à la compréhension de ce phénomène. Il envisage également la reconnaissance du statut des femmes dans la profession agricole. Un article propose une pérégrination sur les sessions savantes itinérantes dans les municipalités rurales de Flandre maritime, dont on découvre la signification proprement politique. Un autre article s'intéresse aux conditions climatiques et agraires qui ont favorisé le développement de l'Empire songhaï du Bilad al-Sudan occidental. Un dernier article, enfin, examine les institutions monétaires des royautés sacrées des hauts plateaux du Cameroun de l'Ouest.
On ne retient souvent d'une oeuvre que quelques mots d'ouverture, un monologue, une phrase, un moment philosophique ou poétique. Ces fragments constituent une forme de mémoire du monde, que la collection " Translations " voudrait contribuer à maintenir vivante en faisant éprouver, à travers la présentation simultanée d'un texte et de ses traductions en des temps et des langues multiples, la force de rayonnement du monde écrit.
La littérature fait-elle exemple? Offre-t-elle des lignes de conduite, des programmes d'action et de pensée, ou nous laisse-t-elle éternellement perplexes devant l'instabilité des normes et la diversité des situations? La solidarité de la fiction avec l'individuel, le singulier et parfois l'insignifiant, doit-elle nous faire conclure à son impuissance à l'exemplarité? Quelle articulation reconnaître, à ce titre, entre exemplarité esthétique et exemplarité morale? Ce sont quelques-unes des questions posées par ces troisièmes Cahiers du Groupe de poétique historique et comparée, CELAM, Rennes 2, après ceux consacrés aux notions de contrat et d'engagement, publiés aux PUR sous la direction d'Emmanuel Bouju. Judith Schlanger, Alice Kaplan, Philippe Forest et vingt-six autres chercheurs - membres associés réguliers ou collaborateurs ponctuels du Groupe - abordent la question, ancienne mais toujours vive, de l'exemplarité littéraire, en trois grands mouvements centrés sur le lien entre exemplarité et exemplification, sur le modèle lui-même exemplaire de l'?uvre de Cervantès et de sa postérité, ainsi que sur l'hypothèse d'une inexemplarité de la littérature moderne. Attaché à traduire la diversité des approches actuelles de la littérature, cet ouvrage remet en question et en mouvement certaines des fausses évidences ou des certitudes préconçues touchant à la puissance ou à l'impuissance des ?uvres, à leur capacité à produire des exemples, à proposer des conduites, à servir d'étalon pour le jugement et de modèle pour la vie concrète.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".