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La Bien-Aimée
Hardy Thomas ; Brzustowski Geneviève ; Floc'h Sylv
CIRCE
20,50 €
Épuisé
EAN :9782842421953
Le ridicule probable qui résulterait pour lui des événements du jour importait peu. Mais il eût bien voulu dissiper le malentendu qui ne manquerait pas d'en être la cause. C'était malheureusement impossible. Nul ne saurait jamais la vérité: cette quête d'une vie entière, cet idéal qui ne l'avait tenté que pour mieux lui échapper, lui faisant courir un galop effréné avant de se révéler enfin, du moins le croyait-il à présent qu'il l'avait perdu, dans la jeune fille qui venait de l'abandonner. Ce n'était pas un amour charnel; Jocelyn ne s'était jamais abaissé à cela. Il n'avait déshonoré aucune femme, bien qu'il en eût aimé beaucoup, avec passion. Nul ne devinerait le sentiment d'affectueuse tendresse derrière ce qu'il avait cru être l'accomplissement d'un heureux destin ajourné pendant quarante ans. Son attirance pour la Troisième Avice serait interprétée comme le projet d'un vieillard égoïste. Sa vie ne ressemblait plus à une expérience d'artiste, mais à un cauchemar éveillé; il eût bien voulu, lui aussi, fuir ces lieux, s'endormir et briser enfin son lien de servitude à l'Idéale Beauté."
Dans le paisible village de Mellstock arrive une nouvelle institutrice, Fancy Day. Immédiatement, la jeune femme fait tourner les têtes des célibataires du comté. Dick Dewey, un jeune fermier, est le premier à lui faire des avances. Tombé fou amoureux d'elle au premier regard, il la demande en mariage dans le plus grand secret. Mais un autre homme n'est pas indifférent aux charmes de Fancy : le vicaire du village, M. Maybold, qui invite la jeune femme à se joindre à la chorale de la paroisse, comme organiste, afin de la courtiser. A son tour, Maybold décide de demander sa main et, bien que déjà fiancée, Fancy accepte de nouveau. De cette histoire ne resteront qu'un mariage et un secret, que Fancy emmenera dans sa tombe. Dans un labyrinthe de passions, Sous la verte feuillée, paru anonymement en 1872, dresse un portrait plein d'ironie et de mélancolie du monde rural cher à Thomas Hardy.
Chaque vers est enfant de l'amour" écrivait Marina Tsvétaïéva. Mais si l'exacerbation amoureuse, l'intensité de la passion, est effectivement une des caractéristiques de son oeuvre, ce qui frappe avant tout, au-delà de la liste infinie des "muses" masculines ou féminines, c'est qu'elle n'est que très peu assimilable à la poésie amoureuse, classique ou moderne. Il s'agit non pas tant de chanter, célébrer, sanctifier l'objet de sa passion, son propre sentiment, de mettre en scène l'épiphanie de l'amour ou la souffrance de la séparation, que de fonder sa poésie, donc son être même, sur un "absolu de l'amour" antérieur au monde et qui trouve sa plus parfaite expression dans le langage fondateur. La poétique de la rupture, propre à Tsvétaïéva, déterminait elle-même dans une grande mesure son comportement amoureux. Le traducteur s'est par conséquent efforcé de restituer les articulations sémantico-prosodiques de cette "étreinte de poésie" qui, lorsqu'elle aura reflué, ne pourra déboucher que sur la mort. "Puisque j'aurai pu cesser d'écrire des poèmes, je pourrai aussi un beau jour cesser d'aimer. Alors, je mourrai. Et ce sera bien sûr un suicide, car mon désir d'amour est tout entier désir de mort", avait-elle consigné dès mars 1919 avec une précision cliniquement prémonitoire. Marina Tsvétaïéva, un des plus grands poètes russes, avait choisi l'exil en 1922 puis était rentrée en Union Soviétique dix-sept ans plus tard, avant de se pendre à une vieille poutre le dernier dimanche du mois d'août 1941.
Résumé : " Aimer quelqu'un ou quelque chose signifie ou consiste dans le fait, entre autres choses, de prendre ses intérêts comme des raisons d'agir pour servir ces intérêts. L'amour est lui-même, pour celui qui aime, une source de raisons. Il crée les raisons par lesquelles ses actes d'intérêt et d'attachement amoureux sont inspirés... "
C'est à peine si nous sommes les collaborateurs de notre amour , et c'est par cela même qu'il restera au-dessus des dangers banaux. Tâchons de connaître ses lois, ses saisons, son rythme et la marche des constellations à travers son vaste ciel étoilé". (Rilke à Merline, le 28 septembre 1920). Rainer Maria Rilke dessine à travers sa poésie amoureuse une géographie universelle de l'amour, des premiers regards échangés à la douleur de l'absence. Au-delà de l'expérience intime, à côté des grands poèmes métaphysiques où s'inscrit une métaphysique de l'amour, le poète s'adresse dans les poèmes réunis dans ce volume à la Bien-Aimée : femme multiple et unique, pensée (mais non rêvée), extrêmement proche et extrêmement lointaine en même temps, dans la figure de laquelle s'opère la transmutation du discours amoureux en discours poétique.
Pour qui chercherait ici des définitions de la modernité, la lecture sera décevante. L'histoire du siècle passé, celle que pour l'instant nous vivons (mais savons-nous ce que nous vivons ? avons-nous la moindre idée de ce qui se fomente ?), ont donné d'autres significations à ce qui, par exemple, pour Rimbaud précisément, se jouait dans l'ordre de l'" inouï, du fulgurant, de l'illuminant ". D'autres idées sur ce qui peut être appelé " commencement " se sont frayé, se frayent leur chemin. Elles les discernent, ces commencements, comme plus dispersés, plus dissimulés, moins spectaculaires, et surtout, tributaires de la répétition, du ressassement, parfois de l'après-coup de mornes rabâchage. Tout dans ce numéro, sans en faire systématiquement la critique, est à côté des idées qui ont cours sur la modernité et la post-modernité. L'inattendu se révèle véritablement inattendu, sans tambours ni trompettes, la plupart du temps en marge du champ officiel de la pensée, et parfois du champ social de l'innovation. C'est, pour nous, de ce côté que sont les surprises.