Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Koumen. Texte initiatique des Pasteurs Peul
Hampâté Bâ Amadou ; Dieterlen Germaine
EHESS
10,00 €
Épuisé
EAN :9782713222313
Koumen est le récit initiatique des Pasteurs Peul. Jamais écrit, ni même enregistré, les conditions rituelles étant extrêmement strictes, il fut pour la première fois publié en 1961 par Hampate Ba et Germaine Diererlen. Aucune autre version de ce texte, épuisé depuis des années n'existe. En réimprimant ce récit, les éditions de l'EHESS et 1'IFAN permettent aux étudiants et lecteurs africains, et plus particulièrement aux Peul du Sénégal, d'avoir à nouveau accès à un texte fondamental dans l'acquisition des connaissances de leur tradition. Le texte de Koumen relate l'initiation du premier silatigi, Silé Sadio ou Soulé, diminutif de Souleyman c'est-à-dire de Salomon. il présente l'initiation comme un enseignement progressif de la structure des éléments, de l'espace, du temps dont l'essence doit pénétrer le postulant, C'est aussi une succession d'épreuves - le postulant duit pénétrer successivement dans douze clairières --, symboles de la lutte qu'il doit entreprendre sur lui-même avec l'aide de Dieu, et de Koumen, son auxiliaire-berger, pour progresser dans la connaissance.
Amkoullel l'enfant peul, maintenant âgé de vingt-deux ans, entame dans ce deuxième volume de Mémoires sa carrière de jeune fonctionnaire de l'administration coloniale en Haute-Volta (Burkina-Faso). Après un long voyage au cours duquel il commence à noter tous les récits oraux dont il deviendra le dépositaire, le jeune homme un peu naïf du début se marie, fonde une famille, et devient peu à peu, à travers mille aventures cocasses, émouvantes ou dramatiques, un homme sage capable de porter sur le monde qui l'entourait un regard à la fois perspicace, subtil et rigoureux. Mais c'est la formidable énergie de ce récit qui frappe le plus: par-delà son caractère autobiographique, c'est un vaste tableau, fascinant et vivant, de l'Afrique coloniale de cette époque qu'il nous offre. On se délecte des anecdotes rapportées avec cette verve et cet humour inimitable dont l'auteur a le secret, on savoure l'extraordinaire galerie de portraits de chefs coloniaux aux surnoms évocateurs - les commandants Porte-baobab, Diable boiteux ou Boule d'épines - croqués avec lucidité et tendresse à la fois... et l'on en apprend plus que dans bien des traités. Au fil du récit se dessine une évolution spirituelle qui trouve son accomplissement à la fin de l'ouvrage, en 1933, lorsque l'auteur, de retour au Mali, reçoit de son maître spirituel Tierno Bokar les enseignements d'amour et de tolérance qui, dit-il, vont féconder le reste de sa vie.
Résumé : Amadou Hampaté Bâ, le grand défenseur de la " tradition orale " africaine né au Mali en 1901, raconte ici l'histoire d'un homme qui fut son ami. Cet homme, voué dès sa jeunesse au dieu " Gongoloma Soké ", dieu des contraires et de la ruse, en portait lui-même les contradictions. Bravant impunément la chance, il nous entraîne dans une suite d'aventures cocasses où nous le voyons, avec pour seules armes son intelligence et sa connaissance des hommes, se hisser au sommet de la puissance et de la fortune, dépouiller les riches au bénéfice des pauvres et, suprême exploit pour l'époque, rouler les " Dieux de la Brousse " d'alors : Messieurs les Administrateurs Coloniaux ! Mais il arrive que les dieux se fâchent...
Mon rôle est avant tout, chaque fois que j'ai l'occasion de rencontrer un croyant - qu'il s'agisse de mon frère chrétien, de mon frère judaïste, de mon frère bouddhiste, ou de mon frère des religions traditionnelles- de me mettre à son écoute. Il est temps, je crois, d'oublier nos divergences pour découvrir ce que nous avons de commun et essayer de bâtir, à partir de là, ce qui pourrait être la société religieuse de demain".Amadou Hampâté Bâ (1900-1991) est né au Mali. Écrivain, historien, ethnologue, poète et conteur talentueux, il était l'une des plus hautes figures de la sagesse et de la culture africaine."
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.