Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Adieu mon tortionnaire
Hamdani Salah Al
TEMPS CERISES
13,00 €
Épuisé
EAN :9782841099085
Extrait UN MATIN AU GOÛT DE LOUKOUM Ce matin, j'ai été réveillé très tôt par des voix de jeunes qui chahutaient dans la rue. J'ai tiré les rideaux et ouvert la fenêtre. Les cris et les insultes fusaient. Un gamin courait et remontait la rue en direction de la station-service sans cesser de jeter des coups d'oeil en arrière. Ceux qui se tenaient devant chez moi et qui l'ont vu passer se sont mis à le courser en l'injuriant. En un clin d'oeil, leur haine et leur rage les ont fait disparaître au coin de ma rue. Embarrassé, j'ai simplement fermé la fenêtre. Moi, l'homme d'expérience qui ai mesuré la profondeur de la perte et connais le prix à payer dans cette vie, j'imaginais sans peine l'issue de cette poursuite. Le soir, encore troublé, j'ai regagné mon logement au quatrième étage. Alors que j'étais assis sur le bord du lit, les souvenirs m'ont rattrapé, me projetant quarante ans en arrière au coeur d'une aube pluvieuse dans le vieux quartier Al-Fadel de Bagdad. Il me semblait que je me remémorais pour la première fois mes courses effrénées. À cette époque, je courais sans but, à bout de souffle. Courir, seulement courir. La rue, interminable, et moi au milieu, poursuivi par mon père, mon oncle, et tous les jeunes du quartier. Tous me suivaient en criant : «Attrapez-le, il est là-bas, coupez-lui le chemin ! Par là, par là, prenez le trottoir !» On était vendredi et chez nous, c'est un jour de repos. Le matin semait sa douceur sur les façades des maisons. Aucun véhicule n'encombrait la rue ; les boutiques étaient fermées, les trottoirs, presque déserts. Seules quelques femmes bavardaient près des piliers sous les arcades, vêtues de leur traditionnel abayeh noir. À mon passage, comme à un champion tout près de la ligne d'arrivée, elles s'écrièrent en riant : «Cours, mon joli, cours, tu es un lion, comme ton père !» Je n'avais pas besoin de ces encouragements mais je ne savais quelle direction choisir pour semer mes poursuivants acharnés. J'avais peut-être neuf ou dix ans, je ne sais plus exactement mais je courais pieds nus vêtu d'une dejdachée rayée de bleu dont je serrais l'ourlet entre mes dents afin de ne pas trébucher. Lorsque j'ai tourné la tête, j'ai vu, à mon grand désespoir, que ceux qui me poursuivaient, les jeunes et les adultes, avaient eu la même idée. Chacun d'eux avait la dejdachée relevée. J'ai compris alors que je serais le perdant. La planète tout entière me courait après, le bas de la dejdachée entre les dents ! On fondait sur moi de partout. Quand ils m'ont rattrapé, ils ne m'ont pas frappé. J'ai seulement été immobilisé. Ils pensaient ainsi calmer mon ardeur. Mais leurs voix fortes et l'odeur de leur sueur m'effrayaient. Leurs sourires béats, leurs moustaches de mâles et leurs mots stupides ne m'inspiraient pas confiance. Ils me trimbalèrent sur leurs épaules, tel un agneau enlevé à son troupeau et m'offrirent aux hôtes en sacrifice comme le font les gens de là-bas.
Discrétion de l'averse", "Mots sans racines", "Mirage", "Saison de sel" : les poèmes de ce recueil nous rappellent que Salah Al Hamdani vient d'une région de sable et de vent. Un royaume dévasté par la dictature, les guerres et le terrorisme. Un pays à reconstruire. Avec des mots simples et un lyrisme à la puissance contenue, le poète n'évoque pas seulement l'exil qui est le sien, sa mère restée dans la guerre ou les victimes d'une déchirure qui semble ne jamais vouloir prendre fin. Il s'attache aussi à la renaissance que lui offre sa terre d'asile, se fait passeur de culture entre les rives de la Méditerranée. J'éprouve de la fierté à publier ce poète d'origine irakienne qui adopte notre langue pour célébrer l'héritage d'Albert Camus et dire sans détour : "si Bagdad m'a fait naître la France m'a fait homme".
Salah Al Hamdani, est né à Bagdad en 1951. Poète, écrivain, homme de théâtre français d'origine irakienne, il s'est exilé en 1975 en France grâce à l'influence intellectuelle d'Albert Camus. Engagé politiquement toute sa vie, il a connu la prison politique en Irak à l'âge de vingt ans comme opposant au sein de l'armée aux actions criminelles du parti Bath dirigé contre le peuple Kurde. Plus tard il militera farouchement en France et en Europe contre la dictature de Saddam Hussein et contre ses guerres. Il est très affecté dès 2015 par les attentats terroristes qui se réclament de l'Islam radical, et signe avec "L'arche de la Révolte" , un réquisitoire en poésie contre l'abomination. Il signe également un message d'espoir.
Alberti Rafael ; Couffon Claude ; Carandell Zoraid
Jardinier Vole jusqu'au jardin des mers pour y planter des arbousiers sous les glaces polaires Jardinier Pour mon amie prépare une île plantée de cerisiers stellaires avec un mur de cocotiers Jardinier Et dans ma poitrine guerrière plante pour moi quatre palmiers comme des mâts de perroquets Jardinier
Contrairement à l'habitude qui veut qu'une anthologie soit le fait d'un homme de lettres, seul, qui impose ses choix au public, ce recueil de poèmes de Paul éluard, grand poète de l'amour et de la liberté, a été établi collectivement par le poète Jacques Gaucheron et par des personnalités connues à des titres diverses: Lucien Bonnafé, Roger Bordier, Fanny Cottençon, Antoine Duhamel, Cécile Éluard, Pierre Gibert, Eugène Guillevic, Jean Hugues, Albert Jacquard, Henri Krasucki, Roland Leroy, LN, Boris Taslitzky, Michel Tourlière, Christian Viguié, Claude Vinci.
Jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour échapper à notre vie ? Anita vit dans le plus grand bidonville de Karachi. Sa mère est une maalish wali, payée pour masser les vieux os fatigués des femmes riches. Anita fait bientôt la connaissance de son voisin, un homme âgé dont les étagères regorgeant de livres promettent une échappée vers l'ailleurs... De l'autre côté de Karachi habite Monty, fils d'un père exigeant et richissime qui possède la moitié de la ville. Mais Monty, troublé par l'arrivée d'une fille rebelle dans son école, s'écarte de la voie qui lui était toute tracée. Le père de Sunny a quitté l'Inde pour l'Angleterre et donner à son fils les opportunités qu'il n'a jamais eues. Pourtant, Sunny ne s'intègre pas. Lorsque son cousin fondamentaliste le rejoint, Sunny réalise peu à peu que la vie a peut-être plus à lui offrir. Alors que leurs existences se croisent dans le désert, là où la vie et la mort s'entremêlent étroitement, tous trois seront confrontés à des choix terribles. " Vous ne pourrez qu'être émus par la profonde sagesse qui se dégage du nouveau roman de Fatima Bhutto et par sa capacité à saisir notre époque tourmentée. " Elif Shafak, autrice de La Bâtarde d'Istanbul
Présentation de l'éditeur Un roman polyphonique dans lequel un dramaturge décide d'écrire une pièce qui met en scène les personnages de sa troupe. L'un d'eux, interprété par la vedette du groupe, y est accusé du meurtre, par dépit amoureux, de la femme du dramaturge. En résulte un conflit entre les deux hommes, raconté par plusieurs protagonistes, chacun décrivant les faits à sa manière.
En 1913, la jeune couturière Marta Haddad quitte Beyrouth pour rejoindre son mari Khalil, parti travailler aux États-Unis peu de temps après leur mariage. La traversée est une épreuve, tout comme le séjour en quarantaine à Ellis Island, mais Marta a confiance en l'avenir et en cette terre d?accueil. Le choc est pourtant immense quand elle découvre que son mari vit avec une Américaine en Louisiane et qu'il ne l?attend déjà plus? Marta se ressaisit, devient d?abord vendeuse itinérante avant d?ouvrir un magasin à Philadelphie. Khalil perd la vie au milieu des troupes américaines pendant la Première Guerre mondiale, elle peut donc se remarier et épouse Ali Jaber, lui aussi d?origine syrienne. Mais la crise de 1929 frappe de plein fouet, et pour échapper à la misère Marta n?a d?autre choix que de s?installer sur des terres agricoles achetées avant la crise en Californie, avec Ali et leurs quatre enfants. Un nouveau départ - un de plus, dans la vie de Marta, héroïne attachante de cette vaste fresque de l?immigration que constitue Amerika.
Résumé : Tout commence par la mort d'une jeune femme, Salma, condamnée par ses proches à périr lentement, cruellement, dans le secret d'une cave obscure, accusée d'avoir souillé "l'honneur de la famille". L'événement a lieu dans un petit village à la terre basaltique et aride, dans le Sud de la Syrie, où la vie de tous les jours est réglée par de rigides traditions ancestrales. Une orpheline en manque d'amour et d'affection a été mariée encore adolescente à un homme fruste qui est aussitôt parti chercher fortune en Amérique latine, la livrant aux exactions d'une belle-mère dépravée et jalouse. Salma est alors séduite par un maître d'école, sincèrement amoureux, qui l'incite à fuir avec lui, mais elle finit par tomber dans les griffes de ses oncles, dévorés par le désir d'ascension sociale et qui mènent une vie dissolue sous des dehors rassurants.