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Que veulent les gays ? Essai sur le sexe, le risque et la subjectivité
Halperin David ; Dupas Matthieu ; Bishop William
AMSTERDAM
12,00 €
Épuisé
EAN :9782354800833
Les gays sont-ils " malades " ? Pour lutter contre la pathologisation de l'homosexualité, le mouvement de libération gaie nous avait appris à répondre à cette question par un " Non ! " sonore. À la catégorie de subjectivité gaie, il fallait alors substituer celle, collective et politique, d'identité gaie. Mais, avec notamment l'épidémie de VIH/sida, les temps ont changé. Alors que celle-ci n'a toujours pas été jugulée, les comportements à risques d'un certain nombre de gays - en particulier, la pratique du bareback - ont donné lieu à un retour en force des approches médicales de l'homosexualité et réactivé bon nombre de clichés sur la supposée déficience psychique des gays. Dans ces circonstances, David Halperin montre qu'il est urgent de reposer la question épineuse de " ce que veulent les gays ". L'enjeu est de penser la subjectivité gaie en dehors des catégories normalisatrices de la psychologie et de la psychanalyse, en la situant dans son contexte social. Halperin se fait ainsi le champion de traditions queer injustement négligées en dépit de leur inventivité. À travers la lecture d'auteurs comme Marcel Jouhandeau ou Jean Genet, il montre comment le stigmate de l'abjection peut être retourné, et permettre à ceux qui en sont les victimes de résister à l'oppression politique. Il ouvre ainsi la voie pour penser la subjectivité gaie selon un modèle alternatif, non psychologique, qui a toute sa pertinence dans une perspective de lutte contre le sida.
L'homosexualité masculine n'est pas qu'une orientation sexuelle, c'est aussi une culture. Telle est la thèse de David Halperin, pionnier des études LGBT, qui suggère, dans ce livre tiré d'un cours dispensé à l'université du Michigan et qui a suscité la controverse, qu'"être gay" , c'est aussi une manière d'être spécifique à laquelle il faut être initié. Esthétisme, snobisme, sens du mélodrame et de l'ironie, goût pour le glamour, caricature des femmes, obsession pour les mères... Plutôt que de répudier les clichés, David Halperin les réinvestit en instruments théoriques, mettant en exergue l'idée que le génie de la culture gay réside non seulement dans certaines de ses caractéristiques les plus méprisées, mais aussi dans une façon de détourner les valeurs de la majorité pour mieux les subvertir. Une façon donc d'opposer à l'abjection sociale qui a longtemps entouré l'homosexualité une manière d'être heureux. Un "art d'être gai".
Dominique Aury (1907-1998), de son vrai nom Anne Desclos, est traductrice, éditrice et critique littéraire. Secrétaire générale de La NRF de 1953 à sa mort, auprès de Paulhan, d'Arland et de Lambrichs, elle est aussi, sous le pseudonyme de Pauline Réage, l'auteur d'Histoire d'O, roman érotique dont Paulhan soulignera la «décence impitoyable», où l'on retrouve son goût du roman noir anglais et de la poésie mystique (Anthologie de la poésie religieuse française).
La révolution de 1810 et les guerres qui s'ensuivirent provoquèrent, de Buenos Aires au Haut Pérou comme dans le reste de l'Amérique ibérique, une commotion qui modifia profondément l'équilibre socio-économique de l'empire colonial espagnol, y compris dans ce coin perdu du monde atlantique qu'était jusque-là le Rio de La Plata. La militarisation de la vie sociale, la ruralisation et la relative démocratisation des rapports de pouvoir seront les conséquences directes de ces temps nouveaux. Suivant les vicissitudes d'une élite politique engendrée, détruite et reconstituée par les conflits, Tulio Halperin Donghi fait une peinture tout en nuances de l'impact de ces bouleversements sur une société, une économie, un territoire. Il rend compte de la difficile construction étatique qui conduira à la naissance de l'Argentine et de l'Uruguay et à leur insertion dans le marché économique mondial. Ce livre devenu un classique de l'historiographie latino-américaine contemporaine est enfin disponible en français.
La collection "Séquences" propose une approche pédagogique et renouvelée des grandes matières juridiques. Le présent ouvrage réinvente au travers de 10 séquences les grands thèmes abordés dans l'enseignement de l'introduction au droit. Liant histoire et sources du droit, hiérarchie des normes et droit européen, ces 10 séquences permettent d'aborder différemment la matière juridique en revenant sur les grandes notions qui la constituent mais également en proposant des situations qui montrent leur mise en application. Chaque ouvrage de la collection "Séquences" est composé d'une dizaine de thèmes comprenant une partie "présentation" et une partie "situations" . La première partie livre les éléments généraux de connaissance nécessaires à la compréhension du thème. La seconde partie étudie les questions importantes qui sont autant de démonstrations par l'exemple de la vitalité des constructions juridiques. Conçue comme un outil pédagogique innovant, "Séquences" permet de multiples combinaisons : les thèmes peuvent être étudiés en totalité ou pour partie, dans un ordre plutôt qu'un autre. Ils peuvent être empruntés à un ouvrage ou plusieurs. Ces différentes combinaisons permettent de toucher un public varié aussi bien dans l'année concernée par la matière que dans des séminaires de niveau master ou des préparations aux concours.
Le procès de Nuremberg (1945-1946) est devenu un symbole, celui d'un grand événement de justice internationale qui a permis d'affirmer que l'idéologie nazie ne devait pas rester impunie et relevait d'une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité. Cet ouvrage, qui place la focale sur la France, vient combler un important vide historiographique. La contribution française rappelle en effet que la justice internationale résulte d'un long travail de tractations politico-juridiques entre les Alliés, commencé dès 1941, et dans lequel les Français de Londres ont joué un rôle central. A Nuremberg, la délégation française dissone avec la logique américaine du procès. Elle s'inscrit dans une tradition humaniste remontant aux Lumières, critique certains choix juridiques et fait venir des résistants à la barre, quand les Anglo-Saxons ne jurent -ou presque- que par les documents écrits. Ainsi, Marie-Claude Vaillant-Couturier impressionne en évoquant les camps de concentration et la destruction des Juifs. Le procès de Nuremberg a été en partie emporté par la guerre froide et la décolonisation. Mais la contribution française reste une invitation à réfléchir sur la nécessité d'engagements clairs de la part de protagonistes décidés, si l'on veut faire advenir une justice internationale fondatrice d'humanité.
Dans Le Pouvoir des mots, Judith Butler analyse les récents débats, souvent passionnés, sur la pornographie, la violence verbale dirigée contre les minorités et l'interdiction faite aux homosexuels membres de l'armée américaine de se déclarer tels. Il s'agit pour elle de montrer le danger qu'il y a à confier à l'État le soin de définir le champ du dicible et de l'indicible. Dans un dialogue critique avec J. L. Austin, le fondateur de la théorie du discours performatif, mais aussi avec Sigmund Freud, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou encore Catharine MacKinnon, elle s'efforce d'établir l'ambivalence du hate speech, de la violence verbale et des discours de haine homophobes, sexistes ou racistes: s'ils peuvent briser les personnes auxquelles ils sont adressés, ils peuvent aussi être retournés et ouvrir l'espace nécessaire d'une lutte politique et d'une subversion des identités. Elle esquisse ainsi une défense pragmatique du principe de la liberté d'expression, qui ne s'en tient pas aux arguments employés classiquement par les doctrines libérales, mais est surtout préoccupée par le souci de maximiser la puissance d'agir des dominés et des subalternes. Les lecteurs français trouveront dans ce livre des instruments inédits pour repenser à nouveaux frais les questions soulevées par les débats sur la pénalisation des discours de haine.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.