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L'opinion, ça se travaille... Les médias et les "guerres justes" : du Kosovo à l'Afghanistan. 4e édi
Halimi Serge ; Vidal Dominique
AGONE
9,20 €
Épuisé
EAN :9782748900088
Le travail des grands médias avait été "extraordinaire" pendant la guerre du Golfe, "exemplaire" pendant celle du Kosovo. Au moment des opérations américaines en Afghanistan, il fut "remarquable". En tout cas, c'est ainsi que le jugea le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, Et, une fois encore, l'autosatisfaction immédiate se vit crédibilisée par une autocritique rétrospective suivant le mode du " C'est parce que nous sommes irréprochables aujourd'hui que nous pouvons confesser avoir été mauvais hier ". Comme toujours, la presse fut très contente de la presse, la télévision se jugea admirable, la radio manqua de souffle pour clamer ses louanges. Et, dès lors qu'après le 11 septembre les journaux avaient pulvérisé leurs chiffres de vente et les télévisions leurs records d'audience, tous s'estimèrent plébiscités par le public, c'est-à-dire par le marché. Ils avaient idéologiquement contribué au resserrement de l'emprise américaine sur l'humanité tout entière. Mais cela n'était plus leur affaire. C'était devenu une vieille habitude. La prochaine guerre la confirmera.
Depuis son indépendance, le pays du Cèdre ne cesse de subir les épreuves les plus dures. Guerre civile (1975-1990), occupations et ingérences étrangères, divisions communautaires, crise bancaire et explosion du port de Beyrouth en août 2020. C'est sur cette histoire tourmentée mais faite d'espérances que se penche la dernière livraison de Manière de voir.
NOUVELLE ÉDITION ACTUALISÉE. Pourquoi le monde occidental, à partir des années 1980, est passé avec armes et bagages au néolibéralisme: une véritable enquête menée par Serge Halimi, qui débute aux Etats-Unis et se ramifie en Grande-Bretagne et en France. Étude qui touche le milieu politique et économique et leurs deux principaux relais, les intellectuels et les médias.
De l'Amérique de Reagan à la France de Mitterrand, en passant par la Nouvelle-Zélande, les transformations économiques amorcées à partir des années 1980 n'ont été le produit ni du hasard ni de la nécessité. Si les "décideurs" et les médias du monde occidental ont presque toujours interprété de manière identique les situations de "crise", c'est que tout un travail idéologique était intervenu au préalable, c'est que les solutions alternatives au marché avaient été détruites afin qu'il n'y ait "plus d'alternative". D'autres lectures des événements auraient suggéré d'autres remèdes, mobilisé d'autres forces sociales, débouché sur d'autres choix. Inspirées par les théoriciens de l'université de Chicago, les doctrines économiques libérales vont encourager les classes dirigeantes à durcir leurs politiques, à passer d'un système économique mixte acceptant une certaine redistribution des revenus à un nouveau capitalisme orienté par les seuls verdicts de la finance. Les artisans de cette métamorphose en tireront un avantage considérable ; pour la plupart des autres, au contraire, ce sera le grand bond en arrière.
Il n'y avait pourtant pas que le politique dans notre vie. "Le personnel est politique", comme les camarades féministes nous l'avaient fait comprendre, bon an mal an. En fait, alors que nous plongions la tête la première dans la dernière tentative de révolution communiste en Europe, c'est dans la sphère des relations interpersonnelles que nous étions en train de faire une révolution... Mais nous n'en avions pas vraiment conscience, pris comme nous l'étions dans des schémas anciens. Nous avions alors 20 ans, quelques-uns plus, d'autres moins. Et nous avions un désir débordant de mordre la vie, de plonger de tout notre corps dans une aventure enivrante, de profiter au maximum de tout ce que la vie pouvait nous offrir, ici, tout de suite, sans attendre ni le paradis céleste, ni le grand soir. "Qu'est-ce que vous voulez ?", nous demandait-on. On répondait : "Nous voulons tout !"
Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?
Avec les centaines de livres publiés par les combattants pour raconter les tranchées, la Grande Guerre marque l'entrée dans "l'ère du témoignage". Et Témoins est le monument fondateur de la littérature de témoignage. Cette oeuvre majeure de la littérature critique du XXe siècle a fait scandale au moment de sa première publication en 1929, et elle provoque encore aujourd'hui des débats très vifs. Sa manière de mettre au premier plan la simple vérité du témoignage heurte de plein fouet les visions enchantées de la guerre colportées par la littérature. En dressant le témoin face au littérateur de métier, en sommant les historiens de lui faire une juste part, le livre de Norton Cru dérange depuis presque cent ans les règles établies dans le monde intellectuel.
Fields Barbara J. ; Fields Karen E. ; Crépin Xavie
Les deux brillantes chercheures que sont Barbara et Karen Fields traitent ici de ce qu'elles appellent le «racecraft» et de son importance dans la société états-unienne. Lorsqu'une personne noire est tuée par un policier, les états-uniens s'accordent spontanément pour dire qu'il a été tué «à cause de sa couleur de peau». «Etrange causalité», constantent les deux auteures, qui s’attellent ici à l'âpre tâche de démêler les fils de ce raisonnement confus aux airs d'évidence. Cette causalité illusoire, c'est celle du «racecraft». Ce mot forgé à partir de «race» et de «witchcraft» (sorcellerie) désigne ici la croyance en une forme de performativité de la «race», semblable à la croyance en l'efficacité réelle de la «sorcellerie». Invoquant l’histoire et l’anthropologie, les sœurs Fields analysent avec sérieux l’idée sociale de « race », de sa genèse à sa reproduction, en passant par ses effets. Robin