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La marche pour l'égalité et contre le racisme
Hajjat Abdellali
AMSTERDAM
14,00 €
Épuisé
EAN :9782354801335
Trente ans après, que reste-il de la Marche pour l égalité et contre le racisme de l automne 1983? Initiée par des jeunes du quartier des Minguettes à Vénissieux et des militants antiracistes de la Cimade à la suite des rébellions urbaines de la banlieue lyonnaise, cette mobilisation sans précédent est un événement à la fois mythique et méconnu. Mythique parce qu il symbolise l apparition dans l espace public des enfants d immigrés post-coloniaux. La Marche représente une sorte de « Mai 68 » des jeunes immigrés qui prennent la parole et formulent des revendications contre les crimes racistes, pour l égalité devant la justice et la police, le droit au travail, le droit au logement, l accès à la culture, etc. Paradoxalement, la Marche est aussi méconnue. Ce livre a pour objectif d éclairer certaines zones d ombre grâce à un travail scientifique fondé sur une démarche empirique. L analyse de cet événement est une porte d entrée idéale pour éclairer les relations sociales entre groupe national majoritaire et groupes minoritaires, au travers d enjeux cruciaux pour la société tout entière: légitimité de la présence des immigrés sur le territoire, reconnaissance des déviances policières violentes, recrudescence des crimes racistes, passage de la rébellion violente à l action collective non-violente, politisation des jeunes de cité, question post-coloniale, construction du « problème musulman », etc. L histoire de la Marche constitue un puissant révélateur de ces enjeux politiques toujours d actualité.
En un seul thème, la maison, avec ses portes, ses murs, ses ombres et ses objets familiers, et en utilisant un vocabulaire délibérément répétitif, Bassam Hajjar a construit l?une des ?uvres poétiques les plus profondes et les plus exigeantes de la littérature arabe contemporaine. Poète de la solitude et du silence, il n?a cessé d?explorer son petit monde, son refuge, son exil désiré, et d?opposer la présence des choses à l?absence des êtres aimés, en attendant sa propre disparition qu?il savait proche. Ce maître de la langue arabe, féru de lexicographie, a tenu toute sa vie à tordre le cou à l?éloquence des Anciens mais aussi au verbalisme de bien des Modernes. Il se dépouillait devant la page blanche de son immense culture littéraire et philosophique pour aller à l?essentiel avec cinquante mots transparents qu?il excellait, dans chacun de ses poèmes, à doter de nouvelles résonances et d?une densité insoupçonnée.
Contrairement à la légende colportée dans les grands médias, le terme "islamophobie" n'a pas été inventé par les mollahs iraniens: il est apparu en France au début du XXe siècle, en pleine période coloniale, à une époque où s'exprimaient déjà de violents discours antimusulmans... Alors que l'hostilité à l'encontre des musulmans se traduit presque quotidiennement par des discours stigmatisants, des pratiques discriminatoires ou des agressions physiques, Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed font ici oeuvre salutaire: ils expliquent comment l'islam a peu à peu été construit comme un "problème" et comment l'islamophobie est devenue l'arme favorite d'un racisme qui ne dit pas son nom. Ce livre présente ainsi au grand public, pour la première fois, un bilan critique des recherches menées, en France et à l'étranger, sur ce phénomène. Faisant le point sur les débats autour du concept d'islamophobie, il offre une description rigoureuse des discours et actes islamophobes, en les inscrivant dans l'histoire longue du racisme colonial et dans leur articulation avec l'antisémitisme. En insistant sur l'importance des stratégies des acteurs, les auteurs décortiquent le processus d'altérisation des "musulmans" qui, expliquant la réalité sociale par le facteur religieux, se diffuse dans les médias et ailleurs. Ils analysent enfin la réception du discours islamophobe par les musulmans et les formes de contestation de l'islamophobie par l'action collective et la mobilisation du droit antidiscrimination.
Résumé : La revue Sociologie est une revue généraliste qui a pour objectif principal de publier des articles scientifiques originaux. Comme son intitulé l'indique, il s'agit d'une revue de sociologie (et non de sciences sociales), mais ouverte sur ses frontières avec les autres disciplines qui viendraient discuter ses concepts et ses objets. Sociologie ne se revendique d'aucune école théorique ou méthodologique. Elle privilégiera une approche pluraliste de la discipline sous la seule condition du respect des règles d'administration de la preuve. Son intitulé, volontairement au singulier, témoigne de cet attachement à l'unité de la discipline. Ce numéro proposera des articles variés répartis en plusieurs rubriques : Enquêtes : articles originaux de recherche reposant sur l'analyse de matériaux empiriques. Théories et méthodes : articles originaux de recherche portant sur des enjeux théoriques et méthodologiques, y compris dans une perspective historique. Bilan critique : état des lieux national ou international sur un objet d'étude. Débats : regards croisés sur une question sociologique, ou intéressant la communauté sociologique.
La nationalité française et les voies de son acquisition constituent en France un enjeu politique majeur depuis une vingtaine d'années. Cet ouvrage cherche à saisir ce que signifie être français "par acquisition">, à partir de l'expérience qu'en ont ceux qui se soumettent à la naturalisation. Il s'agit ici d'articuler des trajectoires d'étrangers devenus français, ou en passe de le devenir, aux cadres historiques de la constitution de l'Etat et de son action, dont le droit est un outil essentiel. A quelles logiques et à quels projets la naturalisation répond-elle ? Que faire du passé, des héritages familiaux, culturels et sociaux ? Comment peut-on être français lorsqu'on ne l'est pas de naissance ? Est-on alors un Français comme les autres ? La naturalisation se mérite : le contrôle de son octroi souligne une interrogation sur le mode d'être français. Ce soupçon inaugural ne fait qu'anticiper la future condition : parce qu'il n'est pas possible de dissimuler tous les signes de l'étranger que l'on fut (la "gueule", le nom ou l'accent), l'interrogation récurrente sur "l'origine" signale un Français extraordinaire. Cette interrogation sur l'origine révèle les effets de distinction que la naturalisation opère entre Français : ceux qui ne sont que français, qu'on dit aussi "de souche" et qui n'auront jamais à justifier leur nationalité, et ceux qui le sont par acquisition, d'une nature irréductiblement singulière. Effet de distinction qui conduit à repenser les frontières de la nation à la lumière de ses impensés et à entrevoir un groupe paradoxal de "nationaux étrangers".
La réédition de L'état, Le Pouvoir, Le Socialisme, "classique" de la théorie politique dont la première édition remonte à 1978, s'inscrit dans les débats concernant les crises simultanées de l'Union européenne, du néolibéralisme et du capitalisme en général. Lire cet ouvrage aujourd'hui permet de comprendre que ces crises plongent leurs racines dans la structure des sociétés occidentales de l'après-guerre. Plus la crise économique s'approfondit, et plus le système devient autoritaire au plan politique. C'est ce que Poulantzas appelle l'"étatisme autoritaire", que l'on constate à présent au niveau européen, où des décisions affectant des millions de personnes sont prises hors de tout contrôle populaire. La seule alternative possible à ce système est le "socialisme démocratique", à savoir un socialisme qui dépasse le capitalisme sans pour autant sacrifier les libertés publiques. Avec Michel Foucault, Gilles Deleuze, et Louis Althusser, auteurs dont il discute les thèses dans cet ouvrage, Nicos Poulantzas compte parmi les penseurs des années 1960-1970 dont le rayonnement international est aujourd'hui le plus important. Alors que l'édition de théories critiques françaises et étrangères a connu une grande vitalité depuis les années 2000, il était plus que temps de faire redécouvrir cet auteur majeur.
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C'est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d'auteurs dont la réflexion n'épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l'oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l'urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.