L'objectif de cette étude est de répondre à deux questions pourquoi la transmission de la mémoire de l'immigration postcoloniale a tant de mal à s'effectuer ? Quels sont les obstacles à cette transmission ? La perspective théorique choisie est en rupture avec une sociologie de l'immigration dont le concept central reste la notion d'intégration. Cette étude analyse les différents rapports au passé qu'entretiennent les héritiers et héritières de l'immigration postcoloniale, dans le cadre d'un rapport de domination hérité des structures sociales et des représentations construites pendant l'apogée de l'empire colonial français : l'injonction à l'intégration. La mémoire, comme l'histoire, est une somme de rapports de force qui travaillent la société française actuelle. A travers des entretiens réalisés auprès de lycéens des Minguettes à Vénissieux (Rhône), une plongée dans l'intimité des relations familiales permet de saisir les effets de l'injonction à l'intégration : l'ambivalence des héritages de l'immigration, et les ruptures familiales et spatiales. Ce sont ces conséquences qui permettent de comprendre la difficile transmission de la mémoire de l'immigration postcoloniale. " Ce petit livre nous interpelle, vous interpelle. "Français, encore un effort avant d'être républicains" (...). Cet effort, en ce début du XXIe siècle, consiste à abattre les bastilles économiques, sociales, idéologiques et culturelles qui empêchent encore les Français issus de la colonisation de devenir pleinement nos égaux. Le temps presse ". Dominique Vidal
En un seul thème, la maison, avec ses portes, ses murs, ses ombres et ses objets familiers, et en utilisant un vocabulaire délibérément répétitif, Bassam Hajjar a construit l?une des ?uvres poétiques les plus profondes et les plus exigeantes de la littérature arabe contemporaine. Poète de la solitude et du silence, il n?a cessé d?explorer son petit monde, son refuge, son exil désiré, et d?opposer la présence des choses à l?absence des êtres aimés, en attendant sa propre disparition qu?il savait proche. Ce maître de la langue arabe, féru de lexicographie, a tenu toute sa vie à tordre le cou à l?éloquence des Anciens mais aussi au verbalisme de bien des Modernes. Il se dépouillait devant la page blanche de son immense culture littéraire et philosophique pour aller à l?essentiel avec cinquante mots transparents qu?il excellait, dans chacun de ses poèmes, à doter de nouvelles résonances et d?une densité insoupçonnée.
Le droit des successions demeure l'une des dernières disciplines juridiques dans le monde arabe prenant appui sur le droit musulman. L'apprentissage de cette discipline passe généralement par l'étude de l'épître d'Abu Abdillah, Muhammad bin Ali al-Rahabi (497-577H/1104- 1182) et ce, dans les différentes écoles juridiques du droit musulman sunnite. Le texte arabe d'al-Rahabi est le fruit d'une édition critique basée sur une étude paléographique et codicologique des plus anciens manuscrits de l'épître. L'analyse de cette oeuvre est assurée à l'aune des différentes écoles juridiques du droit musulman sunnite et des codifications civiles de plusieurs pays arabes. Cet ouvrage présente un commentaire bilingue et adapté de l'oeuvre d'al-Rahabi la rendant accessible aux lecteurs non-initiés. L'auteur a pris le soin de compléter le travail d'al-Rahabi en ajoutant des annexes portant sur les cas juridiques de successions non-admis dans l'école safiite. L'ouvrage se donne comme mission de constituer un outil didactique à destination des chercheurs en droit des pays arabes, en droit comparé ou encore dans le domaine de l'islamologie.
La nationalité française et les voies de son acquisition constituent en France un enjeu politique majeur depuis une vingtaine d'années. Cet ouvrage cherche à saisir ce que signifie être français "par acquisition">, à partir de l'expérience qu'en ont ceux qui se soumettent à la naturalisation. Il s'agit ici d'articuler des trajectoires d'étrangers devenus français, ou en passe de le devenir, aux cadres historiques de la constitution de l'Etat et de son action, dont le droit est un outil essentiel. A quelles logiques et à quels projets la naturalisation répond-elle ? Que faire du passé, des héritages familiaux, culturels et sociaux ? Comment peut-on être français lorsqu'on ne l'est pas de naissance ? Est-on alors un Français comme les autres ? La naturalisation se mérite : le contrôle de son octroi souligne une interrogation sur le mode d'être français. Ce soupçon inaugural ne fait qu'anticiper la future condition : parce qu'il n'est pas possible de dissimuler tous les signes de l'étranger que l'on fut (la "gueule", le nom ou l'accent), l'interrogation récurrente sur "l'origine" signale un Français extraordinaire. Cette interrogation sur l'origine révèle les effets de distinction que la naturalisation opère entre Français : ceux qui ne sont que français, qu'on dit aussi "de souche" et qui n'auront jamais à justifier leur nationalité, et ceux qui le sont par acquisition, d'une nature irréductiblement singulière. Effet de distinction qui conduit à repenser les frontières de la nation à la lumière de ses impensés et à entrevoir un groupe paradoxal de "nationaux étrangers".
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.