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Jeanne et les posthumains ou Le sexe de l'ange
Hadjadj Fabrice
CORLEVOUR
19,05 €
Épuisé
EAN :9782372090100
L'an 87 de la DéMo (ou Démocratie Mondiale). Les démo-citoyens se sentent enfin parvenus à la société, sinon la meilleure, en tout cas la moins pire. Grâce à la Playbox IV, au Compost Universel, au Laveur de Mémoire Bêta+... nous sommes parvenus à un monde pacifié. Partout l'on chante la "Dignité et la Liberté de la Personne", et c'est pourquoi les enfants ne sont plus générés selon l'obscur truchement des sexes ni élevés au sein d'étroites familles incompétentes, mais conçus sans défaut, dans des utérus artificiels, avec la collaboration de firmes qui leur assurent libéralement la subsistance, des études, une situation et surtout un grand nombre de divertissements. Cette "Grande Paix", toutefois - qui aurait pu le prévoir ? - est soudain troublée par une jeune fille : Joan 304, caissière chez Ark-Market. Un ange lui parle, la pousse, la guide en une étrange mission. Il lui demande de se préserver de la contraception universelle puis de coucher - sans réticence - avec Valentin 608, garçon qui travaille avec elle à l'hypermarché. Et la voici enceinte. Enceinte de manière sauvage, incontrôlée, déformante, comme on ne l'est plus depuis près d'un siècle. Ce livre raconte l'histoire de son procès... Bienvenue au paradis des posthumains.
Comment donner le goût du paradis? La question peut paraître fantasque, au mieux, poétique. Elle est en fait fondamentale, et recouvre une réalité très concrète. Car le paradis n?est en rien l?ajournement de la joie ou d?un devenir meilleur. Il n?est pas le rêve d?une vision béatifique chargée de camoufler ou d?oublier une réalité sans espérance. Il n?est pas un arrière-monde. Le goût du paradis, c?est la pression de la joie, ici et maintenant. L?annonce du paradis transfigure le monde présent. Avec la violence d?un déchirement, d?une irruption: on tue le Christ parce qu?il annonce le Royaume. C?est sans doute parce que le paradis est insuffisamment prêché que le christianisme a tendance à se réduire à un moralisme. Mais réfléchir au paradis, c?est aussi récuser l?idée d?un paradis terrestre, c?est empêcher l?utopie et sa pente totalitaire: la société parfaite est produit de l?enfer, elle résulte de la volonté de temporaliser l?espérance. Devenir meilleur, trouver la joie, se fait sous la pression du paradis; pas en tentant, tel l?ange qui veut atteindre la béatitude par ses propres forces, de réaliser le paradis sur terre. Et refuser le paradis, est-ce possible?...
Comment devient-on la mère d'un enfant à tête de veau? C'est ce que nous raconte le mythe si moderne de Pasiphaé, reine de Crète et maman de Phèdre comme du Minotaure. Frappée de folle passion pour un taureau blanc, elle demande à Dédale de lui fabriquer une machine de vache où s'étendre et s'accoupler avec la bête. Si bien que son époux, le volage Minos, va se retrouver cocu sous d'incroyables cornes. Une pièce très actuelle, donc, sur les noces du Désir et de la Technique, avec leur petite fabrique de monstres, mais aussi sur ce trou béant au milieu de la femme, où la vie se donne dans son drame toujours nouveau. Biographie de l'auteur Fabrice Hadjadj est essayiste (dernier essai paru: La profondeur des sexes, Seuil, 2007) et dramaturge (dernière pièce jouée: Massacre des innocents, Les provinciales, 2006). Il collabore régulièrement au Figaro-Littéraire et à Art press.
Résumé : Que dit saint Joseph aux hommes d'aujourd'hui ? En quoi sa paternité et sa vie sont-elles des exemples pour notre époque ? A travers 12 chapitres à la fois profonds et légers, Fabrice Hadjadj pose un regard neuf et plein de finesse sur la masculinité contemporaine. Explorant les écritures et la tradition, il donne à la vie de saint Joseph une prise directe sur notre vie quotidienne. FABRICE HADJADJ, essayiste et dramaturge, dirige Philanthropos (Institut européen d'études anthropologiques à Fribourg, Suisse). Il est lauréat du Prix Siloë - Pèlerin 2017 avec Résurrection, Mode d'emploi paru chez Magnificat. Grand Prix catholique de littérature (2006) et du Prix du Cercle Montherlant ? Académie des beaux-arts (2009).
L'athéisme qui nie l'existence de Dieu n'est pas le pire refus de Dieu possible. Certains croyants ont trouvé Dieu et pourtant ne Le servent pas; on pourrait même avancer qu'ils Le servent d'autant moins. Ils se perdent précisément dans la mesure où ils L'ont trouvé. Ceux-là ne sont pas athées; ils reconnaissent tous les articles de la foi chrétienne et, néanmoins, ils refusent Dieu de la manière la plus radicale, en connaissance de cause. Ils surpassent l'athéisme et nous révèlent un lieu d'autant plus ténébreux qu'il se sert de la lumière pour épaissir ses ténèbres. Tel est le lieu du démoniaque, qui ne concerne pas seulement le danger des démons: un chrétien ne saurait l'ignorer, car il désigne aussi une possibilité tragiquement sienne, celle d'une perdition qui s'ouvre au coeur même de la chrétienté. Le démoniaque n'est pas tant de vouloir le mal que de vouloir faire le bien par ses seules forces, sans obéir à un Autre, dans un don qui prétend ne rien recevoir, dans une espèce de générosité qui coïncide avec le plus subtil orgueil.
Plazenet Laurence ; Rastoin Marc ; Kéchichian Patr
Quand je parlerais toutes les langues des hommes, et le langage des anges mêmes, si je n'ai point la charité, je ne suis que comme un airain sonnant, ou une cymbale retentissante. Et quand j'aurais le don de prophétie, que je pénétrerais tous les mystères, et que j'aurais une parfaite science de toutes choses ; quand j'aurais encore toute la foi possible, jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai point la charité, je ne suis rien. Et quand j'aurais distribué tout mon bien pour nourrir les pauvres, et que j'aurais livré mon corps pour être brûlé, si je n'ai point la charité, tout cela ne me sert de rien. La charité est patiente ; elle est douce et bienfaisante ; la charité n'est point envieuse ; elle n'est point téméraire et précipitée ; elle ne s'enfle point d'orgueil ; elle n'est point dédaigneuse, elle ne cherche point ses propres intérêts, elle ne se pique et ne s'aigrit de rien, elle n'a point de mauvais soupçons ; elle ne se réjouit point de l'injustice ; mais elle se réjouit de la vérité ; elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout. La charité ne finira jamais.
Ce recueil de poèmes retrace les étapes d'une réconciliation. A l'origine se trouve l'expérience anéantissante du vide et de l'obscur, guidée par la lecture de Jean de la Croix et de maître Eckhart, de Bataille et de Cioran. Les premiers textes sont les traces laissées par un naufrage mystique, les témoins d'une expérience intérieure ravageuse. C'est à partir des tessons verbaux laissés par celle-ci que s'engage alors la reconquête des mots et du monde. Alors peut se clore "l'âge obscur". La quête de réconciliation prend ensuite la forme d'une eulogie retraçant le cheminement de marcheurs découvrant la beauté cabossée du monde. Travail de mémoire et déploiement du verbe avec, au bout du sentier, la reconquête des mots, "en plein vent". Si l'expérience du vide n'est pas une solution, la recherche d'une langue permet de résister aux ombres et de déshumilier la parole.
Mon idée directrice est simple : plus un poète est grand, plus sa vie propre ? quel qu'en soit le contenu ? s'impose à lui comme foyer d'une énigme universelle. En s'efforçant d'exprimer cette énigme, il l'approfondit, et son existence concrète avec elle de façon littéralement déchirante. Sujet privilégié de contradiction, le poète est ainsi le témoin d'une souffrance irréductible qu'il cultive jusque dans la maladie et la faute, comme l'instrument d'une connaissance cachée."
L'ambition de cet essai ? Dresser les enjeux d'une oeuvre majeure, ses lignes de force, ses points de fuite, sa perspective. Les auteurs grecs et romains, les poètes du Moyen-Age et de la Renaissance, mais aussi les écrits fondateurs de Shakespeare, de Baudelaire et de Rimbaud, tous ont été sollicités par Yves Bonnefoy dans sa quête inlassable de la "vérité de parole". Stéphane Barsacq propose de suivre cette "Odyssée de la conscience poétique, dont l'objet est la saisie de l'esprit par lui-même", et qu'Yves Bonnefoy a interrogée jusqu'à son dernier souffle dans un désir ardent de trouver le vrai lieu où se tenir vivant.