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Dialogues sur la pensée, l’esprit, le corps et la conscience
Hacker Peter Michael Stephan ; Le Du Michel ; Gaul
AGONE
21,00 €
Épuisé
EAN :9782748904567
Richard : La chose est claire ! Avoir un esprit est comparable au fait d'avoir des aptitudes — non à celui d'avoir une maison ou une voiture. Faire quelque chose avec son esprit n'a rien à voir avec faire quelque chose avec un marteau, mais plutôt avec le fait de réaliser quelque chose grâce à ses talents. Alan : Tout à fait. Nous ne pensons ni ne raisonnons avec rien — si ce n'est avec un crayon à la main. Jill : Nous faisons pourtant bien usage de notre esprit lorsque nom pensons. Richard : Oui, mais pas comme nous utilisons nos jambes pour marcher. Jill : Nous disons pourtant bel et bien : "Faites usage de votre esprit." Richard : Ce qui n'a rien à voir avec le fait de dire "Utilisez votre main gauche" mais plutôt avec "Réfléchissez ! " Alan : Exactement. L'esprit n'est pas un organe éthéré, pas plus qu'il n'est un organe matériel. Ces dialogues, où l'on croise Socrate, Aristote, Descartes et Locke, s'adressent à ceux qui se demandent quelle est la relation entre le corps et l'esprit, si celui-ci est identique au cerveau, ce qu'est la conscience ou si l'on peut penser sans langage. Progressant avec la plus grande rigueur argumentative, ces conversations n'en sont pas moins un divertissement intellectuel.
Nous poursuivons dans ce numéro 31 la présentation, commencée dans le numéro 30, des écrivains contemporains de New York les plus représentatifs. Poètes et prosateurs de la grande métropole de la côte Est des Etats-Unis, dont les voix sont souvent dissidentes dans ce pays immense à qui l'on donne aussi le nom du continent : l'Amérique. Un pays dont les prises de position nous étonnent souvent et nous révoltent parfois. Marilyn Hacker est une Américaine de New York qui vit à Paris dans le quartier du Marais. Membre du comité de rédaction de Siècle 21 depuis 2004, elle est l'auteur d'une oeuvre poétique importante et reconnue, aussi bien aux Etats-Unis qu'en France, où elle est traduite. Ce dossier Hors Cadre se compose de textes d'elle ou sur elle, dont certains inédits et la plupart en traduction inédite. Une poète et une oeuvre qui s'ajoutent naturellement au dossier précédent, consacré aux écrivains contemporains de New York. Enfin, le dossier thématique, dont tous les textes sont inédits, est consacré aux couleurs : couleurs de la terre, couleur du temps, couleurs des humeurs, couleurs des états d'âme et de société. Multiples couleurs dont la fusion donne la lumière blanche.
New York, la grande métropole de la côte Est des Etats-Unis, est aussi, comme on le sait, une grande ville de culture. L'esprit qui y règne a été profondément influencé par la littérature d'Europe, qu'elle a influencée à son tour. Le premier dossier de ce numéro 30 présente quelques grandes signatures actuelles, représentatives du roman, de la poésie et du théâtre, à découvrir ou à redécouvrir de ce côté de l'Atlantique. Gabrielle Althen est une poète française reconnue, auteure d'une oeuvre importante. Le dossier Hors Cadre la présente au travers d'extraits de ses nombreux recueils, de poèmes inédits, auxquels nous avons ajouté des textes de critiques et un entretien avec Jean-Baptiste Para, directeur de la revue Europe, qui a pendant longtemps donné à entendre des poètes contemporains sur France Culture. Enfin, le troisième dossier réunit des textes qui sont autant de variations autour du thème de La perte : proses et poèmes, de langue française ou traduits de nombreuses langues du monde. L'humour et la nostalgie accompagnent la lecture. Les dessins du comédien et metteur en scène François Joxe illustrent ce numéro, qui vous propose aussi les chroniques habituelles de Jean-Marie Chevrier, Leïla Sebbar, Jérôme Vérain, Marie-Claudette Kirpalani, Christiane Baroche et Roberto Ferrucci.
Le 11 septembre 2001, à Berlin, Isabelle et Jakob se retrouvent lors d'une soirée chez une amie commune. Très vite, ils se marient et s'installent à Londres où Jakob rejoint un cabinet d'avocats. Isabelle continue à travailler comme graphiste. Ils partent à la découverte de la ville au cours des semaines qui précèdent la guerre d'Irak. Une faille apparaît néanmoins dans leur relation, faite de nostalgie et de non-dits. Si, à première vue, la vie sourit à ces trentenaires ambitieux qui semblent tout maîtriser, peut-être ont-ils négligé de chercher à se connaître eux-mêmes... Comment souhaitons-nous vivre? Quelles sont nos valeurs? Dans une langue intense et brillante, Katharina Hacker confronte ses héros aux problèmes de notre époque. Elle rend compte de l'inéluctable imbrication entre événements historiques et destins individuels, à l'image des grands romans européens engagés et conscients de l'Histoire.
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.
Fields Barbara J. ; Fields Karen E. ; Crépin Xavie
Les deux brillantes chercheures que sont Barbara et Karen Fields traitent ici de ce qu'elles appellent le «racecraft» et de son importance dans la société états-unienne. Lorsqu'une personne noire est tuée par un policier, les états-uniens s'accordent spontanément pour dire qu'il a été tué «à cause de sa couleur de peau». «Etrange causalité», constantent les deux auteures, qui s’attellent ici à l'âpre tâche de démêler les fils de ce raisonnement confus aux airs d'évidence. Cette causalité illusoire, c'est celle du «racecraft». Ce mot forgé à partir de «race» et de «witchcraft» (sorcellerie) désigne ici la croyance en une forme de performativité de la «race», semblable à la croyance en l'efficacité réelle de la «sorcellerie». Invoquant l’histoire et l’anthropologie, les sœurs Fields analysent avec sérieux l’idée sociale de « race », de sa genèse à sa reproduction, en passant par ses effets. Robin
« En août 1988, à la suite d'un concours de circonstances, je me suis inscrit dans un club de boxe d'un quartier du ghetto noir de Chicago. Je n'avais jamais pratiqué ce sport, ni même envisagé de le faire. Hormis les images stéréotypées que chacun peut s'en former à travers les médias, le cinéma ou la littérature, je n'avais eu aucun contact avec le monde pugilistique. Je me trouvais donc dans la situation du parfait novice. Trois ans durant, j'ai participé aux entraînements aux côtés des boxeurs du cru, amateurs et professionnels, à raison de trois à six séances par semaine. À ma propre surprise, je me suis pris au jeu, au point de passer mes après-midi au gym avant de passer entre les cordes disputer un combat officiel. Les notes consignées au jour le jour dans mon carnet de terrain (initialement pour m'aider à surmonter un profond sentiment de maladresse et de gêne physique, sans nul doute redoublé par le fait d'être le seul Blanc de la salle), ainsi que les observations, photos et enregistrements réalisés lors des tournois et "réunions" où se produisaient des membres de mon club ont fourni la matière des textes qu'on va lire. »
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.