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Mon oncle le jaguar et autres histoires
Guimarães Rosa João ; Dosse Mathieu
CHANDEIGNE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782367321226
(Texte provisoire)Un chasseur indien reçoit la visite inopinée d'un voyageur et l'invite à boire de la cachaça. Sous l'influence de l'alcool, il relate ses faits de chasse et sa passion presque viscérale pour les onces. Au fil d'un monologue de plus en plus sauvage et haletant, l'homme se transforme sous les yeux étonnés du lecteur en une bête primitive - un jaguar. Unissant onomatopées et interjections, cris humains et hurlements humains, dialecte tupi et archaismes, la nouvelle de João Guimarães Rosa dévoile, dans µla nouvelle Mon oncle le jaguar, avec prouesse les instants surnaturels d'un homme qui se fait animal, d'un texte qui se fait voix, d'une incroyable métamorphose.Qu'il s'agisse des errements d'un diplomate exilé dans une ville des Andes, des dernières heures pleines d'humour d'un grand-père excentrique ou d'un face-à-face mortel entre l'homme et le serpent, João Guimarães Rosa se fait alchimiste du verbe et pulvérise les codes de la narration traditionnelle en nous faisant voyager dans un Brésil fantasmagorique où se mêlent chercheurs de diamants, immenses troupeaux de boufs et apparitions fantastiques.Ecrivain immense du xxe siècle, auteur du fabuleux Diadorim (Grande Sertão : veredas) qui a bouleversé l'histoire de la littérature moderne, João Guimarães Rosa explore les langues et les mythes pour façonner dans ce recueil neuf nouvelles hybrides qui éblouissent par la richesse du langage et la subtilité de l'intrigue. Son travail de transmutation de la langue, de création d'un style et d'un langage inédits au xxe siècle, apparentant João Guimarães Rosa à un autre orfèvre du mot : James Joyce, est porté à son paroxysme dans ces histoires - les dernières de ce grand maître - encore inédites en France (à part Mon oncle le jaguar qui avait fait l'objet d'une publication individuelle, dans une autre traduction). La syntaxe si originale de Guimarães Rosa est préservée dans une traduction fidèle au rythme brésilien et qui donne à découvrir l'un des auteurs les plus jubilatoires de la littérature lusophone.Alors, ne soyez pas timide, réveillez le félin qui est en vous...Traduction et postface de Mathieu Dosse
Guimarães Rosa João ; Besson Olivier ; Riaudel Mic
Il était une fois un petit âne gris, plein de ressources et de surprises. Sept-de-Carreau ne paie pas de mine, il est vieux, fatigué ; il ne voudrait qu'un peu de fourrage et pouvoir somnoler en paix. Or à son corps défendant, le voilà embarqué dans un convoi de boeufs et de bouviers au dénouement catastrophique. Ce voyage est aussi comme une vie, la mise à l'épreuve des sagesses de chacun. Et Sept-de-Carreau sait y faire, en matière d'habiletés : il se sortira d'une crue qui emporte le reste de la troupe, ou presque. Mais en dernière instance, le maître des mystères, c'est encore et toujours João Guimarães Rosa, qui nous emporte dans une langue poétique, savoureuse, nourrie des expressions et réalités de son sertão du Minas Gerais. Et qui construit un récit à plusieurs étages, drôle, envoûtant, philosophique. Ici servi par les gravures sur bois aux couleurs du sertão et les pointes sèches d'Olivier Besson, fin lecteur du maître brésilien.
A Senaller, un village dont on ne peut que partir, la pluie ne tombe plus, elle demeure en suspens. Le fleuve est à sec, la sécheresse menace. Le village est-il la proie d'un châtiment divin ou des rejets de l'usine installée à proximité ? Devant l'impuissance des commandeurs des nuages et des villageois, la mère du narrateur décide de se rendre à l'usine... Devenu le complice malgré lui d'un terrible secret, l'enfant n'a pas d'autre choix que de protéger sa mère de la fureur paternelle. La présence aimante du grand-père est l'unique refuge de l'enfant. Afin que la pluie tombe à nouveau, la famille devra dérouler les fils de son histoire et revivre la légende des Ntoweni. Dans ce récit hanté par le conte, Mia Couto déploie toute sa puissance poétique et créatrice pour toucher au plus près la destinée des êtres dans un Mozambique encore à naître.
L'histoire contemporaine du Portugal reste encore trop méconnue en France, alors que des flux croissants de touristes français découvrent le pays, parfois pour s'y installer l'heure de la retraite venue. Mais clichés et préjugés continuent d'avoir la vie dure, du " bon émigré portugais " à la trilogie des trois F ? Fado, Fátima et Football. Sans compter le prisme réducteur des agences de notation, si prégnant ces dernières années. Pourtant, le Portugal a le plus souvent reflété, voire précédé, l'histoire européenne, du renversement de la monarchie et de l'implantation précoce de la République en octobre 1910, à la longue dictature salazariste et aux tourments coloniaux, ponctués par le rétablissement de la démocratie avec la singulière Révolution des oeillets, le 25 avril 1974, avant de vivre pleinement à l'heure européenne, non sans tourment. Yves Léonard propose ici une synthèse ? la première de ce type en France ?, nourrie des apports récents de la recherche et des débats historiographiques, mettant en lumière la complexité et la richesse d'une histoire du Portugal contemporain loin des idées reçues.
La glorieuse bataille des Trois Rois (El-Ksar el-kébir, 1578). Souvenirs d'une grande tuerie chez les chrétiens, les juifs & les musulmans. Au point de départ, un événement: une guerre qui présente l'économie d'une tragédie classique. Elle se joue en quelques heures, en une seule bataille sur le sol africain, qui s'achève par une victoire éclatante du Maroc sur le Portugal. Trois rois trouvent la mort au cours de l'affrontement. Guerre meurtrière, une des plus sanglantes du XVIè siècle, elle marque un tournant décisif dans l'histoire du face-à-face entre islam et chrétienté. On sut partout qu'elle resterait gravée dans les mémoires. Quels souvenirs garde-t-on d'une grande guerre? Qu'en retient-on quand on est vainqueur, comment oublier que l'on a essuyé une défaite? Qui transmet les souvenirs quand disparaissent les derniers témoins? Et pourquoi? Et pour qui? Des premiers échos de la bataille en 1578 aux derniers films qu'elle a inspirés au Maroc comme au Portugal, ce livre suit le fil du souvenir chez les descendants des vainqueurs et des vaincus, s'interroge sur les usages sociaux de la mémoire, et finalement sur les rapports qu'elle entretient avec l'histoire. - Lucette Valensi
Dans Vies arides, aujourd'hui réédité dans une nouvelle traduction, Graciliano Ramos dépeint la situation sociale d'un Brésil nordestin où "convergent la dureté des rapports sociaux, la rudesse de ses habitants et la déshérence d'une région oubliée du reste du pays", mais c'est bien sûr la destinée de tous les hommes qui luttent pour survivre. Treize chapitres conçus comme des nouvelles, écrits dans un style réaliste et dépouillé, nous donnent tour à tour le point de vue, quasi objectif, de chacun des personnages. Dans le sertao semi-désertique, poussés par la sécheresse et la famine, le vacher Fabiano, sa femme sinha Vitória, leurs deux enfants et la chienne Baleine s'installent dans une ferme abandonnée. Ils se mettent au service d'un maître qui les exploite et survivent dans le dénuement extrême. Dans ce monde seulement régi par les rapports de force et l'hostilité de la nature, la parole est rare et maladroite, la communication presque impossible. Finalement une nouvelle sécheresse ravage leur troupeau, les jetant dans une nouvelle errance. Seul espoir ténu : une vie meilleure au Sud, dans une grande ville. Par son style épuré et sa structure cyclique, l'ouvrage, publié en 1938, a bouleversé les canons de la littérature brésilienne. Prix de la Fondation William Faulkner en 1962, il est indubitablement l'une des oeuvres majeures de la littérature du XXe siècle.