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Carnets. 1944-1974
Guilloux Louis
GALLIMARD
21,20 €
Épuisé
EAN :9782070267163
Le premier tome des Carnets de Louis Guilloux concernait les années 1921 à 1944. Nous voici maintenant au lendemain de la Libération. Guilloux séjourne plus souvent à Paris, voyage à travers l'Europe, se fait de nouveaux amis, notamment Albert Camus. Témoignage passionnant à la fois par les choses vues et par la qualité de celui qui les voit, sa chaleur, sa promptitude aussi à reconnaître la détresse humaine. Le premier tome des Carnets ressemblait beaucoup à un instrument de travail : des notes, des matériaux qui serviraient un jour au romancier. Le second est plus proche du journal intime. Guilloux s'explique dans ses Carnets mêmes sur les raisons qui lui faisaient souhaiter qu'ils soient publiés un jour : "J'ai eu, pendant des années, l'habitude et pour ainsi dire la manie de la note quotidienne ; c'est là ce qu'on appelle tenir son "journal". Il me reste des carnets, des papiers nombreux et fort en désordre que je me promets d'examiner un jour, bien que, pour le moment, cette seule pensée m'inspire la répugnance la plus vive. Brûler vaudrait mieux. Cependant, depuis quelques jours, je pense que je ne le ferai pas. Loin de là : je mettrai ces papiers en ordre, sans y rien changer. Que s'ils doivent tomber sous d'autres yeux que les miens, je veux y paraître tel que je fus, et que je suis. Point de ruse."
Pour une journée qui s'annonçait vide, elle commençait de bien bonne heure. . ". Durant cette journée du 11 septembre 1939, sur une passerelle de la gare de Saint-Brieuc, le narrateur, comme s'il attendait quelque train toujours retardé, se rappelle une rencontre : Salido, combattant antifranquiste, qu'il a connu du temps où il était chargé d'accueillir des réfugiés de la guerre d'Espagne. Ainsi ses souvenirs vont-ils s'organiser autour de Salido, ce rebelle, animé de l'esprit de révolte qui hante aussi le narrateur. Le récit conjugue présent et souvenir, destin et retour sur soi, comme le suggère l'image de cette passerelle au-dessus des rails. O. K. , Joe ! , issu d'un travail au ciseau et à la colle s'apparentant au montage cinématographique, nous propose une suite de scènes : viols, meurtres, procès, ayant pour cadre la Bretagne de 1944, tout récemment libérée. Louis Guilloux était alors interprète auprès des tribunaux militaires de l'armée américaine. En "gros plan", toujours, des vies dont il se fait le chroniqueur discret, le témoin : " Ask the witness. . ".
Juste avant 1914, dans une petite ville bretonne, près de la cathédrale, vit l'infâme rue du Tonneau, avec ses taudis, ses maisons de prostitution, ses cafés douteux. Une écurie sert de logis aux Nédelec, la mère, les deux enfants et le grand-père, tailleur qui fait vivre tout le monde et travaille jusqu'à ce que mort s'ensuive. Puis arrive la cousine Zabella, personnage haut en couleur. La poésie, l'amour, la noblesse du coeur illumine ce récit, le plus beau peut-être qu'aient jamais inspiré l'enfance et la misère. "Je doute qu'aucun amour vaille celui des pauvres", écrit Louis Guilloux dans Le pain des rêves.Notes Biographiques : Romancier né et mort à Saint-Brieuc (1899-1980). Élève boursier, puis travaille au journal L'Intransigeant de 1921 à 1924. Jean Grenier, Guéhenno, Malraux, Gide et Camus furent de ses amis. S'est voué dès 1935 à l'aide humanitaire aux réfugiés espagnols et aux personnes déplacées, tout en poursuivant son oeuvre.
Et alors, le type ? Il a foutu le camp, me répondit Hubert, en riant d'un petit rire pointu. Il ajouta : Que voulais-tu qu'il fasse ? " J'étais assis devant ma table chargée de mon habituel fatras de papiers mais ce jour-là, en plus du fatras : un échiquier et un journal ouvert... C'était il y a quatre ans, le matin du 25 février 1943, soit trente et un ans jour pour jour après certains événements dont j'aurais voulu quelque part faire le récit. Mais - Hubert était venu me voir de très bonne heure : le cher Hubert, le poète et l'amoureux, l'ami des songes, le prophète Hubert, toujours aussi jeune et beau, aussi grand adolescent que jamais, bien qu'il ait hélas ! dépassé la trentaine. Il ne dit plus rien. Debout, une main posée sur ma table, il me regardait en souriant. "Tu dis que... l'autre avait une carriole ? lui demandai-je. Pas une carriole : une vieille auto, qui faisait un boucan terrible à travers la lande. Il se modernise ! " Et, de nouveau, le petit rire pointu. "Evidemment. Drôle d'histoire ! Pas très neuve... Tu dis que dans la carriole, enfin l'auto, il y avait un chien ? Un grand chien noir. Attaché ? Oui. Mais arrivé dans la cour il a détaché le chien, qui a sauté par la fenêtre. Et qu'est-ce qu'il faisait pendant que le chien... Rien. Il restait dans la cour, debout, avec son grand manteau, son grand chapeau de velours à larges bords. Même pas l'air de s'occuper".
Résumé : Le Sang noir est l'histoire d'une journée de 1917, dans une ville provinciale de l'arrière. C'est à travers le calvaire du professeur de philosophie Merlin, dit Cripure (à cause de la critique de la raison pure), le tableau d'une société de pharisiens, de grotesques, de haïssables, en face de gentils, de révoltés, de victimes. Cripure, lui, s'il a été un révolté, ne l'est plus guère. Il est la caricature d'un homme extrêmement pitoyable. Moqué par ses élèves, vivant avec une gothon, sachant qu'une révolution se lève à l'Est, trop tard pour lui, haï par tous les patriotes de l'arrière, il veut se battre en duel, dans un dernier sursaut. Et, comme on le prive de ce duel et de son honneur, il ne lui reste plus que le suicide. Cripure qui, la nuit, dans son sommeil, entend une voix de femme lui demander : " Pourquoi as-tu envie de pleurer ? " , est une de ces figures les plus présentes qu'un romancier ait jamais crées. Il a beau sortir du roman, grotesquement vautré dans une troïka lamentable, agonisant, lentement escorté à travers la ville, jusqu'à l'hôpital, par deux agents cyclistes, il ne sera jamais oublié. Bien que retentissant des problèmes de 1917, Le Sang noir est un roman métaphysique, plus que politique. Cette dimension métaphysique et le foisonnement des personnages : Cripure, Maïa, Nabucet, Moka, Lucien... font du Sang noir le roman le plus dostoïevskien de la littérature française.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.